Plus on est de fous, plus on lit!

Peut-être parce que je n’aime pas suivre pour suivre, j’ai toujours détesté les jeux en chaînes quels qu’ils soient.
Fais-ci ou ça et passe le message à ton voisin. En général quand c’est moi le voisin il faut se dire que le message est arrivé à son terminus.Chaîne brisée et basta!

Mais pour une fois, je vais me prêter au jeu avec plaisir. La raison? : quand une Reine vous désigne, il ne faut jamais lui tenir tête. Me voici donc en train de suivre la règle du jeu d’Ayyaah qui pense que tout comme elle je mérite Le prix de l’addict lecture.

Allez go!!!

Quel auteur aimerais-tu faire revenir à la vie ?
Impossible de ne citer qu’un auteur. J’en ressusciterai donc quatre:
1. Romain Gary,pour chercher à comprendre comment on en arrive à laisser la vie derrière soi.
2. Rimbaud, pour qu’on tente en vers et contre tous de réveiller le dormeur du Val.
3. Ferdinand Oyono, pour rire jaune des vies de boy au temps des colonies et des médailles sans éclats des anciens combattus.
4. Ahmadou Kourouma, pour qu’on écrive ensemble le soleil de nos nouvelles dépendances.

Une couverture de livre que tu ne te lasseras jamais de regarder ?
Sans aucune hésitation: Cent ans de solitude de Gabriel Garcia Màrquez. Ed. Points
Il y a quelques jours je regardais un film français « Libre et assoupi. » En une fraction de seconde un bouquin que tenait Sébastien, le personnage principal, m’est passé sous les yeux. Mon cerveau a fait: « Le perroquet de cent ans de solitude!!!!!! ». Bien évidemment j’ai guetté les scènes suivantes jusqu’à ce que le livre passe en premier plan et là j’ai pas pu m’empêcher de crier « YES! Je savais! »
Elle est belle cette couverture…
Cent ans de solitude, Gabriel Garcia Màrquez

Quelle héroïne (préciser le livre) aimerais-tu incarner et pourquoi ?
Plutôt un héros: Sisyphe. Entre désespoir et joie, avec pierre qui roule et qui retombe. La vie est-elle si absurde au fond?…
Le mythe de Sisyphe, Albert Camus
De quel livre ne pourras-tu jamais te séparer, même pour un prêt ?

Assinie et le Royaume de Krindjabo, histoires et coutumes par Henry Mouezy des missions africaines de Lyon.
Mon grand-père maternel m’avais donné les éditions de 1942 (dans un état critique) et 1953. Un précieux héritage, comme tous les livres qu’il m’a confiés avant de partir…
Assinie et et le Royaume de Krindjabo, Henry Mouezy


Le genre de romans que tu ne liras jamais ?

Les romans à l’eau de rose trop sucrée, type Harlequin ou Adoras.Les relations sentimentales sont un peu trop compliquées dans la vraie vie pour que je gobe ces histoires. Mais je ne jette pas la pierre aux personnes qui en rafolent. A chacun ses gouts…

Voilà qui est fait!

Je passe le témoin aux blogueurs suivants :
Emile Bela, Chronique des temps nouveaux
Nelson Simo, Regards de Sikanel (Sommeil de Sikanel serait plus adapté vu la date de la dernière publication. Lol)
Alain Serge Agnessan (alias « Amour papier longueur »), Hasarts

On ne refera pas le monde…

Grand-Bassam 13 mars 2016.
L’éléphant a été touché.
Ma douleur est terrible.
Depuis, je passe des nuits blanches, tachées du sang de ceux qui sont partis, à m’interroger sans trouver de réponses.
Les innocents payeront toujours le plus lourd tribut aux jeux des intérêts politiquement incorrects.
C’est comme ça.
On ne refera pas le monde…

Paix aux âmes des disparus et courage aux blessés encore dans un état critique.

Grand Bassam

Le chant du cygne d’Yrouflê

En 2013, je constatais avec désolation que le théâtre de mon enfance avait perdu de sa superbe depuis de longues décennies.(cf IL FAUT RESSUSCITER LE THÉÂTRE IVOIRIEN)

Il y a quelques jours, j’ai entendu parler d’Entr’Actes, une programmation théatrâle, fruit d’une collaboration entre le CRESAS, la plateforme culturelle Abatta, la Fabrique Culturelle et le Goethe institut de Côte d’ivoire, qui a pour objectif de faire revivre cet art tombé en désuétude dans notre cher pays.

Yroflê Ticket050316

C’est avec l’excitation d’une gamine que j’ai débarqué au Goethe Institut le vendredi 04 mars 2016.
La raison de ma présence: Le chant du cygne d’Anton Tchekhov joué par la Compagnie Yrouflê dans le cadre d’Entr’Actes.

Pour des raisons techniques, le spectacle a démarré avec 1 heure de retard.
Pas de quoi couper l’ardeur des nombreuses personnes venues soutenir la troupe.

Résumé: Après une représentation, le vieux Vassili s’assoupit dans sa loge après avoir copieusement arrosé son jubilé. A son réveil, un vent glacial balaie sa loge puis une seule silhouette surgit de la nuit, celle de son souffleur Nikita qui y dormait car n’ayant nulle part où aller. Il se confesse à elle et fait le bilan de sa vie de bouffon teinté par le cabotinage.

Mon avis :
La première partie du spectacle m’a profondément touchée et totalement retournée!
Sans mot aucun, rien qu’avec des gestes et une bouteille de vin comme compagne, Vassili Vassilievitch, l’ex gloire de 68 ans, nous a embarqués dans sa loge pour mieux nous faire ressentir sa déchéance au fils du temps.
En un instant, mon âme perdit sa lumière, le froid m’envahit et l’éclairage de la scène aidant, je me retrouvai dans la cave de ce Chaplin sans burlesque.
J’ai été moins enthousiasmée par la suite parlée de la représentation.
Peut-être parce que j’avais en face de moi des personnages dont je sentais qu’ils pouvaient aller plus loin que le contexte d’origine. Je m’attendais à une réadaptation de l’histoire, une grande audace qui aurait fait sourire Tchekhov de là où il se trouve.
Certes le vieillard NIkita s’était mué en une belle jeune dame pour l’occasion, mais ce n’était pas assez.

Vassili Sassilievitch et Nikita Ivanovitch

Vassili Vassilievitch et Nikita Ivanovitch

Malgré mon point de vue mitigé, j’ai été époustouflée par la performance de De Certain KOUASSI et enchantée par la participation de Pauline DESCHRYVER. Les deux nous ont servi un ballet yin et yang équilibrant ainsi le tableau qui s’offrait à nous.

Ma petite suggestion:
Tchekhov ayant écrit cette pièce en une heure et cinq minutes, ce serait intéressant de la jouer en 65 minutes chrono au lieu des 50 actuelles. Certains petits détails valent leur pesant de cacahuètes…

Équipe « Le chant du cygne » d’Irouflê:
Mise en scène et scénographie: Moïse-Mary Koffi
Acteurs: De Certain Kouassi et Pauline Deschryver
Maquillage: Touti Création
Musique: Zéphirin Nomel et Francis Agama (Absents ce vendredi)
Décorateur: Renato Guehi
Son: Nunshack (Talentueux producteur) et J.C.

Merci à tous pour ce moment de pur plaisir.
J’ai hâte de vous revoir…
Vive le théâtre!

Moïse-Mary KOFFI, De Certain KOUASSI, Pauline ESCHRYVER

Moïse-Mary KOFFI, De Certain KOUASSI, Pauline ESCHRYVER

Contacts Yrouflê SARL: 59 67 19 74 / 59 79 89 58

Cher TOI…

Cher TOI,

Voilà que tu me réduis à cela: t’écrire.
Des mois que j’y pense…
Mais à chaque tentative, la blancheur de la page de notre histoire m’a fait me raviser.
A force de te chercher, de croire te trouver, de jubiler puis d’en ressortir peinée, frustrée, j’ai fini par abandonner, tout lâcher de ce qu’il pouvait nous rester d’avenir.
Normal! A quoi bon penser au futur lorsque malgré ma longue quête, tu n’as jamais réussi à te faire présent?

Voilà à quoi je suis réduite
: à faire partie d’une masse critique que les sondages s’amusent à disséquer par couplets d’idées saugrenues.Célibataire presque quarantenaire! La vraie galère: soit t’es forte, soit tu crèves de solitude! J’ai choisi de ne pas mourir…
A cet instant précis, j’aimerais bien t’avoir TOI face à moi pour te vomir, par grands jets, les séquelles de ton invisibilité sempiternelle!
Que t’est-il arrivé?
Où te caches-tu?
Devrais-je encore t’espérer ou serait-il préférable de noyer à jamais toute pensée de TOI?

Voilà à quoi tu me donnes droit
: à des remarques acerbes, quand ce n’est pas de la pitié, mais aussi à des kilos en trop!
De quoi parlent-ils ces pseudos experts de la vie des autres, lorsqu’ils me disent que j’en suis arrivée là sûrement parce que j’ai trop trié?
De quel tri s’agit-il? Celui qui permet de séparer le bon grain de l’ivraie?
Dans ce cas, qu’on me damne de jamais n’avoir su trier. De là vient peut-être mon malheur! Un cœur trop grand ouvert, trop aveugle pour démasquer le moindre imposteur.

Que veulent-ils insinuer, ces mêmes gens, lorsqu’ils me demandent maladroitement si je ne suis pas trop difficile?
C’est clair qu’il existe une difficulté que TOI seul pourrait me faire braver: ton absence.
Viens donc à moi et réduisons-là à néant, TOI qui manque à ma vie, TOI qui redonneras l’éclat à mon âme assombrie par l’épreuve.

Voilà cependant ce que je ressens profondément: Tu n’es plus bien loin. Je te sens aussi fortement que j’ai été extirpée de ta côte. TOI et MOI comme les dernières pièces manquantes du puzzle.
Allez viens pour qu’ensemble nous remontions le temps!
Temps de remettre nos horloges biologiques à l’heure de donner vie à notre progéniture…

Avec TOI nous inventerons tous les possibles!
Alors je me calme et je t’attends patiemment.

Pour un coup…

Que tu sois fou des déhanchés de Gazou
Que tu préfères les tapés-laissés des pinhous
Que tu te sentes à l’aise auprès de ta petite Ahou
A moins de jongler avec toutes et n’importe où…

N’oublie pas que pour un coup
N’oublie pas que pour un coup

Que tu sois à l’affût du premier koutrou gaou
Que tu préfères les mougous-pan des voyous
Que tu te sentes à l’aise dans les bras de ton chouchou
A moins de jongler partout avec ton kpêtou

N’oublie pas que pour un coup
N’oublie pas que pour un coup

Le VIH peut te prendre pour son joujou

PENSEZ AU DÉPISTAGE…

Ruban Rouge contre le VIH Sida

 

 

 

 

 

 

 

 

Pour dormir moins bête :

Gazou: jeune go d’Abidjan doubleuse de gars devant l’éternel (Personnage de BD créée par le magazine humoristique GBICH
Pinhou : Prostituée
Ahou : Prénom féminin baoulé (Côte d’Ivoire)
Koutrou: Homme riche
Gaou : Prière aller écouter le 1er tube du groupe Magic System
Tapé-laissé  /Mougou-pan : relatifs aux relations sexuelles sans lendemain
Kpêtou : appareil génital féminin

Pensé et puis sciencé, ça fait 2

Vendredi 27 novembre 2015, 20h. Popodipo à la Fabrique Culturelle pour écouter ce que L’étudiant et Kapegik, deux membres du Collectif « Au nom du slam«  ont a gbahé.

Nous ne sommes pas nombreux, mais cela importe peu. Là où deux ou trois sont réunis pour jongler avec les mots, les gars du ghetto sont dispo pour faire leur réalité-show.

20h30. Décor planté. Thème du jour : « Pensé et puis sciencé, ça fait 2 ».

NB: si vous êtes bleus en nouchi, attrapez vos keurs deh. Je ne ferai pas de traduction, mais avec un peu d’attention vous finirez par décrypter.

PenserSciencer

Les mecs ne sont pas passés par quatre chemins pour dépeindre les réalités du Ghetto. Leurs sacs étaient gbé de mots. Haut-parleur dans la gorge, ils n’ont pas hésité à sonner l’alarme sur ce qui ne va pas dans notre société.

Ils nous ont fait comprendre la différence entre cherchement et grouillement, nous ont expliqué comment John Pololo est devenu collègue de Victor Hugo. Pololo philosophe du djassa, parce que la rue fait plus sciencer que les discours de Socrate.

Dans le Ghetto, c’est pas la vie de choco. Les uns petit-déjeunent aux gboflotos pendant que les autres savourent leurs croissants chauds. Tout est dur dans le Ghetto. La misère est au kohi. Le taux de chômage est élevé. L’horizon semble s’obscurcir de jours en jours. Les gars piqués n’ont pas luck avec les gos. Tout le monde sait qu’à Babi quand tu n’as pas lahen tu rivalises en transparence avec les vitres! Ghettoman yako!

On dit que l’avenir appartient à ceux qui se lèvent tôt,
Donc nous là on veille mais la galère impose son veto!
On voulait réussir, avoir l’argent comme les Popito,
Mais au Ghetto on est plus bailly que Spinto!!
Dans le Ghetto, le championnat est trop serré donc tout le monde joue en défense. A défaut de marquer, faut pas encaisser…

Mais n’y a pas que la misère dans le Ghetto. Il y a la communauté renforcée, il y a la solidarité imposée, et malgré la foi en constante épreuve, il y a l’espoir…

Molo molo, on cotise nos moros moros
Inch’Allah un jour tchoco tchoco
On n’va plus s’habiller chez toclo toclo
C’est vrai on est venu au monde codjo codjo
Mais on doit retourner choco choco
C’est pourquoi on pleure pas, on boro boro
Tous les jours pour avoir nos togos togos

Spectacle "Pensé et puis sciencé ça fait 2", 271115 Fabrique Culturelle

Pour tout vous dire, J’AI ADORÉ CE SPECTACLE! Si je devais donner une note, ce serait un 19/20 sans hésitation. J’ai aimé l’intelligence avec laquelle les gars ont manié les mots, la justesse de leurs propos, le fait d’assumer les faiblesses du Ghetto tout en incitant au courage pour s’en sortir. En définitive « pensé et sciencé ça fait vraiment 2 ». On pense en paix, mais on science avec tous les problèmes de la terre dans la tête dans la quête de solutions, de ce bonheur qui trop souvent joue des tours. Mais il faut rester déterminé, ne pas se greffer à la fatalité, pousser les bons pions dans ce grand jeu d’échecs. A force de bara, un beau matin à la porte frappera la baraka!

Albert c’est chaud ya pas tchokoya

A lheur là c’est propoli c’est plus chocoya
A lheur là c’est aclissigui c’est plus kôrôya
A lheur là c’est minds bori c’est plus grokêya

 

Merci à toutes les personnes qui ont contribué à ma joie ce jour là:

  • L’étudiant, excellent poète du Ghetto,
  • Kapegik, avec son nouci-slam qui glisse comme l’eau sur la peau,
  • Noucyboss qui a bien tenu la cabine,
  • Le rossignol en dreadlocks,
  • L’inégalable Philo qui m’a pliée de rire avec l’histoire de son Tonton Totor,
  • La déesse Amina Mèliane Bamba éveileuse de conscience,
  • Chantal Djédjé, aimable proprio de la Fabrique Culturelle,
  • Le serveur toujours poli…

Pour poursuivre la science slamique sous un autre registre, je vous invite à assister à l’hommage qui sera rendu par le Collectif « Au nom du Slam » à l’écrivain Bernard Dadié, le 4 décembre 2015 à 19h au Goethe Institut. Entrée Libre!

Hommage Bernard Dadié Collectif au nom du slam

Africains, qui sommes-nous face aux drames du monde?

Vendredi 13 novembre 2015, la France ressent à petites doses les douleurs du nine-one-one vécu par les frères d’Amérique 14 ans plus tôt…

Depuis Al Quaida, le terrorisme en a fait du chemin. Exit Ben Laden, Akwaba Boko Haram, Viva Daech et leurs nouvelles têtes « mal pensantes ». Le monde n’est pas sorti de l’auberge. L’enfer a rejoint la terre.

De tous les coins du globe, la nouvelle ère se veut terroriste. Des tours réduites à ground zero, des feux d’artifices humains en plein vols planés, des jeunes filles victimes de rapts au nom de l’extrémisme, des étudiants sacrifiés au bûcher de l’inhumanité, des kamikazés en tous genres prêts au suicide en l’honneur de causes aux noblesses douteuses. L’horreur partout, la terreur en nous.

En janvier 2015, le drame de Charlie Hebdo, avait fait conjuguer à la planète entière, le verbe « être » en sa première personne du présent de l’indicatif. Il n’est plus besoin de penser pour être. Au moindre bobo, en guise de soutien, il suffit désormais de scander les deux mots de ralliement « Je Suis » suivi de ce pourquoi nous voulons être.

Je Suis Charlie, Je Suis Kenya, Je Suis Abobo, Je Suis Paris, Je Suis Nigeria, Je suis Pacha (mon chien qu’un chauffard lyonnais a précipité au paradis canin)…ou encore: Je Suis Que Dale!

Quand le Nord brûle, le Sud reçoit les cendres et s’échauffe au même titre. Mais dans le sens inverse le retour n’est jamais  pareil.

Qui sommes-nous donc africains face aux drames de l’autre monde?

Les événements de Paris ont montré une fois encore que nous demeurons divisés quand il s’agit de compassion à exprimer à l’occident. Il faut dire qu’on en a de toutes les catégories: les désolés sincères, les yayibonistes zélés (pléonasme), les « on fait rien avec l’occident puisqu’ils ne font rien avec nous », les touchés mais discrets, les spectateurs hilares de tout ce cirque et ceux qui s’inquiètent de ce qui ne tourne pas rond dans toutes les têtes extrémistes du monde.

La politique dans le monde est à gerber, on le sait. Celle de l’occident envers l’Afrique est enrobée d’un faux altruisme dont personne n’est dupe. Mais un enfant au Mali et un enfant en France ont le même taux d’humanité qu’un enfant en Afghanistan ou un autre en Syrie, en Inde ou au Canada. Un humain innocent quelque soit sa localisation dans le monde mérite donc notre yako quand il souffre, juste par preuve d’humanité. Et comme j’aime le dire:

Ton voisin ne peut pas pleurer plus que toi aux funérailles de ton père, à moins qu’il ne soit en réalité ton frère adultérin .

Pour nous qui sommes africains et fiers de l’être, il est nécessaire de ne pas nous tromper de combat. Il nous appartient à nous seuls de nous donner de la valeur, cette réelle importance que l’occident ne nous accorde pas toujours. Il ne nous est point indispensable de nous entre-déchirer à coup de hashtags insensés pour qui pleure plus fort alors que son frère n’est pas touché; qui marche tête haute et mouchoir en main en l’honneur de victimes d’un acte abject qui s’est déroulé à des milliers de kilomètres alors qu’à quelques mètres ça crève aussi en pagaille; qui est plus sensible aux bombes qui éclatent dans les villes du voisin proche…  N’ayons pas la compassion sélective comme la plupart de nos dirigeants (même si la connerie a aussi ses raisons que la raison ignore).

Au delà des blablatages sans fin, la seule chose dont nous devons prendre conscience c’est que le terrorisme nous concerne tous! Kenya, Liban, Lagos, Paris, Abidjan le trajet n’est pas aussi long qu’on le pense. Agissons donc de telle sorte que ce mal ne progresse pas. Alertons, informons-nous, prenons des mesures sécuritaires, libérons-nous de nos chaînes mentales, prions pour les uns et les autres et laissons les politiciens du monde à leurs besognes pas toujours claires. L’amour finira par prendre le dessus sur la haine…

Et qu’on le veuille ou pas, sur cette terre, nous sommes tous unis par l’oxygène qui nous maintient en vie. #NousSommesTousHumains

Que les voix de ces enfants nigerians résonnent dans nos coeurs et que Dieu fasse de nous des instruments de sa paix…

1,2,3 BRUTAL!

Il fallait oser. Eux l’ont fait! Rassembler des centaines de personnes autour d’un recueil de poèmes ici à Abidjan!!! Il faut être ivoirien ou vivre dans notre pays pour comprendre l’exploit. Nous étions le 15 août 2015, jour de la première dédicace. Deux autres ont suivi et également rencontré un franc succès… 1, 2, 3 Brutal!

La recette d’Eugenio, Guy, Laskazas, NoOne, P.A. et Stéphane, pour obtenir l’adhésion du plus grand nombre?

Utiliser leurs plumes talentueuses pour rendre la poésie tant accessible que profonde. Sortir des sentiers trop hermétiques, chers à certains poètes, tout en donnant de la consistance à chacun de leurs mots.

La bande Des Mots Des Images a trouvé la formule magique pour emballer le lecteur, en l’entraînant à leur guise du poème heureux au thème le plus douloureux. Loin de servir de la guimauve, au fil des pages, les 6 DMDI nous sourient, nous choquent, nous secouent, parlent à nos coeurs, nous attirent les larmes, nous font passer par toutes les émotions et en définitive ne nous laissent jamais indifferents…

Le guide est mort, comme un chien

Broyé par les rats et leurs suppôts

Sur qui il crachait sa rage, tantôt

S’il ne plantait sa tente dans leurs jardins… (p.32)

Passer un moment à lire ce recueil de poèmes revient à faire un tour en montagnes russes. La puissance de l’attraction, on la ressent à chaque poème. Lorsqu’un texte semble ralentir la cadence, très vite les secousses prennent le relais à travers des mots plus virulents. Le lecteur est ébahi, complètement sonné! L’exquise de la page 78 lui a même tendu son mouchoir… Pourtant en fin de parcours, le temps de reprendre son souffle qu’il en redemande!

Brutal OUI, mais tellement booonnn!

Brutal, Des mots des images

Commander Brutal ICI ( pour la Côte d’Ivoire) ou chez Edilivre (pour la France).

 

« Dieu est quitter en Afrique »

Gbaka d'Abidjan

Parole de Gbakaman!

Avec la multitude d’événements malheureux qui ne cessent de secouer le Continent, le proprio de ce gbaka* a tiré sa conclusion : « Dieu est quitter en Afrique! », non pas pour dire qu’il soit originaire d’Afrique, mais plutôt pour affirmer que Dieu a bel et bien beou* de nos terres!

Espérons toutefois que le Très-Haut science* un peu sur notre cas et revienne au moins réparer les petites erreurs liées à nos participes passés… Dans tous les cas le retard n’a jamais empêché le bonheur. En Afrique nous sommes patients!

Vocabulaire

Gbaka : mini car

Beou (verbe nouchi) : Fuir, Partir, Quitter…

Sciencer (verbe nouchi) : Réfléchir