UN CULTE PAS TRES CATHOLIQUE

Ce matin, j’ai été à la messe et, à vrai dire, je n’ai pas aimé l’analyse que le prêtre a fait de l’évangile de Saint Marc dont un extrait nous dit ceci:

Jacques et Jean, les fils de Zébédée, s’approchent de Jésus et lui disent : « Maître, nous voudrions que tu exauces notre demande. »
Il leur dit : « Que voudriez-vous que je fasse pour vous ? »
Ils lui répondirent : « Accorde-nous de siéger, l’un à ta droite et l’autre à ta gauche, dans ta gloire. »
Jésus leur dit : « Vous ne savez pas ce que vous demandez. Pouvez-vous boire à la coupe que je vais boire, recevoir le baptême dans lequel je vais être plongé ? »
Ils lui disaient : « Nous le pouvons. » Il répond : « La coupe que je vais boire, vous y boirez ; et le baptême dans lequel je vais être plongé, vous le recevrez.
Quant à siéger à ma droite ou à ma gauche, il ne m’appartient pas de l’accorder, il y a ceux pour qui ces places sont préparées. »

Après la lecture, nous avons eu droit à un discours sur le mérite et les postes de responsabilités.
Timidement, le prêtre a commencé par une critique générale des modes de gestions gouvernementales à l’africaine. Il s’est désolé de voir comment dans certains pays comme le Gabon et le Congo (il a oublié le Togo), le pouvoir présidentiel était transmis de pères en fils!
Aaah pauvre Afrique a t-il soupiré!!!

Et puis tout doucement, l’officiant a ramené son propos, en utilisant une fausse subtilité, sur les problèmes de la Côte d’Ivoire.

« Chez nous, certaines personnes se sont accaparées le pouvoir dans des conditions injustes. Ils ont des postes de responsabilités qu’ils ne méritent pas. Ce n’est pas parce que les uns ont rendu des services aux autres qu’ils méritent d’être ministres ou directeurs.
Or, tous ceux là n’ont même pas les aptitudes professionnelles requises. Il n’y a que chez nous qu’un « cuisinier » peut être nommé à un si grand poste de responsabilité!
A l’école de police, il y en a beaucoup qui ne savent pas lire, pourtant ce sont eux qui ont été choisis!
Pendant ce temps là, ceux pour qui les postes ont été préparés n’ont que des « cabines téléphoniques » en bordures des routes. Eux pourtant ont des BTS, sont ingénieurs, possèdent des doctorats! Eux méritent d’être ministres ou directeurs! ». Mais chez nous c’est la familiarité qui compte, les gens sont ministres sans diplômes.
Pendant ce temps, les plus méritants sont au chômage…

Après avoir incité l’assemblée à ne rechercher que la gloire du ciel, le prêtre a étayer son homélie en faisant une comparaison avec l’Europe.

 » En Europe ce n’est pas comme ça! On ne verra pas le fils d’un tel succéder à son père au pouvoir. Les européens ne font pas des attributions de postes arbitraires. Ils n’embauchent pas tous leurs amis et familles dès qu’ils sont au pouvoir…etc etc etc… »

La plupart des fidèles avait un sourire en coin, comme pour dire à l’orateur: -oui oui nous voyons où vous voulez en venir…

Cet homélie m’a vraiment choquée. La soutane ne doit-elle pas être gage de neutralité?
Le rôle d’un prêtre n’est-il pas de rassembler, sans distinction, autour de l’amour de Dieu?
Pourquoi, en ces temps mi-figue mi-raisin, a t-il voulu raviver les rancœurs des uns et des autres?
Aurait-il voulu être à la place du cuisinier dont il parlait dans son homélie?

Le mérite, les diplômes, les postes de responsabilités…

1) Si j’ai bien compris, tous les jeunes chômeurs actuels méritent les postes de responsabilité que les « autres » leur ont volés. Mais tout le monde peut-il être directeur, commandant ou ministre? Que faire des petits emplois dont personne ne veut?
A t-on déjà entendu parler d’une association de jeunes chômeurs décidés à retourner à la terre, pour revaloriser cette agriculture qui a fait le succès de notre pays?? Non! Tout le monde veut travailler dans les bureaux et surtout être chef!!
Se sont-ils aussi demandés si ces places leurs étaient vraiment destinés?
L’Église même a t-elle mis en place, des chaines de solidarité afin que ceux de la communauté qui ont des postes de responsabilités puissent aider les jeunes diplômés au chômage?
Pourquoi toujours vouloir accuser l’autre, quand nous-mêmes ne faisons pas grand chose pour autrui?
Pourquoi voulons-nous toujours faire de notre volonté, celle de Dieu???
Et puis, après plus de 10 années d’instabilité dans notre pays, ne faut-il pas laisser du temps au nouveau venu de trouver quelques solutions adéquates à ce problème?

2) Pourquoi faire une comparaison avec l’Europe, qui d’ailleurs n’est nullement épargner par le chômage dont le taux va croissant au fil des années. En Espagne et en Grèce, 1 jeune sur 2 est au chômage…pourtant ce ne sont pas des pays d’Afrique….
Que dire des nombreux scandales personnels, professionnels, immobiliers et financiers qui ont souvent impliqué les membres directs des familles de certaines hautes autorités d’états? La France nous sert souvent des exemples… Elle non plus n’est pas l’Afrique.

Sur ce sujet, je conclus que la différence flagrante entre l’Europe du prêtre et l’Afrique de tous les maux, vient du fait que depuis longtemps, la famille élargie a disparu chez eux au profit de celle dite « nucléaire ».
Il devient donc plus facile de coopter ou caser arbitrairement 2 à 3 membres d’une famille que tout un clan composé d’innombrables frères, cousins, neveux, oncles…
Doit-on alors tuer notre fameuse « solidarité familiale » pour que s’arrêtent certains comportements?

Je ne dis pas qu’il faille tout justifier, avec les arguments que j’ai volontairement soulignés plus haut…
J’ai moi-même, comme tous les citoyens de ce pays, quelques revendications à faire, mais je ne pense pas que le rôle d’un prêtre soit d’enfoncer le clou… D’ailleurs Jésus en a déjà eu assez pour nos péchés.

A la fin de la messe, le prêtre a invité l’assemblée à une prière pour les malades en disant:
« Sont surtout invités tous ceux qui ont des problèmes économiques et financiers (une vraie maladie chez nous, en effet! Lool). Chaque participant aura un dénouement heureux! »

Eh bien dans ce cas, pourquoi ne pas laisser les prières résoudre tous nos problèmes???

Trop de contradictions…

CETTE DEPRESSION QUI NOUS GUETTE

Chaque fois qu’un terrible évènement ébranle les populations des pays développés, des cellules psychologiques sont mises en place pour prendre en charge les personnes touchées par le drame. Enfants et adultes (et parfois même animaux) trouvent alors réconfort, auprès de spécialistes qui les aident à prévenir d’éventuels risques de troubles mentaux ultérieurs.

Chez nous, l’option de l’aide psychologique ne semble pas être privilégiée, enfin…celle dite médicale. C’est à se demander s’il y a des psychologues et des psychiatres qui exercent effectivement dans notre pays. Les guérisseurs traditionnels et hommes de Dieu, ont fini par les remplacer.

Malgré cela, la dépression nous guette !

Depuis quelques mois, nous croisons beaucoup de « fous » dans les rues. Pas besoin de diagnostic pour savoir que leurs durites ont éclaté, effet sûrement du stress post-traumatique qui a commencé à nous envahir après les évènements que nos subconscients cherchent, tant bien que mal, à occulter.

Pourtant, certaines mesures auraient dû être prises pour nous aider à décharger nos lourds fardeaux psychiques.

Un simple arbre à palabre aurait peut-être pu nous aider dans le cadre d’une thérapie collective… On nous a parlé d’une commission pour dire nos vérités et nous réconcilier… On attend toujours !

Des centres psychiatriques ? L’asile de Bingerville doit être saturé et obligée de refuser du monde.

Dans nos pays en développement les malades dépressifs sont souvent mis à l’écart, et supportent ainsi inutilement des souffrances qui, pour la plupart, sont guérissables.

Au lendemain de la guerre, je me suis demandée combien d’employeurs avaient pris l’initiative de mettre à la disposition de leurs personnels, des cellules d’écoutes, composées de psychologues, afin de permettre à ceux qui en avaient besoin, de se libérer et d’envisager leur avenir professionnel avec plus de sérénité ?
A mon humble avis, pas plus de 5% des entreprises, ont osé faire ce geste qui leur aurait donné un peu plus d’humanité.

Le problème découle du fait que certaines pensées réductrices voudraient assimiler « l’homme noir » à un dur à cuire qui ne peut jamais avoir de problèmes psychologiques !

En réalité, on ne saurait, nous-mêmes, accuser qui que ce soit pour cette méprise dans le jugement que les autres font de nous. Il suffit de nous écouter souvent répliquer : « ça là, ça ne tue pas Africain !!! » ou bien « voir un psy pourquoi ??? Ce sont les blancs qui ont ce type de problèmes ! Africain ne connait pas dépression. Si vous n’avez rien à faire de votre argent, c’est mieux de nous donner au lieu d’aller le gaspiller sur le divan d’un charlatan ! »

« L’Africain » que nous sommes, a-t-il trop d’estime de lui-même pour pouvoir être si confiant de son état mental, quoiqu’il advienne comme situation ?
Si Tahar Ben Jeloun soutient que « la dépression frappe au hasard : c’est une maladie, pas un état d’âme », il y aurait-il une raison pour que, nous africains, en soyons exemptés?
Ce n’est pas parce que d’autres ont bravé vaillamment les époques de l’esclavage et des travaux forcés qu’il faille penser que nous sommes des surhommes ! Or, en tant que simples humains, nous possédons tous nos limites. Par conséquent, la sorcellerie ne peut pas, à elle seule justifier toutes nos défaillances et incohérences mentales.

Il est temps que le problème de la dépression soit pris au sérieux dans notre pays !

Pour ma part, je rejoins Marie Darrieussecq, en disant : « aimer, écrire sont les seuls remparts que j’aie trouvés contre l’omniprésence de la mort et de la dépression. »

(Paru dans le quotidien l’Intelligent d’Abidjan du 19/10/12)

Vous avez dit Regard Social??

23h10: nous sommes à l’émission Regard Social sur Equinox TV, une chaîne camerounaise qui émet sur le câble.
Des sujets poignants, on parle de personnes atrocement tués, c’est assez triste…Mais le public ne semble pas y être sensible! Tout le monde dort!
C’est à se demander comment sont sélectionnés les participants…

Cette dame parle de son frère tué dans des conditions atroces, dont on ne veut pas restituer le corps à sa famille.

DEJEUNER INSOLITE

Ce midi, j’ai eu l’honneur de déjeuner, avec une personnalité de la scène politique ivoirienne: le PAN Soro Guillaume lui même!!!
Waoouh, il avait complètement emballé mon blissi tebil (Banane Braisée) du jour! Lool!

J’ai souri devant ce face à face insolite avec le PAN en me disant qu’il n’y a que les vendeuses de rues, vraies pros du recyclage, pour créer ce type de rencontres!

J’ai pris le temps de lire et de faire une ptite photo de cet article de FratMat du 14 avril 2009 où l’ancien Premier Ministre parlait de l’organisation des futures élections présidentielles…

Nous sommes en 2012, les élections ont fini par avoir lieu…

Le Temps de la paix

Face à certains actes qui, malheureusement, persistent dans notre chère terre d’ivoire, on aurait tendance à se décourager et se dire que la paix chez nous ne sera pas pour demain… Disons, cette paix intérieure qui manque encore à une grande partie de la population et qui empêche le désarmement des coeurs…

Cependant, cela est tout à fait compréhensible…
Toute blessure a besoin de temps pour guérir définitivement. Mal soignée, elle risque de se rouvrir au moindre choc.

Mais que faisons-nous des mots Effort et Pardon?
Les ivoiriens, ont l’obligation de faire le maximum d’efforts pour avancer, en cultivant peu à peu le pardon qui libère, et ce, dans l’intérêt commun.

Ce pays nous appartient tous, c’est dire que son avenir est entre nos mains. Il ne tient qu’à nous de prendre la bonne direction, celle de la réconciliation. Pour ce faire, un apprentissage de la tolérance s’impose…

Personnellement j’ai foi que tout ira dans le bon sens pour la Côte d’Ivoire.

Nous n’avons pas le droit de nous auto-détruire. Voyons plus loin que nos vils intérêts personnels…

Le groupe zouglou « Espoir 2000 » chantait: « Au temps de Boigny, il y avait la paix! Au temps de Boigny, il y avait la joie… »

J’espère que dans un proche avenir, la Côte d’Ivoire aura plus à démontrer au monde, mieux même qu’au temps de Feu Felix Houphouet Boigny…

Et comme la Bible l’évoque dans son L’Ecclésiaste: « Il y a un temps pour tout, un temps pour pleurer, un temps pour rire, un temps pour se lamenter et un temps pour danser. »

COTE D’IVOIRE LE TEMPS EST VENU POUR TOI DE FAIRE LA PAIX, SECHE TES LARMES ET RECONSTRUIS TOI…

MONDE VIRTUEL

Dans le milieu des années 90, les bippers venaient révolutionner le monde de la communication à distance. Les privilégiés qui possédaient ces petits boitiers permettant de recevoir des minis textes, narguaient leur entourage à coups de « bips » qu’ils s’échangeaient entre eux. Les autres, le regard envieux, ne se doutaient pas encore des chamboulements d’envergure qui n’allaient pas tarder à s’imposer à nos vies à tous.

Vite écartés de la circulation, les bippers furent détrônés par les téléphones mobiles. Parallèlement, on a eu droit à l’ascension fulgurante de l’internet ! La vraie révolution !! Les boites de messageries instantanées (emails, chats) sont alors venues faire un croche-pied à nos bonnes vieilles lettres à la poste ! Pour se sociabiliser, il fallait désormais adhérer au monde virtuel et à ces codes.

Les années sont passées, et les évolutions se sont faites plus importantes, avec leurs avantages et bien évidemment quelques inconvénients.

Prenons le cas des réseaux sociaux. Utilisés, à la base, de façon ludique pour maintenir en contact des groupes de personnes autour de divers centres d’intérêts, ceux-ci se voient parfois accusés de nous dé-sociabiliser, en nous coupant de la vie réelle.

Pourtant leur usage est de plus en plus prépondérant et tend même à se professionnaliser. Aussi, nos dirigeants locaux commencent-ils à comprendre que l’internet est un instrument efficace de divulgation et de partage d’opinions. Ils ont réalisé que les nouvelles guerres d’idées se font sur la toile, qui sont souvent très décisives. On ne parlera pas de l’impact de Twitter sur la dernière campagne présidentielle américaine…

Cependant, actuellement dans le pays, il y a comme une volonté de mettre la charrue avant les bœufs.

De peur d’être cette fois en marge du progrès, nous nous référons, dans tout et pour tout, au monde virtuel, et cela, même quand les moyens nous font défaut.

C’est désormais avec indifférence qu’on entend tous nos gouvernants parler de tablettes, twitter et Facebook comme s’ils voulaient rattraper leurs énormes lacunes en la matière.

Mais avons-nous les capacités d’intégrer l’internet en toutes circonstances et dans tous nos domaines d’activités?

Plusieurs difficultés sont déjà rencontrées dans le cadre des inscriptions à l’université.

Nous nous réjouissons de savoir que les espaces universitaires disposeront d’émetteurs wifi en libre-accès. Mais à partir de quels supports se connecteront les « pauvres » étudiants, dont une grande majorité a été obligée d’attendre la réouverture de l’université publique, pour pouvoir se remettre aux études ? Beaucoup de parents ne disposent pas de ressources financières suffisantes pour inscrire leurs progénitures dans des grandes écoles ou universités privées.

Des tablettes seront-elles gracieusement offertes à chaque étudiant après son inscription ? J’en doute…

Les ministres vivement invités à utiliser des tablettes lors des conseils? Bonne idée ! Mais la plupart maitrisent-il cet outil? Rien ne sert de paraitre !

Pour toutes ces raisons, il est évident que l’accès au monde virtuel ne sera pas aisé pour tout le monde.

La population qui souffre n’a pas encore le temps et les moyens de disposer de ces outils. Ignorer cela serait grave !

C’est bien de vouloir transposer nos vies dans le virtuel, mais il serait encore mieux de trouver des solutions appropriées pour réduire la fracture numérique.

Actuellement dans le pays, il y a un vent euphorique qui nous berce, en nous rassurant que le monde 2.0 est accessible à tous.

Soyons vigilants ! Si nous voulons vraiment contribuer à un développement numérique dans notre pays, essayons de ne pas créer le fossé dans la population.

Ne développons pas des valeurs virtuelles difficiles à concrétiser dans la vie réelle.

(Paru dans le quotidien l’Intelligent d’Abidjan du 12/10/12)

Blog Action Day 2012: Le pouvoir du « nous’”

Blogueurs Ivoiriens, A nos claviers!
Le 15 Octobre 2012, la réconciliation nationale doit passer par NOUS!!!

Blog Action Day 2012

Blogueurs ivoiriens, nous avons le pouvoir de réconcilier la Côte d’ivoire!

« La Côte d’ivoire après dix ans de crise est en pleine phase de réconciliation. Aujourd’hui chaque ivoirien doit apporter sa pierre à l’édifice de réconciliation. C’est dans cet esprit, Akendewa invite tous les blogueurs de Côte d’ivoire à écrire des articles sur le thème de la réconciliation. »

Pour plus d’infos, lire l’article de AKENDEWA.

Marie-Jeanne

C’était elle qui m’avait fait la cour, la Marie-Jeanne,
Un soir en me prenant de court, cette fille aux airs d’afghane.
Elle avait l’allure rassurante, la belle courtisane,
Si douce et envoutante à me tenir comme son âne.

Son emprise était certaine, gramme après gramme,
Me réduisant à petit feu, bouffant quelques parts de mon âme.
Damné, je m’égarai peu à peu dans un mélodrame,
A ne comprendre que dalle à la tristesse de la trame.

Elle m’était pourtant douce, aussi tendre que de la badiane,
Une porte ouverte d’aéroplane, pour explorer toutes sortes d’arcanes.
Avec elle, je pris le pari d’une vie parallèle sans lucarne,
Occultant obstinément, chaque partie de moi qui se fane.

Et c’est elle qui, désormais, me tire la langue et ricane,
Sans compassion aucune devant mon corps qui ahane.
Elle était sensuellement belle, au départ, la Marie-Jeanne,
N’eut été que traitreusement elle m’avait rendu toxicomane.

Dernière saint Valentin

14 février 2011

Mon amour,

Quelles sont ces larmes qui ruissellent sur tes joues et frappent le sol avec autant de violence?
Je t’avais pourtant promis que cette année, de nous deux, c’est moi qui ferais le cadeau le plus mémorable… Mais une fois encore tu ne m’avais pas crue !

Plus de dix années ensembles…

Je t’avais fait le sacrifice de tout, même de mes entrailles, simplement parce que tu n’avais jamais désiré d’enfant hors mariage et cela malgré l’immensité des sentiments que tu prétendais avoir pour moi.
Je t’étais docile, comme un chien à son maitre, je buvais tes paroles comme le miel doux de korhogo. Tu avais réussi à m’infantiliser, au point que mes moindres décisions nécessitaient, au préalable, ton assentiment.
Je ne me plaignais pas. J’aimais cette candeur que tu faisais éclore en moi. Je baissais la garde au seul son de ta voix.

Que de promesses ont jalonné notre parcours, la plupart, non tenues.
Je ne devais rien lui envier à elle, vulgaire mère porteuse de cette progéniture dont tu étais pourtant si fier, ces deux héritiers qui devaient être les uniques semeurs de la lignée de tes pères.

Je t’aimais de mon amour innocent, coupable cependant de te partager avec une autre.
J’ai été, tout ce temps, la femme de l’ombre, celle sur qui tu t’épanchais pour exprimer tes moindres détresses, ta conseillère dévouée.
Ce privilège de ta confidence, renforçait en moi le sentiment que si tu avais vraiment eu le choix, ç’aurait été moi, Madame Toi.

Mais les choses étaient un peu plus complexes. Je devais donc me contenter de ces quelques moments d’intimités volés.
J’étais prisonnière volontaire de toi.

C’est avec douleur qu’à Noël j’appris que ta dame, attendait un heureux évènement. Le sacre de votre amour qu’elle croyait si parfait, une trinité à constituer pour l’harmonie de la famille. Elle priait de toute sa foi de chrétienne pieuse, que le bon Dieu, par le Saint Esprit, lui accordasse une fille cette fois…

Devais-je me sentir catastrophée, lorsque l’horrible nouvelle nous parvint ce 1er janvier, alors que nous savourions tendrement nos premiers instants d’amour de l’année?

A te voir aussi anéanti d’avoir tout perdu, je compris brusquement que les mots que tu m’avais dits jusque là n’étaient que mensonges!
A vrai dire, tu l’avais toujours préférée à moi, qui n’étais qu’un bouche-trou quand ton agenda offrait des créneaux vides.

Je ne me suis jamais réjouie de la mort brutale des deux garçons et de leur mère enceinte, dans ce terrible accident de la route… Mon cœur était rempli de compassion à ton égard, mais ce que tu voyais en moi c’était la cause de ton malheur! Le salaire de notre péché!

J’ai pourtant pleuré de mes larmes sincères, inconsolable que cet évènement vienne chambouler notre vie organisée. Je portais déjà le deuil de nos beaux jours.

J’étais devenue une pestiférée à tes yeux. Tu ne faisais que me refouler alors que mon seul souhait était de te soutenir, t’aider à alléger ta peine.

La semaine dernière, quelle ne fût ma surprise d’apprendre, de mon gynécologue, que germait en moi, depuis 2 mois, le fruit que tu ne m’avais jamais autorisé à porter.
Comment était-ce possible?
Pour toi, j’avais toujours pris mes précautions.

Jusque là, j’avais associé mes coups de fatigue et mes nausées, à la mélancolie qui grandissait en moi, depuis que tu n’étais plus toi.
Je n’ai eu aucune réaction à l’annonce du médecin.
J’avais fini par m’habituer à ce ventre creux…

Ce matin, je me suis réveillée, le cœur en paix de ma décision ferme.
Notre chemin s’arrête ici. A jamais!

Le meilleur cadeau d’adieu que je puisse te faire en ce jour, c’est le souvenir douloureux que tu porteras désormais en toi, tel le lourd fardeau de Sisyphe.
L’âme torturée que je suis devenue grâce à toi, s’en va rejoindre les tiens dans l’au-delà.
Peut-être, très vite nous rejoindras-tu?

En attendant, je te laisse savourer pleinement cette dernière Saint Valentin au goût amer.

Celle qui t’aimait!