Fermer les yeux et tuer ma réflexion

Il est déjà arrivé, au moins une fois, à vous qui me lisez, de fermer les yeux en vous disant qu’en les rouvrant, les choses auront changé..
Le plus souvent, ce sentiment naît lorsqu’une situation nous dépasse. On prie pour que ce ne soit qu’un mauvais rêve…
Tout va bien!!! Il ne vaut pas la peine de s’inquiéter…

Mais avouons-le, jamais le miracle n’a eu lieu! La réalité, aussi pénible à supporter qu’elle soit, se rappelle à nos ténébreuses pensées. Trou noir… Puits profonds de problèmes difficiles à résoudre…

Quand il nous reste quand-même la force de ne pas foutre en l’air notre quota de vie initiale, plusieurs options s’offrent à nous:
– Lutter pour trouver des solutions aux problèmes.
– Subir les épreuves avec fatalité.
– Se suicider mentalement.

J’ai choisi la dernière… Provisoirement j’espère, car une résurrection est toujours possible. L’espoir fait revivre…
Pour le moment, je préfère tuer ma réflexion, avancer comme un légume, entrevoir ce qui m’entoure avec un oeil de zombie…

Pourquoi? Me diriez-vous? Quelles sont mes motivations?

Mon problème est ivoirien.
Plus l’échéance vers notre chère et tendre « émergence » approche, plus un certain ivoiro-pessimisme grandit en moi! Scandale! Affront à la Mère patrie!!!

Mais c’est que je lui en veux moi, à cette mère poule qui n’a pas su éduquer ses bambins!
C’est bien sa faute si, au lieu de penser à sa consolidation, ses fils se concentrent sur leurs divers devoirs de rancune!
Tohu-bohu idéologique et moi je m’en fous!

Mère de faux enfants prodiges.
Enfanteresse de faux héritiers.
Rien à cirer de leurs guéguerres de mômes aux caprices exacerbés!!!

Mère de la désunion.
Mère de l’indiscipline.
Mère de la fainéantise.

Mère qui n’a pas su nous forger une mentalité digne.
Qui nous a lavé le cerveau, en nous faisant croire que nous étions le centre du monde. Que tout nous était acquis.
Fallait nous voir dans les années glorieuses! Malheureusement ça fait des lustres qu’on n’y voit plus rien du luxe d’antan…Même pas en vestiges….

Mère des brasseurs d’air, de liasses indûment appropriées, de ceux qui enivrent les âmes à coup de godets aveuglants…
Mère de beaux-parleurs aux discours fades qui ne réussissent plus à nous mettre en branle…
Mère de cette merde généralisée qui a toujours convenu à tous et qui maintenant nous engloutit..

Après avoir fait des kilomètres de chaînes de boudin avec notre propre sang;
Pendant qu’on patauge dans les eaux boueuses de nos déviations;
Une dernière fois j’ai envie de fermer longuement les yeux, les rouvrir et réaliser que le chaos est très loin derrière…

Le jour où nous serons vraiment prêts à rebâtir ce pays, pierres après prières, coeurs avec coeurs,
Ce jour là mon optimisme renaîtra de ses cendres.