Plus on est de fous, plus on lit!

Peut-être parce que je n’aime pas suivre pour suivre, j’ai toujours détesté les jeux en chaînes quels qu’ils soient.
Fais-ci ou ça et passe le message à ton voisin. En général quand c’est moi le voisin il faut se dire que le message est arrivé à son terminus.Chaîne brisée et basta!

Mais pour une fois, je vais me prêter au jeu avec plaisir. La raison? : quand une Reine vous désigne, il ne faut jamais lui tenir tête. Me voici donc en train de suivre la règle du jeu d’Ayyaah qui pense que tout comme elle je mérite Le prix de l’addict lecture.

Allez go!!!

Quel auteur aimerais-tu faire revenir à la vie ?
Impossible de ne citer qu’un auteur. J’en ressusciterai donc quatre:
1. Romain Gary,pour chercher à comprendre comment on en arrive à laisser la vie derrière soi.
2. Rimbaud, pour qu’on tente en vers et contre tous de réveiller le dormeur du Val.
3. Ferdinand Oyono, pour rire jaune des vies de boy au temps des colonies et des médailles sans éclats des anciens combattus.
4. Ahmadou Kourouma, pour qu’on écrive ensemble le soleil de nos nouvelles dépendances.

Une couverture de livre que tu ne te lasseras jamais de regarder ?
Sans aucune hésitation: Cent ans de solitude de Gabriel Garcia Màrquez. Ed. Points
Il y a quelques jours je regardais un film français « Libre et assoupi. » En une fraction de seconde un bouquin que tenait Sébastien, le personnage principal, m’est passé sous les yeux. Mon cerveau a fait: « Le perroquet de cent ans de solitude!!!!!! ». Bien évidemment j’ai guetté les scènes suivantes jusqu’à ce que le livre passe en premier plan et là j’ai pas pu m’empêcher de crier « YES! Je savais! »
Elle est belle cette couverture…
Cent ans de solitude, Gabriel Garcia Màrquez

Quelle héroïne (préciser le livre) aimerais-tu incarner et pourquoi ?
Plutôt un héros: Sisyphe. Entre désespoir et joie, avec pierre qui roule et qui retombe. La vie est-elle si absurde au fond?…
Le mythe de Sisyphe, Albert Camus
De quel livre ne pourras-tu jamais te séparer, même pour un prêt ?

Assinie et le Royaume de Krindjabo, histoires et coutumes par Henry Mouezy des missions africaines de Lyon.
Mon grand-père maternel m’avais donné les éditions de 1942 (dans un état critique) et 1953. Un précieux héritage, comme tous les livres qu’il m’a confiés avant de partir…
Assinie et et le Royaume de Krindjabo, Henry Mouezy


Le genre de romans que tu ne liras jamais ?

Les romans à l’eau de rose trop sucrée, type Harlequin ou Adoras.Les relations sentimentales sont un peu trop compliquées dans la vraie vie pour que je gobe ces histoires. Mais je ne jette pas la pierre aux personnes qui en rafolent. A chacun ses gouts…

Voilà qui est fait!

Je passe le témoin aux blogueurs suivants :
Emile Bela, Chronique des temps nouveaux
Nelson Simo, Regards de Sikanel (Sommeil de Sikanel serait plus adapté vu la date de la dernière publication. Lol)
Alain Serge Agnessan (alias « Amour papier longueur »), Hasarts

1,2,3 BRUTAL!

Il fallait oser. Eux l’ont fait! Rassembler des centaines de personnes autour d’un recueil de poèmes ici à Abidjan!!! Il faut être ivoirien ou vivre dans notre pays pour comprendre l’exploit. Nous étions le 15 août 2015, jour de la première dédicace. Deux autres ont suivi et également rencontré un franc succès… 1, 2, 3 Brutal!

La recette d’Eugenio, Guy, Laskazas, NoOne, P.A. et Stéphane, pour obtenir l’adhésion du plus grand nombre?

Utiliser leurs plumes talentueuses pour rendre la poésie tant accessible que profonde. Sortir des sentiers trop hermétiques, chers à certains poètes, tout en donnant de la consistance à chacun de leurs mots.

La bande Des Mots Des Images a trouvé la formule magique pour emballer le lecteur, en l’entraînant à leur guise du poème heureux au thème le plus douloureux. Loin de servir de la guimauve, au fil des pages, les 6 DMDI nous sourient, nous choquent, nous secouent, parlent à nos coeurs, nous attirent les larmes, nous font passer par toutes les émotions et en définitive ne nous laissent jamais indifferents…

Le guide est mort, comme un chien

Broyé par les rats et leurs suppôts

Sur qui il crachait sa rage, tantôt

S’il ne plantait sa tente dans leurs jardins… (p.32)

Passer un moment à lire ce recueil de poèmes revient à faire un tour en montagnes russes. La puissance de l’attraction, on la ressent à chaque poème. Lorsqu’un texte semble ralentir la cadence, très vite les secousses prennent le relais à travers des mots plus virulents. Le lecteur est ébahi, complètement sonné! L’exquise de la page 78 lui a même tendu son mouchoir… Pourtant en fin de parcours, le temps de reprendre son souffle qu’il en redemande!

Brutal OUI, mais tellement booonnn!

Brutal, Des mots des images

Commander Brutal ICI ( pour la Côte d’Ivoire) ou chez Edilivre (pour la France).

 

Voyage « Debout-payé » avec Gauz

Il y a des aventures, tout comme des lectures dont on ne sort pas indemne.
Il y a le style de Gauz, ses mots qui saisissent et en imposent.
Il y a Ossiri, symbole d’une immigration africaine, autour de qui tournent les 172 pages d’orfèvrerie que constitue le roman « Debout-payé ».

Debout-payé, c’est l’histoire commune à beaucoup d’africains et particulièrement d’ivoiriens partis se chercher à Bengué (en France). C’est la solution de facilité offerte à ces noirs, en situation pas toujours régulière, pour joindre les deux bouts. C’est un hommage aux molosses invisibles qui tiennent avec stoïcisme leurs postes de vigiles dans les différents temples de la consommation.

Alors, que pourrait-il bien se passer dans la tête de ces Black Men In Black durant leurs heures de travail?
Avant Gauz, avouons-le, tout le monde s’en fichait! Mais grâce à lui, nous nous rendons honteusement compte qu’un vigile peut en avoir dans le ciboulot. La claque! Une fois encore, la carapace ne détermine pas l’intérieur… On le sait pourtant, mais on l’oublie souvent.

Avec la virtuosité d’un chef d’orchestre philharmonique, Gauz nous dépeint ici la riche vie intérieure d’un vigile (futé) alimentée par ce monde extérieur qu’il est chaque jour obligé d’épier pour survivre…

Chacun se retrouve en lisant « Debout-payé ». On sourit de toutes les couleurs, au fil des douches froides, tièdes ou chaudes qu’on reçoit ligne après ligne.

La vie d’Ossiri, ses origines, son travail, les clients indifférents qu’il côtoie, ses amitiés, ses doutes, les autres africains dans leurs différences, la françafrique, les conséquences du 11 septembre… « Debout-payé » s’apparente à un assemblage de poupées russes…
On prend goût à la satire et on se surprend à découvrir et déguster avec avidité les mignardises que l’auteur s’est amusé à emboîter pour notre plus grand plaisir!

Parce que ce voyage littéraire vaut le coup, je vous recommande vivement ce premier roman de cet auteur que je considère comme l’un des meilleurs de son époque…

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Extraits :

« Chacun remplit sa demande d’emploi avec plus ou moins de concentration. Nom, prénom, sexe, date et lieu de naissance, situation matrimoniale, numéro de sécurité social, etc. Ce sera l’épreuve intellectuelle la plus exigeante de la matinée. Quelques uns regardent quand même sur la copie du voisin. Héritage des bancs de classes ou manque d’assurance. »

« AMY WINEHOUSE. Une femme est le sosie confondant d’Amy Winehouse. Au point que le vigile se demande si au lieu de tester les parfums sur sa peau, elle ne va pas plutôt les ouvrir pour les boire. »

« VACHERIE. Certes, il existe des niveaux un peu plus exigeants dans les métiers de la sécurité. Et vigile est à la sécurité ce que 《La vache qui rit》est au fromage. »

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Comme diraient les ivoiriens: Gauz là c’est pas l’homme, c’est génie!

« Debout-payé » de Gauz, édité par LE NOUVEL ATILA est disponible depuis le 28 août 2014.
17 € à Bengué.
13.900 FCFA à Babi.

Enid Blyton, une femme imparfaite

Si je fais un micro-trottoir dans les rues d’Abidjan en demandant aux petits comme aux grands « Connaissez-vous Enid Blyton? », il y a de fortes chances que j’aie des réponses négatives.

Mais si je poursuis ma démarche en posant la question suivante: – Avez-vous déjà vu, tenu entre vos mains ou lu « Le club des cinq / Oui-oui / Le clan des sept« ?, sûr que sourire aux lèvres certains me raconteront leurs souvenirs d’enfance, sans se rendre compte que si ENID BLYTON n’avait pas existé, tous ces trésors de la littérature enfantine n’auraient jamais été écrits.

Eh oui, cette femme britannique, l’un des auteurs les plus populaires de son pays, a marqué la vie de beaucoup d’enfants des quatre coins du monde, moi y compris! D’ailleurs Claude était mon personnage préféré du Club des cinq…

Avec sa production importante de livres pour la jeunesse, on aurait pu s’imaginer qu’Enid était la mère idéale qui avait toujours la petite histoire inédite pour émerveiller les enfants qu’elle devait avoir ou la femme vertueuse dont tout homme pouvait rêver pour porter ses enfants.
Ce n’était pas le cas.
En réalité, Enid était une vraie peste sans aucun instinct maternelle, mythomane, manipulatrice de son monde, insensible, avide de succès…

En regardant le film sur sa vie, « LE ROMAN D’ENID BLYTON, on réalise stupéfait, que beaucoup de personnes qu’on admire ne sont au final pas toujours ce que leur image reflète.

Enid préférait câliner son chien plutôt que ses filles. Elle mentait sur son passé en enjolivant son enfance. Pourtant son père, dont elle disait à qui voulait l’entendre que c’était le plus brave, le plus intelligent, le meilleur des hommes, les avaient abandonnés, sa mère, ses deux frères et elle sans jamais faire signe de vie.
De la même manière, Enid aussi tourna la page familiale, en quittant à son tour ses frères et sa mère et en les effaçant pour toujours de sa mémoire…
Les nurses se chargeaient d’aimer ses filles (Gillian et Imogen) pendant qu’elle tapait sur sa machine a écrire, ses 6000 mots quotidiens.
Sacrée Enid Blyton, championne de la mise en scène qui utilisait ses filles, le temps de quelques séances photos, pour vendre à ses lecteurs un bonheur familial illusoire!

Enid était un être détestable qui réussit malgré cela à faire des miracles dans la vie de millions de gens et dont les écrits continuent de conquérir de nouveaux coeurs.
C’était surtout une âme triste qui trouvait dans son imaginaire le moyen de survivre à ses peines. Elle écrivait pour fuir la réalité. Ses histoires pour enfants etaient en quelques sortes ses boucliers.

Enid Blyton était simplement une femme imparfaite. Pas besoin de lui en vouloir pour ça…
Les mots de l’écrivain appartiennent à ses lecteurs, ses maux quant à eux, même s’ils sont parfois le moteur de son inspiration, n’appartiennent qu’à lui…

Même un mauvais coeur peut produire de belles choses. Tout le monde a un côté obscur…

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Credit photo : Wikipedia

A « L’ombre du pont » je me suis assise et j’ai lu…

Josué Guébo ! Quiconque côtoie la sphère littéraire ivoirienne, ne peut pas ignorer ce nom. Pour autant, ma rencontre avec cet homme est fruit du hasard. Tout commence par une affaire de famille…

Un soir de juin 2012 que je me ballade sur le web, je suis attirée par un article écrit par le journaliste blogueur ivoirien Israël Yoroba: J’ai lu « Mon pays, ce soir » de Josué GUEBO. Il y fait l’éloge d’un écrivain, son oncle, en invitant les lecteurs à plonger dans son dernier recueil de poèmes.

Intriguée par les lignes, mais ne sachant comment me procurer le livre, je me renseigne auprès d’Israël  qui propose de me le prêter. Au final il me l’offre… J’y découvre un homme assez complexe, dont la plume transpire un certain engagement politique. Les mots, son arme…

Puis les mois s’écoulent et nos chemins finissent par se croiser. Naturellement, une amitié littéraire nous lie, pimentée de quelques bras de fer verbaux dans les moments où nos convictions, nobles dans leurs divergences, nous rattrapent.

Josué Guébo ! Un poète pas si facile à « lire ». Pourtant ses textes, quelques fois jugés hermétiques,  ne demandent qu’à être décadenassés pour délivrer les joyaux qu’ils peuvent regorger… Les « maîtres du verbe » aiment à corser les choses, façonner des labyrinthes de mots et s’éloigner de la facilité d’esprit, pour sûrement évaluer le nombre de personnes dignes de les décrypter…

Josué Guébo ! C’est aussi le président de l’AECI (Association des écrivains de Côte d’Ivoire). Un homme à l’extraversion prudente, mais plus accessible que les mots énigmatiques qu’il aime à distiller.

En décembre 2012, le poète Guébo, décide de nous entrainer dans un monde différent de celui qu’on lui connaissait déjà: La Nouvelle. Ainsi propose t-il «L’ombre du pont », 150 pages de diverses tranches de vie.

L'Ombre du pont

Je ne suis pas critique littéraire, mais en règle générale n’importe quel lecteur sait s’il a aimé ou pas ce qu’il a lu. Du haut de ma subjectivité donc, je pense pouvoir émettre mon petit avis sur les 16 histoires que l’ami Josué a livré au public.

Un mot s’est rapidement dégagé de ma lecture : PLAISIR. Eh oui, j’ai pris un énorme plaisir à lire ces nouvelles dont chaque mot trahissait les qualités du poète. J’ai chanté les mots plus que je ne les ai simplement lus. Tout y était à sa place, calibré avec professionnalisme.

J’ai beaucoup ri du « père » et de son « absence », été stupéfaite de vivre le « rite de l’anneau ». J’ai été tout aussi choquée que « Karen » et me suis permise de puiser « du soleil dans les yeux d’Ameyo ». Je suis restée dubitative face à « la résurrection à Kpérédi » et ai été surprise que Stephen, une fois, devienne Stephane…

Bien entendu, l’homme engagé hante les pages, mais cela n’a pas été plus mal pour tenter de le comprendre plus profondément.

En refermant ce recueil, je me suis dit qu’il aurait pu simplement s’intituler : « Histoires pas si anodines ». Je garde quelques interrogations dont je n’ai aucun doute qu’elles auront réponses, si je les adresse à l’auteur… Mais je prends mon temps.

En conclusion : si Josué Guébo a pensé, avec « L’ombre du pont », à un coup d’essai, je ne puis que l’inviter à réitérer ce type de coups qui ont la modestie de s’apparenter à ceux d’un vrai maître.

Extraits :

« – Simon, saches que la croix que tu portes, c’est ton Continent. Elle te pèse comme te pèsent les drames de l’Afrique. Mais je soutiens ce Continent avec toi, ses drames et ses peines… » P. 26

« -Ecoute, une terre cultivable remplie de serpents et de scorpions, reste une terre cultivable. Les choses sont très simples. Tu n’as qu’à éliminer les serpents et les scorpions. » P. 32

« Le présent pas simple. Le passé décomposé. Le futur avarié. Nos rêves hier, plus que parfaits avant ces jours défaits, de la main d’une espèce de participe pesant. » P. 56

« L’idéologie habite toujours les caves de la surenchère. P. 84

« Celui qui trahit un traitre ne trahit pas. » P. 131

Josué Guebo - Credit photo Aimsika (café littéraire)

Josué Guebo – Credit photo Aimsika (café littéraire)

Message perso à Josué :

Tout au long de ma lecture, que je me suis par moments amusée à faire à haute voix, j’ai eu cette vision : toi à la guitare, accompagnant des personnes lisant ces histoires, dans une ambiance feutrée, avec des auditeurs attentifs sirotant toutes sortes de cocktails…

Et si de l’ombre de nos pauvres librairies poussiéreuses, cet excellent recueil de nouvelles passait à la lumière ?

 

Littérature « kleenex » vous avez dit?

Aujourd’hui vendredi 11 octobre 2013, plongée dans la lecture du quotidien ivoirien Fraternité Matin, je tombe sur un article fort intéressant (pages 5 à 6) dans la tribune littéraire:  « Anzata et Biton, deux auteurs boudés mais debout. »

J’ai souri d’impatience avant de dévorer ces lignes écrites par monsieur Alex Kipré.
Il faut dire que mon avis sur Biton, beaucoup le connaissent: je respecte l’homme, mais je n’adhère pas à son écriture. Je le disais déjà dans mon article ET SI BITON AVAIT TORT?

J’ai beaucoup aimé le travail de monsieur Alex Kipré qui a su exposer les différents avis (positifs et négatifs) sur les productions des deux auteurs et la parole qu’il leur a donné en fin d’article pour qu’ils puissent se défendre.

L’oeuvre prolifique de Biton et le marathon à coups de Tomes de madame Anzata, sont considérés par certains comme de la littérature « Kleenex ». Ok.
Il m’est moi-même arrivé de dire que c’était de la soupe populaire. Soit!

Cependant, est-il normal d’autant s’acharner sur ces auteurs, qui n’ont rien à envier à tous ces soit-disant intellos de chez nous, en manque de notoriété et à l’écriture tellement hermétique qu’un peu de paracétamol à portée est indispensable quand on s’oblige à les lire??
JE PENSE QUE NON!

Perso, je n’aime pas l’écriture de monsieur Biton, comme je n’aime pas le piment… Question de goût donc (et parfois d’opinions divergentes) et non pas une affaire de « snobinardisme d’intello ».
Les histoires de madame Anzata, en toute franchise, je ne les ai pas essayés en livre, mais j’ai eu à découvrir quelques unes de celles qui paraissaient dans le magazine féminin GO MAG, que je lis peu d’ailleurs…

Revenons à nos Kleenex…
Ce que d’aucuns oublient avec les mouchoirs, c’est que le plus important n’est pas le fait qu’on les jette après utilisation, mais plutôt LEUR EXTRÊME NÉCESSITÉ! Sans mouchoirs, ça craint quand on est enrhumé! Pareil lorsque les grosses chaleurs arrivent et qu’il faille s’éponger un peu quand la sueur dégouline….

La littérature, qu’elle soit « kleenex » ou ultra académique, répond à un besoin!
Que ceux qui n’aiment pas lire Biton et Anzata ne le fassent pas, mais arrêtons de cracher dans leur soupe qui demeure très nourrissante pour une grande majorité des lecteurs ivoiriens.

Et que ceux qui aiment ces auteurs, continuent d’assumer leurs préférences. Il faut bien de tout pour faire le monde de la littérature.

Et puis, à ce que je sache, depuis 1901 qu’il existe, aucun auteur ivoirien n’a encore eu le prix nobel de la littérature. Donc arrêtons avec la suffisance littéraire…
Les librairies sont pleines de livres de tous genres…
Le buffet est vaste, il n’y a qu’à choisir la combinaison qui nous convient!

Finalement, j’avoue être au moins d’accord avec monsieur Biton sur une chose: la simplicité en littérature… Rien ne sert de prouver qu’on maitrise les mots, alors qu’on est incapable de transmettre des émotions.

Et si je cherchais à rencontrer monsieur Biton, pour qu’on rigole un peu de nos divergences?
Et si…?

Monsieur Nègre de Fatou Sy Savané

Lire est pour moi comparable à regarder un film ou une pièce de théâtre.

Sur recommandation de la blogueuse Macmady, j’ai donc pris mon ticket pour assister à Monsieur Nègre! 2000 FCFA pour ce petite délice théâtral écrit par l’ivoirienne Fatoumata Sy Savané, 86 pages, comme les 86 minutes nécessaires pour se plonger dans nos propres contradictions à travers l’histoire de Broulaye et de sa famille. Monsieur Nègre Fatou Sy

« Monsieur Nègre est une satire qui dépeint avec humour toutes ces attitudes et mentalités, qui quoiqu’on puisse en penser, constituent des freins au développement des sociétés africaines dans lesquelles nous vivons. »

L’histoire de monsieur Nègre n’a pas de fin. En effet, tant que chacun de nous n’aura pas essayé à son nieau, d’améliorer la société dans laquelle il vit, il y aura toujours des monsieur Nègre qui, en fait, sont:

– Ces hommes qui se cachent derrière leur religion ou leur pouvoir pour justifier leurs vices;

– Ces femmes qui se prêtent à des pratiques condamnables pour atteindre leurs objectifs;

– Ces tribalistes et ces racistes qui, à cause de leurs complexes égoïstes, engendrent des rivalités et des guerres!

– Ces acculturés qui, sans vergogne, renient intégralement leurs cultures d’origine;

– Ces intellectuels! Nos intellectuels! Irresponsables et imposteurs qui abrutissent les populations que nous sommes;

Il y a, toutefois, une génération qui refuse d’être des monsieur Nègre. C’est la nôtre, celle de nos enfants et futurs descendances. Nous cultivons un espoir… Celui de voir un jour l’Afrique débarrassée de tous ses Monsieur Nègre… »

(Pages 76-77)

Un bon moment de lecture, simple mais dont la force réside dans l’appel à l’éveil des consciences: demeurons africains, mais extirpons les débris de Monsieur Nègre en nous!

 

Un cure-dent gouro, Une femme & deux maris…

LE CURE-DENT GOUROLe vendredi dernier, en parcourant les rayons de la Librairie Carrefour Siloé de Cocody Saint Jean, mon choix se porte sur deux bouquins d’auteurs que je ne connais pas.

Le titre du premier attise ma curiosité: « LE CURE-DENT « GOURO ». Ce recueil de nouvelles écrites par Germain Zamblé Bi, pourrait m’en dire plus sur la fameuse branche d’arbre dont les vertus aphrodisiaques sont clamées par beaucoup de nos hommes. La couverture est d’ailleurs très évocatrice… J’achète donc ces 190 pages réparties en 4 nouvelles.

UNE FEMME DEUX MARISLe second, je l’avais déjà vu en librairie, ça fait quelques mois que j’hésite à le prendre. Pour cause: je n’aime pas la littérature sentimentale, et en lisant les informations sur l’auteure je constate qu’elle n’a jusqu’alors publié que des romans de ce type dans la collection ADORAS.

Cependant, il est aussi mentionné qu’avec celui-ci de roman, elle fait son entrée dans la littérature générale. Le tire est trop tentant « UNE FEMME, DEUX MARIS ». Je veux savoir comment le thème de la polyandrie sera traité! Je me dis alors: tant pis si Fatou Fanny-Cissé me sert 243 pages d’eau de rose, ça me fera un peu de rêverie pour le weekend.

Samedi lecture: en moins de 24 heures j’achève les deux bouquins, qui assez bizarrement soulèvent, par moments, des situations ou problèmes similaires (excision, alliances de plaisanteries inter-ethniques, querelles pendant les funérailles, pauvreté, mysticisme, fétichisme, relations hommes-femmes etc…) et nous donnent beaucoup d’éclaircissement sur certains de nos us et coutumes (exemples: l’attribution des noms et prénoms chez le peuple Gouro; la présence d’un bouc dans les concessions des Malinkés).

Je suis tout de même choquée par un détail… Dans la nouvelle « Le cure-dent gouro« , Germain Zamblé Bi, attribue une pensée à son français de personnage principal, qui venait de rencontrer une fille du pays:

« …avoir une intellectuelle de cette envergure à ses côtés, une telle vénusté dans un pays où les têtes pensantes féminines se comptaient à peine, était une opportunité. » (pages 16-17).

Grrr! Qu’est-ce qu’il appelle « têtes pensantes qui se comptent à peine »? Les femmes de ce pays ont-elles en majorité des cerveaux vides??? Hum trop de préjugés! Monsieur Bonaventure, les femmes de ce pays ne se limitent pas aux jeunes filles de la pergola ou à celles que vous croisez dans les bars pour européens!

Ma conclusion: Malgré le p’tit bémol, j’ai beaucoup aimé l’écriture simple mais subtile des deux auteurs. Mais j’attribue un tableau d’honneur à Fatou Fanny-Cissé, pour avoir réussi à m’emporter dans son histoire. J’ai adoré détester Penda, l’héroïne sans scrupule! Même quand les scènes me semblaient prévisibles, au fil des pages, j’étais contente de ne pas me tromper sur la suite… Ah Penda!!! Comme un bon film, j’ai savouré chaque minute de cette lecture…

« Une femme, deux maris », rejoins donc les deux meilleurs romans ivoiriens (selon moi bien sûr) que j’ai lus durant ces 6 dernières années: « Même au paradis on pleure quelque fois » de Maurice Bandaman et « Et l’aube se Leva » de Fatou Kéïta.

JE RECOMMANDE DONC VIVEMENT LE DERNIER-NÉ DE FATOU FANNY-CISSE: un roman sans prise de tête, dont les enseignements vont bien au-delà de ce qui est écrit en quatrième de couverture…

A lire dans le wôrô wôrô, le bus, le gbaka, l’avion, à la plage, au champ, dans votre lit ou votre canapé, au marché, au salon de coiffure…où vous voulez!

FATOU FANNY-CISSE & GERMAIN ZAMBLE BIPrix unitaire: 3000 Fcfa.

 

Du Domaine Des Murmures

Du Domaine des murmures est un roman écrit par Carole Martinez.

J’ai eu la chance de le recevoir le 19 mai dernier, au moment du « Book Blind Date », à l’occasion de la seconde édition de la rencontre littéraire LIVRESQUE.

Du domaine des Murmures

L’histoire:

En 1187, le jour de son mariage, devant la noce scandalisée, la jeune Esclarmonde refuse de dire « oui »: elle veut faire respecter son vœu de s’offrir à Dieu, contre la décision de son père, le châtelain régnant sur le domaine des Murmures. La jeune femme est emmurée dans une cellule attenante à la chapelle du château, avec pour seule ouverture sur le monde une fenestrelle pourvue de barreaux. Mais elle ne se doute pas de ce qui es entré avec elle dans sa tombe…

Loin de gagner la solitude à laquelle elle aspirait, Esclarmonde se retrouve au carrefour des vivants et des morts. Depuis son réduit, elle soufflera sa volonté sur le fief de son père et ce souffle l’entrainera jusqu’en terre sainte.

En général, je n’aime pas me jeter sur les livres qui ont « la facilité » de recevoir des prix, raison pour laquelle j’ai pris mon temps avant de sérieusement me pencher sur ce roman. Je n’ai malheureusement pas encore terminé ma lecture, mais j’avoue avoir été emportée dès les premières lignes, par la poésie qui se dégage des mots de Carole Martinez. Du coup, je suis certaine que la suite ne me décevra pas.

Un passage qui m’a interpellée en tout début (page 20):

Mais de mon désir, nul se souciait.

Qui se serait égaré à questionner une jeune femme, fût-elle princesse, sur son vouloir?

Paroles de femme n’étaient alors que babillages. Désirs de femme, dangereux caprices à balayer d’un mot, d’un coup de verge.

 

Les temps ont-ils vraiment changés??

Autre citation prise au hasard page 166:

Alors, pour que le temps passât plus vite, j’ai joué avec ces pécheurs inconnus, j’ai trituré des âmes et, à défaut de croire en Dieu, j’ai commencé à croire en moi, en la force de ma parole dont je voyais chaque jour croître l’incroyable pouvoir et je me suis servie de ma position comme jamais je n’aurais songé à en user auparavant…

 

Du domaine des Murmures un roman que je recommande…

 

CHOISISSEZ BIEN VOS CROISADES

Hier, à la librairie, je suis tombée sur un bouquin qui, sans nul doute deviendra un compagnon indispensable.

Il s’agit de « NE VOUS NOYEZ PAS DANS UN VERRE D’EAU » de Richard Carlson. A travers cent conseils, ce livre, que je recommande vivement, nous aide à simplifier notre vie quotidienne par des attitudes simples à adopter.

Je me permets de partager avec vous le 30ème conseil:

CHOISISSEZ BIEN VOS CROISADESCent conseils pour vous simplifier la vie!

A chaque coin de rue ou presque, la vie nous offre une nouvelle occasion de choisir entre « faire tout un fromage » ou bien « laisser tomber » (parce que cela n’a aucune importance). Si vous renoncez aux croisades inutiles, vous serez beaucoup plus vaillant pour remporter celles qui comptent vraiment!

Bien sûr, à l’occasion, vous aurez envie ou besoin de tiquer, de vous récrier ou même de ruer dans les brancards pour défendre vos positions. Mais trop de gens tiquent, se récrient ou ruent dans les brancards pour des détails insignifiants!
Vaut-il vraiment la peine de transformer son existence en un champ de bataille permanent pour du menu fretin? C’est courir le risque d’accumuler les rancœurs et de perdre de vue l’essentiel.

Le plus petit contretemps prend fatalement les proportions d’une catastrophe pour peu que vous vous soyez mis en tête (consciemment ou pas) que tout devait marcher sur des roulettes et selon vos désirs. S’enfermer dans un tel schéma mental, c’est s’infliger une ordonnance pour le malheur et l’insatisfaction.

La vie est rarement telle qu’on la voudrait. Et les gens ne réagissent pas souvent comme on le souhaiterait. Il y a des tas de choses sur cette terre que nous aimons et d’autres qui nous rebutent ou nous chagrinent. Il y aura toujours des mauvais coucheurs pour vous mettre des bâtons dans les roues et des lacets qui craqueront au mauvais moment.
Si vous avez l’intention de lutter contre ce principe même de la vie, vous risquez de passer toute votre existence les armes à la main!

Mieux vaut décider tout de suite quelles batailles valent la peine d’être livrées et quels combats ne justifient pas le déclenchement des hostilités.

Si votre but dans l’existence n’est pas la perfection absolue mais une vie relativement dépourvue de stress, vous vous apercevrez que la plupart des conflits vous éloignent de votre aspiration au calme.
Est-il donc si important de prouver à votre épouse que vous avez raison et qu’elle a tort? De vous fâcher avec quelqu’un parce qu’il a commis une simple boulette? Est-ce que le choix du restaurant ou du film de ce soir vaut une dispute? Une égratignure sur votre voiture est-elle un casus belli digne d’une action en justice? Le fait que le voisin refuse obstinément de garer sa voiture ailleurs que sous vos fenêtres mérite-t-il de devenir un sujet de débat à l’heure de vos repas de famille?

Et pourtant voilà le genre de guerres que certains d’entre nous livrent à longueur d’existence!

Et vous? Comment choisissez-vous vos croisades?
Dressez-en la liste. Si elle ressemble à la mienne il y a quelques années, vous avez peut-être besoin de reclasser vos priorités…

Pour se simplifier la vie, il convient d’éviter les déclarations de guerres intempestives. Un beau jour, vous découvriez avec surprise que vous ne ressentez presque plus jamais le besoin de vous battre…

Richard Carlson

ALORS CHERS AMIS, VOUS SENTEZ-VOUS PRÊTS A RECLASSER VOS PRIORITÉS? MOI, OUI!!!