Qu’on finisse tous en chair à saucisse!!!

MARRE!!!
Ce soir c’est le seul mot que j’ai envie de crier!!!!
Marre de l’inconscience collective!
Marre de nos imprudences par orgueil!
Marre des embouteillages causés par notre stupidité!
Marre des soupirs hypocrites!
Marre des mêmes bêtises que nous répétons sans nous lasser! Encore et encore…
MARRE!!!!!

Nous sommes le mercredi 22 janvier 2014, 3ème jour de cette semaine.
Depuis lundi, j’ai eu le « privilège » de subir 1 accident de la circulation par jour, ce qui m’a valu deux fois du retard au boulot!
MARRE!!!!!

On aura beau faire des campagnes sur la sécurité routière, qu’on dirait que peu d’ivoiriens se sentent concernés…
Je revois la bonne dame d’hier me lancer un méchant « va là bas!!! » alors que sans présélection, elle décida de faire un dépassement m’obligeant à brusquement changer de voie! Hum… La routine à Abidjan!
MARRE!!!!

Excès de vitesse…MARRE!
Piétons qui passent au feu vert…MARRE!
Nids de poules et cratères…MARRE!
Poids lourds ne respectant pas leurs horaires de circulation…MARRE!
Main gauche et pouce levé pour dire pardon après une connerie qui aurait pu causer le pire… MARRE!
Ponts piétons ne servant à que dalle…MARRE!
Chauffeurs de taxi et gbaka qui utilisent leurs couilles à la place de leurs cerveaux…MARRE!
Enfants sans surveillance qui déboulent de nulle part sur la chaussée…MARRE!
Policiers de la circulation débordés par le désordre généralisé aux heures de pointes…MARRE!
Feux tricolores fonctionnant 1 fois sur 10 (je suis gentille)…MARRE! MARRE! MARRE!

La liste n’est malheureusement pas exhaustive…

Or les mêmes causes produisent les mêmes effets. Chaque jour, le danger nous guette, nous les champions en queues de poissons, nous qui voulons en permanence tester les 1000 chevaux de nos voitures… Nous qui devenons tous penauds quand le drame survient. Eh oui nous! Car bien souvent ce sont les innocents qui paient le lourd tribu de nos gaffes! Et les coupables ne sont pas toujours ceux qu’on croit!
Un piéton, par exemple, qui ne respecte pas les règles sécuritaires et qui se fait faucher par un véhicule est le seul fautif dans l’histoire, qu’il survive à l’accident ou qu’il périsse! Les pleurs des passants et de sa famille ne changeront rien à sa culpabilité!
MARRE MARRE MARRE!!!

QU’ON FINISSE TOUS EN CHAIR À SAUCISSE ET QU’ON NE S’EN OFFUSQUE PLUS!!!

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J’ai hésité avant d’inserer cette photo prise hier 21 janvier à 7h53 au niveau du quartier précaire « Boribana* », située dans la commune d’Attécoubé. Ensuite j’ai pensé aux nombreuses photos de poumons cancéreux que les ministères de la santé du monde diffusent pour sensibiliser, mais qui n’empêchent pas le tabagisme d’avoir longue vie… Même pas peur!

Boribana était tout trouvé pour ce corps inerte, recouvert de plastique noir, le cerveau en pâté sur le goudron. Sa course s’est vraiment achevée là!
À qui la faute???
Même pas envie de savoir!
MARRE je vous dis!

NB: Dans la langue Malinké, boribana veut dire « la course est terminée ».

QU’ON M’EXPLIQUE LE PANAFRICANISME

Les Afriques indépendantes sont, dans leur grande majorité, cinquantenaires. Amen amen, le temps des colonies est bien loin ! Mais pouvons-nous nous réjouir des chemins tortueux parcourus depuis les années 60 ? Des mirages de prospérité devenus naufrages purs et simples ?

Depuis plusieurs semaines, le panafricanisme est à l’honneur dans les journaux. Cela est tout à fait normal, puisque qu’il y a cinquante ans, en 1963, naissait l’OUA, organisation ayant pour objectif de promouvoir l’unité et la solidarité des États africains et d’être la voix collective du continent africain.  On aurait alors pu croire qu’elle réussirait à faire de l’Afrique, ce que feu GG Vickey qualifiait avec son peu de réalisme de « beau pays où le soleil brille tous les jours ». Mais de l’OUA  à l’UA (Union Africaine), il n’en a rien été! En fait de soleil, nous avons eu droit, en cinq décennies, à des pluies de conflits avec les régimes dictatoriaux qui vont avec…

Je suis loin d’avoir 50 ans, je ne peux donc pas me mettre dans le même état d’esprit que les précurseurs de l’idéal panafricaniste. De toute façon, je n’y arriverais pas, ma vision devenant abstraite quand l’envie me prend d’essayer…

Personnellement, je croirais au panafricanisme lorsque les africains se serreront les coudes pour une entraide à tous les niveaux. Or, pour l’heure, ils sont bien aise à s’occuper à se mettre les bâtons dans les roues dans l’unique but d’être mieux vus par l’Occident, collaborateur opportuniste, dont les guerres fratricides des peuples du sud ne font qu’amplifier son emprise sur le continent et lui apporter que des avantages.

Certains diront, à raison, que je n’y comprends rien au panafricanisme et que je devrais revoir mes propos. Mais alors, à quels exemples pourrais-je me raccrocher pour raffermir ma position ?

Quand je pense à l’Afrique, la première image qui me vient automatiquement en tête est celle de La Fontaine, de ses deux voleurs et l’âne : « Pour un âne enlevé deux voleurs se battaient : l’’un voulait le garder, l’autre le voulait vendre. Tandis que coups de poing trottaient, et que nos champions songeaient à se défendre, arrive un troisième larron qui saisit maître aliboron. ».  Notre plus grand malheur d’africains, larrons, comme braves chevaliers de la liberté et de l’identité affirmée, a toujours été de privilégier les dissensions au grand bonheur des profiteurs souffleurs du feu de la discorde.

Mais, comment, Notre Afrique à la sagesse légendaire, cette Afrique des arbres à palabres, qui se dit originellement solidaire, ne parvient-elle pas à se donner de vraies bases d’une réelle unité ? Pourquoi l’Afrique, berceau de l’humanité, s’en sort beaucoup mieux quand il s’agit de lutter pour les dernières places ?

En 1963, l’Afrique jetait les bases d’une union d’états pour constituer une force économique et politique. Cinquante ans après cette initiative, elle n’en est toujours qu’aux prémices, les pays cumulant les séminaires de réflexions sur la question et les philosophes des temps modernes, revisitant le sujet avec plus ou moins d’optimisme.

Qu’on m’explique le panafricanisme pour que je comprenne. Qu’on le vive pour que je m’en imprègne…

Rien ne sert de faire miroiter un idéal qui ne pourrait voir le jour…

Chimère : et si on lâchait ce panafricanisme fourre-tout, qui est prétexte à tout : des causes les plus raisonnables aux plus superflues ?

Dans le fond, les principes sont bons, mais encore faut-il les appliquer !

 

MÈRES SUR COMMANDE

Le 10 mai 2013, à la stupéfaction générale, nous apprenions la découverte au Nigéria, d’une maison dans laquelle 17 jeunes femmes âgées de 14 à 17 ans étaient séquestrées pour être fécondées par un même homme, leurs bébés étant destinés à la vente. Scandaleux !

Cette maison que tout le voisinage prenait pour un orphelinat, était en réalité le lieu d’une activité illicite (la gestation pour autrui n’étant pas prévue dans les textes de lois du pays) qu’on traduirait d’inhumaine, parce qu’il s’agit de violences caractérisées sur des personnes mineures. Tant pis donc pour les éventuelles clientes qui languissaient d’entrer en possession de leurs nouveaux « biens ».

Si cette histoire est choquante, nul n’ignore l’existence de la GPA (gestation pour autrui) qui est une vraie manne financière pour certaines mères porteuses de par le monde, utilisant des moyens pas toujours légaux pour prêter leurs utérus, le temps de quelques mois, à des familles dans le besoin. Dans ces relations, on remarque alors que les besoins des différents protagonistes sont très relatifs. Dans la plupart des cas, deux détresses s’affrontent : la misère financière d’une femme et la misère émotionnelle d’une autre dont le désir le plus ardent est d’être mère… Comme on dit chez nous, « Dieu ne donne pas tout ». Et si l’argent ne peut pas toujours rendre féconde une femme stérile, il peut tout de même lui permettre d’être mère autrement en achetant la vie. Parlez d’immoralité dans ces situations devient très complexe.

Prenons le cas de l’inde, où les « babies farms » sont autorisées. Pour 25000 à 30000$, et sous certaines conditions, l’on peut se faire fabriquer un bébé dans des sortes « d’hôtels », où se côtoient pauvreté et richesse. Cependant, la main tendue n’est pas forcément celle qu’on croit… On bichonne les mamans indiennes volontaires pendant neuf mois. La mère porteuse, devient une poule à l’œuf d’or vénérée, jusqu’au moment de la ponte. A partir de là, les données changent. La livraison doit se faire, sans aucun attachement avec la future « vraie famille » du « bébé qui n’est plus à elle ».

Mais dans un pays où le taux de pauvreté est très élevé, vendre une partie de soi pour aider une autre famille, semble la bonne affaire. On pourrait s’insurger contre l’exploitation du corps humain, dire que la mère porteuse devient une simple machine à faire un enfant viable… Mais que dire des 7000 à 8000$ que ces femmes reçoivent en retour et qui constituent un véritable trésor qu’elle n’aurait pas pu accumuler durant toute une vie de travail ? Cette argent qui leur permet de redémarrer dans la vie, mettre leurs « autres enfants » à l’école, acheter une maison? Doit-on juger ces femmes ?

Personnellement j’ai un avis neutre sur la question des mères sur commande. Chaque cas étant particulier… En lisant les histoires sur le sujet, la seule certitude qui me vient est que le monde est fait d’inégalités et que la loi du plus offrant est souvent la meilleure (d’où les nombreux trafics)… Au fond, que pourrait bien faire une femme stérile pauvre si ce n’est pleurer sur son sort ? Avec toute la bonne volonté du monde, les voies de l’adoption ou de la gestation par autrui lui seront toujours fermées.

Qu’on la considère comme une cause noble ou qu’on s’en insurge, la gestation pour autrui existera toujours… Mais faisons gaffe aux dérives ! Même si tout se vend et s’achète, la vie d’un enfant ne mérite pas d’être bradée ; de même que celle des femmes qui ne consentent pas à sacrifier leur corps dans ces conditions.

PLANS D’ASSAINISSEMENT

Pendant que nos forêts commencent enfin à être nettoyées de la vermine qui s’y était installée de force, deux autres dispositions méritent également notre meilleur d’attention. Il s’agit de l’adoption du projet de loi sur la cybercriminalité et la protection des données personnelles, ainsi que le projet de décret concernant l’interdiction de la production, l’importation, la commercialisation, la détention et l’utilisation des sachets plastiques.

Dans le premier cas, il est question de permettre au gouvernement d’avoir un cadre juridique précis afin de mettre les citoyens à l’abri des nouvelles formes d’infractions webosphériques.

Dans le second cas, le but serait de protéger notre environnement de tous les déchets non biodégradables, qui polluent de plus en plus nos terres en menaçant notre santé. Dans les 6 mois à venir, tout le stock actuel devra être utilisé, recyclé ou détruit. Au-delà, leur utilisation constituerait une infraction passible de sanction.

Nous ne pouvons que saluer ces deux plans d’assainissement, l’un numérique et l’autre environnemental.

Depuis plusieurs années, l’image de la Côte d’Ivoire n’est pas reluisante dans l’espace web. Il suffit de taper « cybercriminalité » sur la plupart des moteurs de recherches pour voir le nom de notre pays figurer en premières pages. Côte d’Ivoire yako ! La génération broutage n’a pas encore dit son dernier mot, mais si la répression devient effective, le pays pourra parvenir à un certain seuil de confiance. Entretemps, sur le web, avoir une adresse IP provenant de Côte d’Ivoire est un vrai casse-tête pour qui veut, ne serait-ce que consulter certains sites étrangers. On peut souvent lire un message d’avertissement à l’attention des utilisateurs contre les arnaqueurs ivoiriens. Et bien entendu, ce type de « warning » donne l’impression que tous les ivoiriens font partie du même panier d’araignées venimeuses. A force de malversations de gamins à peine pubères, pour la majorité, les ivoiriens font peur sur la toile ! Tant mieux alors si la nouvelle loi vient apporter des solutions à ce problème. Le monde numérique évoluant assez rapidement, le législateur devra constamment être sur ses gardes pour ne pas voir les petits filous passer dans les mailles du filet. Le jeu du chat et de la souris risque d’être sans répit. Mais une chose est de définir l’infraction de cybercriminalité, une autre sera d’identifier clairement les coupables et d’appliquer fermement des sanctions à leur encontre.

Assainir notre image numérique c’est bien, mais rendre notre environnement vivable c’est encore mieux ! Nos villes sont de vrais dépotoirs ! Le plus gros des déchets est constitué par les sacs en plastique jetés anarchiquement dans nos rues. La décision du gouvernement est louable, mais durant les prochains mois, il faut espérer que des campagnes de sensibilisation soient menées, pas seulement devant les caméras de télévisons, mais en faisant un vrai travail de proximité auprès des populations. Il serait aussi urgent de rééduquer la population sur les simples règles de salubrité. Les poubelles publiques méritent d’être vidées régulièrement et non uniquement servir à donner bonne conscience au Ministère de l’Environnement, de la Salubrité urbaine et du Développement durable. Qu’en est-il du tri sélectif des déchets ? Existe-t-il des usines de recyclage d’ordures? Le respect de l’environnement n’est pas seulement une affaire de sachets en plastique, non biodégradables, qui bouchent nos caniveaux et bloquent l’évacuation des eaux usées.

Quand on prend une bonne décision, il est important de l’appliquer jusqu’au bout. C’est à ce prix là que nous pourrons profiter un jour d’un environnement durablement sain. Mais nous savons tous que le meilleur plan d’assainissement qui pourrait nous être appliqué est celui de nos propres mentalités…

EN QUÊTE D’IDENTITÉ

C’est l’histoire d’une jeune fille, qui a passé plus de 20 ans de sa vie à se demander qui était sa mère, la femme qui l’avait portée pendant neuf longs mois, avec qui elle avait partagée des émotions à travers le cordon ombilical, mais qui à peine venue au monde l’avait abandonnée.

C’est la vie de cette adolescente, qui durant l’enfance, a dû se contenter de l’unique amour de sa grand-mère paternelle, qui tant bien que mal, lui a enseigné les premières règles de la communauté. Ce sont les conflits perpétuels entre un père qui n’a pas su assumer ses responsabilités et sa fille qui s’est toujours sentie rejetée et incomprise… Mais c’est surtout une histoire sur le silence. Ce vide qui enveloppe beaucoup de familles. Normal, chaque famille dans le monde a son cadavre dans le placard fermé à double tour.

C’est de toute évidence, le parcours de beaucoup d’enfants, vivant dans cette société faite de tabous, où seuls les vieux détiennent la clé des mystères, mais hésitent à entrouvrir les portes afin d’éclairer les plus jeunes. Mieux vaut en crever que de parler ! La principale devise est alors « chargés de maux, mais avares en mots ! » Pendant ce temps, à l’enfant seul de faire face à une pluralité d’obstacles et à des ambigüités qui, pour la plupart, ne seront jamais clarifiées.

C’est ce mal-être que bien des enfants de notre continent trainent sans qu’aucun divan ne puisse les recevoir pour leur permettre d’exprimer leurs angoisses et peines. Nous sommes en Afrique, l’enfant appartient à la communauté. L’absence de l’un ou l’autre des parents n’est pas une fin en soi. Les problèmes psychologiques liés au manque ne sont pas importants : ça ce sont des problèmes de blancs ! Alors chacun erre, sans repère, avec à l’esprit l’unique mission de retrouver ce père ou cette mère inconnu(e), pour simplement comprendre…

La jeune fille dont j’ai fait cas plus haut, a fini par retrouver sa mère. Entre elles, l’histoire pourrait se résumer en l’Alpha et l’Omega… Le commencement et la fin… La naissance et la mort. La mère a vu sa chair dans ses premiers moments d’existence, puis s’est éclipsée sans jamais donner signe de vie, pour ne la revoir que l’ultime instant venu, le dernier souffle retiré, l’heure de la mise en bière arrivée. Le choc est immense, mais ce qui est fait est fait !

Comment vivre avec un tel fardeau ? Que serait-il arrivé si la mère avait cherché à retrouver sa fille ? Personne ne le saura. A la mère de porter sa lourde charge, que les larmes n’allègeront pas !

La quête d’identité est un exercice très traumatisant, surtout lorsque les demandes restent lettre morte. Chercher à se construire à partir d’un vide n’est pas chose évidente. On a pour habitude, chez nous de dédramatiser les complaintes de ces enfants dont la vie est bouleversée par leurs quêtes sans fin. Beaucoup sont des fruits de la honte, de rencontres qui n’auraient pas dû avoir lieu, de tragédies familiales… Adultère, viol, inceste, simple inconscience etc… Or quand on sème, il faut bien récolter. C’est vrai que certains peuvent se consoler d’avoir eu la chance d’être accueillis dans la famille de l’un ou l’autre de leurs géniteurs. Cela leur aura au moins permis d’éviter l’atmosphère glaciale des orphelinats. N’empêche que pour se construire dans la vie, cerner ses origines est essentiel. Même quand c’est douloureux, la communication est la solution idéale pour faire tomber les illusions et reconstruire le puzzle qui donne la paix du cœur. A défaut l’âme meurt…

MARGOUILLAT

Le margouillat est un animal insectivore de la famille des agamidés, qui est très bien connu chez nous en Afrique. Au village ou en ville, il est facile de le rencontrer dans les rues, excité dans une course folle ou se prélassant sous le soleil pour profiter des doux rayons. Le margouillat est un être bizarre, qui utilise la sournoiserie comme tactique principale pour s’emparer de sa proie, pauvre insecte qui voit rarement le danger venir…

Quel lien peut-il avoir entre un margouillat et un être humain ? Le margouillat n’est pas un animal domestique mais il a su s’imposer dans l’environnement de l’homme. Dans certaines régions, sa chair comestible, est beaucoup prisée. Bien évidemment l’animal ne s’attarde pas dans ces zones où le péril est quotidien.

Mais quand on y réfléchit bien, un autre rapport, entre lui et l’homme saute aux yeux. Celui-ci est plus pécuniaire, qui nous rappelle l’existence d’un être tout aussi prédateur que son homonyme animal. Il s’agit bien sûr du margouillat, ce cher usurier que de nombreux salariés de notre pays connaissent mieux que leurs banquiers officiels. Ce margouillat, est même l’ami intime de beaucoup de fonctionnaires. Il opère tellement sournoisement, que le temps de s’en rendre compte, le pauvre salarié est acculé de dettes. Quand l’argent se fait rare, le margouillat apparaît par magie. Il prend sur lui d’aider immédiatement sa victime en lui proposant un remboursement échelonné avec un taux d’intérêt excessif qui ne semble pas être un frein à la transaction. Un peu comme le diable, il réussit toujours à souiller les consciences des pauvres gens dans la détresse financière. Normal : à l’origine, le mot margouillat provient de l’ancien français « margouiller » qui voulait dire « souiller ».

Le margouillat connait très bien les besoins de l’homme et sait jouer sur ses faiblesses. Dès qu’il acquiert la confiance et le consentement de sa victime fauchée, il lui montre son vrai visage. Il devient nerveux en fin de mois, quand le pauvre malin veut se détourner de son engagement. Il lui arrive même de confisquer la carte bancaire de la proie devenue « client », lui donnant ainsi tous les droits sur ses opérations bancaires. C’est un chef en matière de harcèlement moral, qui a ses entrées partout dans les administrations et sait donc comment mettre la pression sur n’importe quel salarié, sans être inquiéter.

Aucune loi ne règlement l’activité du margouillat, maître de lui-même… Mais d’où provient son argent ? Paie t-il des taxes à l’état ? Pourquoi lui accorde t-on autant de crédit ?

Face à la pauvreté et au surendettement, ce « prêteur d’argent, pas du tout altruiste » n’a pas trop à craindre. Il a encore de beaux jours devant lui. En effet, certains comportements, même illégaux, finissent par devenir des usages.

Au-delà de l’emprise des margouillats sur les petites finances des pauvres salariés, la question qu’on devrait se poser est de savoir pourquoi les gens n’arrivent pas à mieux gérer leurs salaires ? C’est vrai que la vie est de plus en plus chère, que les entreprises exploitent une masse énorme de sous-payés, mais est-ce cela l’unique raison ? La mise en place d’une commission de surendettement pourrait-elle être une solution pour aider les nécessiteux à sortir du cercle vicieux des magouilleurs ? Remarquons que si tel était le cas, cette commission tomberait très vite en faillite devant l’immensité de sa mission.

Pour l’heure, la guerre d’usure continue, les plus faibles ayant perdu d’avance… Tout compte fait, on a toujours les miséreux à l’usure !

Laissons donc nos margouillats bronzer tranquille !

Point Mort

Malgré le vent d’apaisement qui souffle sur notre pays, ce serait bien mentir de dire que la Côte d’Ivoire a atteint le niveau de réconciliation souhaitée. La lourde tâche confiée à la CDVR semble avoir échoué. A qui la faute ? Les experts n’en finiront pas de si tôt avec les conférences pour expliquer l’inutilité de la rancœur et de nos propos chagrins qui ne cessent de nous endurcir.

Plus nous avançons plus j’ai la certitude que la raison pour laquelle nous sommes encore au point mort, est plus simple que nous croyons : LE CAPRICE ! Oui les ivoiriens ont toutes les capacités pour recoller les morceaux, ils ont la force de se réconcilier. Mais ils s’y refusent par pur caprice ! Des bébés trop gâtés, qui pensent que tous leurs désirs doivent être des ordres, même à courir le risque du désordre ! Dans ces conditions il apparaît surréaliste d’envisager un nationalisme intelligent. Chacun campe sur une position qui paralyse toute progression positive.

Ainsi, nous continuons encore de nous diviser selon le principe du « qui n’est pas avec nous est contre nous ». En assimilant ce « nous » à notre petite personne au lieu de l’étendre au « nous » que constitue la nation, nous ramons en eaux troubles. Et nous nous en satisfaisons. Dans tous les cas, nous avons toujours préféré nous tirer par le bas, au lieu de nous entraider. Si nous ne faisons pas attention, la barque va chavirer, nous emportant tous, noyés par de stupides belligérances.

Et si nous envisagions l’exercice de la réconciliation comme un match de football ? Le Foot, seul sport qui réussit autant à déchainer toutes sortes de passions, qu’à souder les uns et les autres. S’il est possible d’avoir des discussions houleuses autour d’un match sans en venir aux mains. S’il nous est normal de chérir des équipes et d’idolâtrer des joueurs étrangers sans que cela ne soit considéré comme antipatriotique, comment réussissons-nous à autant nous haïr entre propres frères?

Le Barça, le Réal de madrid, Chelsea, le Bayern de Munich, Galatasaray etc…, ne sont pas des équipes ivoiriennes. Pourtant, ils ont plus de supporters en Côte d’Ivoire que toutes nos équipes nationales réunies… Comment est-ce possible ?

Or, la vie sur le terrain est semblable à notre vie de tous les jours. Il y a une règle du jeu à respecter, des cartons jaune et rouge distribués en cas de fautes. On y rencontre des personnages au grand fairplay, tout comme des mauvais perdants. Parfois, certains sont laissés sur le banc de touche, alors que leur jeu pourrait être meilleur que les stars adulées qui déçoivent parfois, mais qu’on pardonne ensuite.

Comment réussissons-nous à avoir une attitude si positive quand nous portons nos maillots de « footballeux » et à radicalement changer quand il s’agit de la situation de notre pays ?

Certains, observerons que le sang ne coule pas sur le terrain de foot (quoique…), que leurs enfants n’ont pas été tués pour avoir utilisé une technique de défense différente de leur adversaire… Soit ! Mais comprenons que tout est relatif dans cette vie. Les familles des milliers de personnes tuées par le Tsunami ont conscience qu’elles ne peuvent s’en prendre à la nature ; 1000 morts ou 100 otages africains n’attendrirons pas plus la communauté internationale que 10 morts ou 10 otages américains ou européens

Alors si nous-mêmes voulons continuer à nous mépriser, pourquoi pas ? Nous resterons sagement sur le banc de touche, sans jamais nous démarquer. Toute vie à de la valeur. Toute mort est un drame. Mais, il nous faut pourtant laisser les morts aux morts et avancer.

Peut-être est-ce la peur qui nous paralyse, qui nous accroche à nos incertitudes ? Mais c’est là où tous nos efforts doivent être mis à contribution. Etre au point mort n’est pas si terrible, lorsqu’on décide de prendre son courage pour enfoncer le pied sur l’embrayage et passer tout doucement la 1ère, la vitesse la plus difficile à apprivoiser. Ce cap surmonté, les 2, 3, 4 et 5ème deviennent un jeu d’enfant.

Il ne tient qu’à nous de décider de notre propre sort…

Dans la tête d’un électeur

Ce fameux weekend est arrivé ! Ce 21 avril décisif, que les gens ont chanté dans leurs campagnes jusqu’à en perdre la voix est enfin là. Vais-je voter ou pas ?

Après la catastrophe que les dernières élections présidentielles avaient entraînée, je m’étais juré de ne plus voter, pour quoi que ce soit, tant qu’une paix véritable ne serait constatée dans ce pays.

A deux jours du scrutin, je me demande si la paix est tout à fait réelle… Un certain apaisement se ressent, mais n’y a-t-il pas anguille sous roche ? J’hésite encore à donner ma voix à un quelconque candidat. Je n’ai pas de parti politique. Alors comment choisir ? Ma seule exigence est de vouloir que la commune dans laquelle je vis soit en de bonnes mains pour pouvoir enfin faire la fierté de ses habitants. Et pour cela, je rêve d’un bon gestionnaire qui serait un vrai bâtisseur. Presque ce que chacun des prétendants au trône a promis sur les grandes affiches placardées dans tous les lieux stratégiques : ETRE LA PERSONNE QU’IL FAUT !

Pourtant depuis des décennies, j’en ai vu passer des maires, dont les programmes de campagnes avaient plus de saveurs que les actes qu’ils ont posés après avoir été élus. Trop de déception.
On nous promet oh, on nous promet ! Et comme par magie, nous gobons assez facilement la « malbouffe » qu’on nous sert.

C’est tout cela qui fait que je n’ai pas envie d’aller gaspiller mon temps ce 21 avril au centre de vote. Mais chaque fois que je lis ma carte d’électeur, j’ai quelque remord. Il y est inscrit : « Voter est un droit. C’est aussi un devoir civique ». Or le devoir implique l’obligation de faire qui vient peser sur mon droit de ne pas faire. Que faire alors ?

Peu des personnes que j’ai vu battre campagne ne m’ont convaincu. Pourtant s’il s’était agi d’élire le meilleur comité de communication de chaque candidat, l’affaire aurait été plus excitante. Ah comme j’ai ri devant certaines photos où les potentiels futurs maires donnaient l’impression d’affamés prêts à tout pour se faire nourrir avec les deniers publics. Comme j’ai tiré mon chapeau aux richards qui n’ont pas lésiné sur les moyens, mais qui bien évidemment sauront ensuite comment se faire rembourser leurs notes salées de campagne. Comme je continue encore de nager dans le flou artistique à ne toujours pas savoir qui voter ! L’habit ne fait pas le moine, mais parfois aussi le moine non plus ne mérite pas son habit ! Comment distinguer le faux du vrai dans tout ça ? Peut-on lire, sur un visage ou en quelques lignes de programmes, qu’un candidat pourra être un élu de confiance ?

Je ne fais confiance à personne, mais j’ai cette obligation civique qui me harcèle. Or le temps presse ! Il faut me décider !

En tant que citoyen, j’aimerais sincèrement contribuer à l’émergence de mon pays. Devrais-je donc me fier aux différents parrainages qui s’accentuent au fil des jours ? Certains candidats ont, semble t-il, déjà été adoubés, leurs concurrents ne faisant donc que figuration. Dans ce cas, est-ce la peine d’aller choisir quelqu’un qui est « élu d’avance » ? Il y a beaucoup de « candidats de… ». De qui ? Chacun selon sa position le sait. Franchement je plains les nombreux candidats indépendants qui n’ont personne derrière eux. Mais avoir de la compassion pour eux ne veut nullement dire que je les soutiens !

Retour donc à la case départ : au nom de Dieu je ne sais toujours pas qui choisir ! Mais je tiens à respecter la loi. Alors j’irai aux urnes…mais je voterai peut-être « blanc ». Choisir de ne pas choisir, c’est aussi choisir.

Bon weekend électoral!

HANDICAPÉS

Deux des trois façons dont le dictionnaire définit le « handicap » sont les suivantes : 1 : infirmité ou déficience, congénitale ou acquise, des capacités physiques ou mentales. 2. Désavantage qui met en état d‘infériorité.

Le Larousse nous précise que le handicap peut être sensoriel (visuel, auditif), physique (neurologique, musculaire, etc.), ou encore mental (déficience intellectuelle, trouble psychiatrique). Les causes, très variées, en sont surtout les traumatismes, les malformations, les anomalies génétiques, les infections, les maladies cardio-vasculaires, respiratoires ou rhumatismales.

En côte d’ivoire, le handicap n’est pas la cause pour laquelle nous nous battons le plus. A vrai dire, si même en France, la « loi pour l’égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées » n’a été promulguée qu’en 2005, il est évident que le chemin sera un peu plus long pour nous.

Pourtant quelle peine qu’être handicapé physique ou mental dans notre pays ! En plus d’être rejetée par son entourage, la personne handicapée se sent abandonnée par la société toute entière. De la simple incapacité, à la totale invalidité, aucune réforme n’est vraiment prévue pour améliorer la condition de vie des handicapés. Or, comment s’intégrer dans une société qui préfère ignorer l’existence d’une partie de sa population ?

L’un des problèmes auquel doivent aussi faire face, les handicapés, est celui de l’accessibilité. Se déplacer dans les lieux publics est un parcours du combattant, bien souvent une bataille perdue d’avance. Les gestes spontanés de la vie quotidienne s’apparentent à des tortures physiques et psychologiques. Comment emprunter un bus ou un taxi, lorsqu’on se déplace en fauteuil roulant ? L’autonomie de la personne souffrant d’un lourd handicap ne peut même pas être envisagée.  En lieu et place de la compassion, les personnes handicapées ont souvent droit au mépris.  Or, elles souffrent énormément. Ne parlons même pas de leur droit au travail, lorsqu’on sait que la discrimination, selon les critères physiques, fait officieusement rage dans les milieux professionnels.

Les handicapés ont autant de droit que tout citoyen normal, la normalité étant elle-même relative… Pourquoi donc, ne pas envisager une loi qui permettrait de réellement les intégrer dans la société ?

Tout le monde doit se sentir concerné par leur cause. Le handicap n’est pas une fin en soi. Mais les mesures doivent être mises en place pour contribuer à un minimum de bien-être pour eux.

L’heure des campagnes municipales a sonné ! Les candidats rivalisent de publicités, dépourvus parfois de messages clairs, pour convaincre les citoyens à voter pour eux. Pour l’instant, je n’ai vu, ni lu nulle part de programme prévoyant l’insertion des handicapés ou l’aménagement  de certains emplacements publics pour faciliter leurs déplacements dans la commune.

A nos chers futurs élus municipaux : il n’y a pas que des personnes valides qui votent. En attendant qu’une loi vienne conférer aux handicapés des droits véritables ainsi qu’une réelle protection sociale, essayez d’être des références au plan local, en menant des actions dans ce sens. Il est encore temps d’associer à vos campagnes, cette partie de la population que vous avez tous oubliée dans vos différents programmes.

Votons pour la cause des handicapés !

 

IL FAUT RESSUSCITER LE THÉÂTRE IVOIRIEN

Dans les années 80-90, le théâtre avait le vent en poupe en Côte d’Ivoire. La comédie jouée par les professionnelles, faisait le bonheur de la population. Les diffusions sur la chaine de télévision nationale tous les jeudis soir de pièces de théâtre, françaises et ivoiriennes, avaient une grande audience ! Le jeu des Thérèse Taba, Adjé Daniel etc…, ne laissait personne indifférent. Tout ce naturel pour nous faire vivre des histoires passionnantes (parfois tristes, souvent heureuses), faisait présager de longs siècles de bonheur à ce théâtre ivoirien qui n’avait rien à envier à celui des occidentaux. Les doyens ont fait des émules. Beaucoup d’entre nous rêvaient de brûler les planches pour faire comme les anciens, qui ne cherchaient pas la gloire, leur but principal étant de transmettre des émotions fortes aux spectateurs.
Les acteurs vivaient d’art et d’eau fraîche.

A cette période, nul ne pouvait se douter que tout stagnerait un jour. Le théâtre brillait de mille feux ! Diallo Ticouaï Vincent, Souleymane Koli, Sidiki Bakaba, des noms de référence ! Les foules se ruaient dans les salles de cinéma pour voir Zoumana, Marie Louise Asseu et tous leurs autres compères… Ah que le théâtre était chic ! Il y en avait pour tous les goûts et tous les genres.

Puis vint l’heure de traverser le désert. Personne ne comprit comment cette sécheresse artistique arriva. L’humour de comptoir saisit la place vacante et s’imposa dans les cœurs des ivoiriens, plus facile, et surtout plus commercial. Désormais, faire du théâtre est devenu « vouloir faire rire à tout prix ». La Côte d’Ivoire a commencé à regorger d’humoristes de tous degrés et toutes qualités. Il faut dire que les ingrédients étaient réunis pour accueillir à bras ouvert le « nouveau théâtre » : la crise ! Pour égailler les cœurs, quoi de plus approprié que d’écouter des sketchs sans prises de tête, parfois sans têtes ni queues, qui font rire à la seconde et qu’on oublie à la minute. De l’humour jetable, à consommer sans modération. Il y en a profusion !

Quelle a été le rôle du ministère de la culture dans la décadence du théâtre ivoirien ? L’on ne saurait le dire. Mais le constat est que la plupart des acteurs adulés par le passé, ne sont que des loques ambulantes qui tentent de conserver leur dignité et luttent de leur dernier souffle pour redorer leur blason. Pas facile, quand la société actuelle est peu réceptive… On coupe et on décale devant ce théâtre qui se voudrait d’élite, un peu trop recherché à notre goût.

La vérité est là : le théâtre ivoirien, le vrai est mort. Il attend sa résurrection qui, malheureusement, se fait trop attendre.

Combien d’abidjanais savent que depuis le 27 mars 2013, la journée mondiale du théâtre, est célébrée et ce, jusqu’au 06 avril 2013 à l’hôtel de la culture de Cocody? En effet, à l’initiative de M. Diallo Ticouaï Vincent, plusieurs représentations ont été proposées. Même si le public n’était pas nombreux au rendez-vous, « La Tour de contrôle » et « Profession ménagère » ont été magnifiquement interprétés par les piliers du théâtre ivoirien les 03 et 04 avril.

Ce soir à 19h30, « L’impossible voisinage » sera au menu. Que ceux qui ont à cœur de sauver ce qu’il nous reste du théâtre, se rendent à l’hôtel de la culture pour contribuer à leur manière au miracle. Aucun risque d’être déçu.
Cette messe du théâtre s’achèvera par une grande nuit de distinction des comédiens et compagnies d’Art dramatique le samedi 06 avril 2013 à 19h.

Il faut ressusciter le théâtre ivoirien.
Aidons les acteurs à y croire !

(Paru dans l’Intelligent d’Abidjan du 05/04/13)

Adrienne Koutouan, Marie Louise Asseu, Gueï Thérèse, Maï la bombe, Wabehi

Adrienne Koutouan, Marie Louise Asseu, Gueï Thérèse, Maï la bombe, Wabehi