Comme le caca de chat…

Pour désigner une personne près de ses sous, les ivoiriens aiment utiliser l’expression suivante:

Son argent est comme caca de chat!!


Si par le passé, la comparaison se faisait à raison, plus on évolue dans le temps, plus elle s’avère erronée!

Avant avant (répétition bien ivoirienne pour donner plus de portée au mot), il est vrai que c’était presqu’impossible de tomber sur des excréments de chats… Les chiens et autres moutons et boeufs de passage étaient chargés de la sale besogne de déposer leurs commissions où l’envie les prenait.

Malgré le fait que dans 99% des maisons, il n’existait pas de litières leur étant destinés, nos chats très soucieux de leur hygiène et de l’environnement, filaient en douce pour se creuser un trou dans la terre, où ils postaient leurs courriers puis refermaient, ni vu ni connu…
En plus, ça faisait de l’engrais naturel pour le sol…

Puis, l’urbanisation est arrivée à grands coups de machines, abattant les arbres et construisant partout où il y avait le moindre espace vert…
Il devenait de plus en plus dur pour nos chats de trouver des terrains nus d’habitations pour se soulager… Désemparés, à  bout de souffle, à force de courir toujours plus loin pour trouver une solution, il décidèrent de jeter l’éponge et de faire comme leurs autres copains mal domestiqués: ils ravaleraient leur pudeur et feraient caca aux yeux de tous!!! Tant pis pour les odeurs! Dommage pour l’engrais perdu…

Depuis ce temps, il est devenu courant de faire des dialogues directs avec les crottes de chats.
Désormais, la tâche incombe aux chers humains de nettoyer et jeter à la poubelle ces dépôts variés.

Dire maintenant de quelqu’un qui est avare que son argent est comme le caca de chat n’a donc pas de sens…A moins qu’il soit simplement économe, en dépensant ce qui est nécessaire et en épargnant le reste.

Parce que nos chats ont toujours fait de leur mieux pour nous épargner certaines contraintes hygiéniques,
Parce qu’il faudrait s’alarmer que, par notre faute, leur comportement naturel s’est adapté à notre mépris de l’environnement,
Parce que si nous ne faisons pas plus attention à notre petite planète, un jour c’est elle qui nous fera son gros caca nerveux,
Mieux vaudrait pour nous que nous préservions notre Terre en « singant » un peu les chats (eh oui je parle macaque parce que nous sommes en plein boom de la banane)!!!

Ma petite histoire scatologique est un prétexte pour inviter chacun de nous à s’approprier certains gestes écologiques.
A force d’encombrer la terre de constructions, de la napper de goudron et de béton, ne soyons pas étonnés qu’un jour elle nous engloutisse tous en une bouchée!
Peut-être ferions-nous meilleur engrais pour les futures espèces…un peu comme le caca de chat!

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Les temps changent, les amours aussi…

Nos parents aiment à raconter, avec les yeux qui brillent, qu’à leur temps, déclarer sa flamme à un jeune-homme ou une jeune fille, était un délicieux parcours du combattant.
C’était l’époque où les moyens de télécommunication n’avaient pas encore interféré dans les relations humaines…où posséder un téléphone fixe était un luxe pour les familles.
On s’attirait par les sourires et les regards timides, on se jaugeait discrètement lors des boums, on passait par de multiples intermédiaires pour accéder à l’être aimé…
Draguer au temps de nos parents était un jeu de patience… Un mouchoir brodé en cadeau apportait la plénitude au coeur de celui qui le recevait et un petit mot en retour pouvait faire attendre sa belle, pendant des semaines voire des mois, sans crainte d’un quelconque orage dans leur ciel…

Et puis nous sommes arrivés…. Les ordinaires téléphones fixes plantés dans les salons familiaux ne nous servaient pas à grand chose. L’exercice était trop ardu de se compter fleurette devant une assemblée de parents assis sereinement devant la télé.
Quand par malheur, un téméraire osait faire crépiter le téléphone chez une fille, en général, il pouvait s’attendre à 2 types de conversations:

Conversation 1 :
– Allô. Bonjour monsieur (ou madame) pourrais-je parler à Famchocolat?
– Vous êtes qui pour elle?
– Un camarade de classe….
– Elle est trop jeune, allez étudier au lieu de chercher les petites filles!! Tchrrroouu! (Fin du dialogue!)

Conversation 2 :
– Allô. Bonjour monsieur (ou madame) pourrais-je parler à Famchocolat?
– Vous êtes qui pour elle?
– Un camarade de classe….
(Famchocolat vient prendre le combiné):
S’ensuit une serie de: – Oui-Oui Non-Non Hum-Hum… Bref, trop drap (gênant) de parler devant les parents…

Ma génération à moi a zappé les mouchoirs brodés de leurs vieux, tout en gardant les intermédiaires et les petits mots… On s’écrivait en attendant fébrilement le verdict: râteau ou pelle????
Ainsi passa ma petite jeunesse…

Depuis mon temps, la génération pressée-pressée a pris la place, aidée dans sa croissance par les dites Nouvelles Technologies de L’information et  de la Communication.
Désormais, on se choisit sur catalogue, sur les sites de rencontres, sur les réseaux sociaux. On communique par téléphone portable, sms, webcam…. On rompt de la même manière.
On vit des amours kleenex: en couple le lundi, en situation compliquée le jeudi et célibataire le dimanche…juste le temps de refaire le schéma avec un autre compagnon de route la semaine d’après….

Quand j’observe les amours d’aujourd’hui, je me dis que nos parents ont eu vraiment de la chance…et je deviens nostalgique du temps où mon coeur était suspendu aux lettres parfumées des jeunes amoureux; poètes maladroits…

Les temps changent, les amours aussi…
Aux suivants!

Quand les voies de l’amour sont parsemées d’embûches

Le 14 février, le monde entier célébrait l’Amour…

Si ce jour a permis à certains de partager des instants de bonheur qui resteront à jamais gravés dans leurs esprits, la très chère « Saint Valentin » a aussi été pour d’autres, cœurs malheureux pour diverses raisons, un supplice à vivre, un fardeau à supporter, une flèche empoisonnée transperçant leurs âmes!

J’aurais voulu rendre un hommage particulier ce jour là, à un couple que je connais très bien. J’avais les mots, j’avais l’entrain, pourtant j’ai hésité, puis fini par m’abstenir d’écrire quoi que ce soit.

Aujourd’hui que l’euphorie des amoureux de la planète est un peu retombée et que chacun se retrouve face à sa « vraie réalité », j’aimerais parler de ces 2 là, qui n’ont certes pas pu être ensemble pour la St Val, mais dont l’amour transcende le formatage commercial.

Il s’agit de mes amis Sergine et Zéphirin. Mari et femme luttant depuis quatre ans pour qu’enfin leur amour soit reconnu par les autorités canadiennes.

Le collège nous a mis sur le même chemin en 1989 pour Sergine et 1992 pour Zeph. Depuis le temps, notre amitié demeure. Elle est ma sœur, lui mon frère. J’ai été le témoin de leurs premiers émois lorsque nous étions sur les bancs de l’école. J’ai aussi fini par être le témoin privilégié de leur union, des années après que la vie les ayant séparés, décida de les réunir à nouveau pour le meilleur et le pire.

Avec Sergine et Zeph, j’ai eu l’illustration parfaite de l’adage ivoirien qui dit que:

Quand quelque chose est pour toi, tu montes, tu descends, ça sera à toi!

Il n’y a pas à dire: ces deux là sont vraiment fait l’un pour l’autre! 25 ans que nous nous connaissons, 25 ans que j’ai suivi la vie de l’un et l’autre, leurs passions, leurs ruptures, leurs nouvelles vies à parcourir de nouveaux horizons, leurs réconciliations… 25 ans de rires et de larmes… 25 ans de je t’aime oui, je t’aime mais… 25 ans de fraternité réelle…

Mais voilà que les voies de leur amour sont parsemées d’embûches qu’ils essaient bravement de surmonter malgré leur épuisement physique, psychologique et financier. Car oui, l’amour peut coûter cher lorsque des milliers de kilomètres séparent les cœurs qui s’aiment; lorsqu’il faut batailler dur pour justifier qu’on est réellement amoureux; lorsqu’il faut se résoudre à dépenser des sommes colossales en billets d’avions pour profiter quelques semaines de la chaleur de l’être aimé.

L’amour est sacrifice, et croyez-moi ces deux là en font… dans l’espoir qu’un jour enfin, tous leurs obstacles soient enfermés à jamais dans une boîte à mauvais souvenirs qui sera jetée à travers le hublot de l’avion qui conduira l’époux vers sa douce moitié.

A Sergine et Zeph dont l’amour résiste aux intempéries,

A tous les amoureux sincères qui supportent la distance,

A tous ceux qui se battent pour le regroupement de leurs familles,

A ceux que dans leurs mariages il n’y a de blanc que la pureté de leurs sentiments,

Je souhaite beaucoup de persévérance et que Dieu défasse les nœuds visibles et invisibles dans votre relation, au nom du vrai Amour!

Un jour ça va aller…

La joie de la Sergine lors de son mariage traditionnel en janvier 2010.

La joie de Sergine lors de son mariage traditionnel en janvier 2010.

 

Qu’on finisse tous en chair à saucisse!!!

MARRE!!!
Ce soir c’est le seul mot que j’ai envie de crier!!!!
Marre de l’inconscience collective!
Marre de nos imprudences par orgueil!
Marre des embouteillages causés par notre stupidité!
Marre des soupirs hypocrites!
Marre des mêmes bêtises que nous répétons sans nous lasser! Encore et encore…
MARRE!!!!!

Nous sommes le mercredi 22 janvier 2014, 3ème jour de cette semaine.
Depuis lundi, j’ai eu le « privilège » de subir 1 accident de la circulation par jour, ce qui m’a valu deux fois du retard au boulot!
MARRE!!!!!

On aura beau faire des campagnes sur la sécurité routière, qu’on dirait que peu d’ivoiriens se sentent concernés…
Je revois la bonne dame d’hier me lancer un méchant « va là bas!!! » alors que sans présélection, elle décida de faire un dépassement m’obligeant à brusquement changer de voie! Hum… La routine à Abidjan!
MARRE!!!!

Excès de vitesse…MARRE!
Piétons qui passent au feu vert…MARRE!
Nids de poules et cratères…MARRE!
Poids lourds ne respectant pas leurs horaires de circulation…MARRE!
Main gauche et pouce levé pour dire pardon après une connerie qui aurait pu causer le pire… MARRE!
Ponts piétons ne servant à que dalle…MARRE!
Chauffeurs de taxi et gbaka qui utilisent leurs couilles à la place de leurs cerveaux…MARRE!
Enfants sans surveillance qui déboulent de nulle part sur la chaussée…MARRE!
Policiers de la circulation débordés par le désordre généralisé aux heures de pointes…MARRE!
Feux tricolores fonctionnant 1 fois sur 10 (je suis gentille)…MARRE! MARRE! MARRE!

La liste n’est malheureusement pas exhaustive…

Or les mêmes causes produisent les mêmes effets. Chaque jour, le danger nous guette, nous les champions en queues de poissons, nous qui voulons en permanence tester les 1000 chevaux de nos voitures… Nous qui devenons tous penauds quand le drame survient. Eh oui nous! Car bien souvent ce sont les innocents qui paient le lourd tribu de nos gaffes! Et les coupables ne sont pas toujours ceux qu’on croit!
Un piéton, par exemple, qui ne respecte pas les règles sécuritaires et qui se fait faucher par un véhicule est le seul fautif dans l’histoire, qu’il survive à l’accident ou qu’il périsse! Les pleurs des passants et de sa famille ne changeront rien à sa culpabilité!
MARRE MARRE MARRE!!!

QU’ON FINISSE TOUS EN CHAIR À SAUCISSE ET QU’ON NE S’EN OFFUSQUE PLUS!!!

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J’ai hésité avant d’inserer cette photo prise hier 21 janvier à 7h53 au niveau du quartier précaire « Boribana* », située dans la commune d’Attécoubé. Ensuite j’ai pensé aux nombreuses photos de poumons cancéreux que les ministères de la santé du monde diffusent pour sensibiliser, mais qui n’empêchent pas le tabagisme d’avoir longue vie… Même pas peur!

Boribana était tout trouvé pour ce corps inerte, recouvert de plastique noir, le cerveau en pâté sur le goudron. Sa course s’est vraiment achevée là!
À qui la faute???
Même pas envie de savoir!
MARRE je vous dis!

NB: Dans la langue Malinké, boribana veut dire « la course est terminée ».

Nous sommes tous coupables!

Lorsqu’en Côte d’Ivoire, j’entends parler de graves accidents de la route, d’incendies causés par des courts-circuits, d’immeubles qui s’effondrent ou d’autres drames, je ne peux m’empêcher de pousser un grand soupir en me disant: les gens vont pleurer, gueuler, accuser, discourir, réagir violemment les uns contre les autres, alors qu’en vérité nous sommes tous coupables!!! Et moi ça commence à sérieusement m’énerver!!!

Qui respecte quoi dans ce pays???

  • Le code de la route s’apparente à la loi du plus fort. N’est prioritaire que celui qui veut et peut passer. Les feux tricolores, quand ils marchent ne servent souvent à rien! Pourtant quand l’accident survient, tout le monde bêtement s’étonne.
  • Et ces branchements anarchiques de fils électriques!? On parle fièrement de compteurs gbassés, de CIE (Compagnie Ivoirienne d’Electricité) qu’il faut gruger parce que les factures qu’elle délivre sont trop excessives… On est trop pauvre, la vie est chère, on veut économiser, on prend donc le risque de flamber à n’importe quel moment au lieu de privilégier notre sécurité.
  • Le prix du gaz augmente. On choisit donc de faire remplir illégalement les bouteilles vides dans des endroits douteux avec une substance dont on ignore la provenance… Mais quand ça fait boum et que tout pète, on maudit les sorciers du village qui nous guette depuis notre enfance.
  • On construit des habitations partout:
  1. Sur les caniveaux qui ne permettent plus d’évacuer convenablement les eaux usées, créant ainsi des fuites incommodantes dans bons nombres de quartiers.
  2. Sur des terrains non viabilisés, avec des matériaux non conformes…
  3. Avec des autorisations obtenues à partir de documents falsifiés ou avec la complicité d’agents véreux.
  • Matin, midi et soir, on insulte les chauffeurs de wôrôs wôrôs et de gbakas. On s’offusque de leur impolitesse, de leur excès de vitesse! Pourtant à la vie à la mort (surtout) on est ensemble dans un collé-serré digne d’un chewing-gum Tarzan dans les cheveux d’un enfant. L’état lamentable de ces véhicules ne semble même plus déranger. Nos vies en danger??? Noooon Dieu nous protège!!! Et notre bêtise, Dieu la protège t-elle autant?

Je pourrais citer beaucoup d’autres exemples, mais je préfère m’arrêter là… Au fond j’écris aussi mais ça n’ira nulle part, donc je m’octroie le droit d’abréger!

Il apparaît qu’autant nous sommes impuissants face à certaines situations (à cause du « système » gangréné depuis des lustres), autant nous ne sommes pas totalement innocents lorsque le pire arrive… Nos différentes administrations nationales ont leurs responsabilités à prendre, mais nous aussi avons l’obligation d’agir correctement pour éviter les continuels désastres.

A nos dirigeants: nous ne doutons pas de la beauté lexicale de vos discours, ni de la sincérité de vos mesures d’urgence, mais des dispositions et actions DURABLES pour le bien-être des populations nous feraient beaucoup plus de bien.

A nous autres communs des ivoiriens: et si on cessait de faire de l’imprudence et de la négligence notre mode de vie? Arrêtons de pisser sur les murs dans le désordre… Notre vie en dépend!

Bonne Fin d’Année Assaisonnée!!!

Il était une fois une histoire étrangement semblable à celle de l’énigme de la poule et de l’oeuf…

C’est l’histoire des ivoiriens et des cubes d’assaisonnement….

Le rapport, me demanderiez-vous?? Je répondrais simplement qu’il se trouve dans le questionnement!

Philosophie culinaire? Non. Nécessité de faire mijoter nos cerveaux à feu doux…

Voilà. Quel ivoirien n’a jamais entendu dire que les cubes d’assaisonnement étaient néfastes pour la santé?
Qui n’a jamais, au moins une fois, été abasourdi d’entendre « de source sûre » que les employés des différents fabricants de ces cubes ne les consommaient eux-mêmes pas??

Beaucoup d’ivoiriens sont unanimes sur le fait que trop de cubes Maggi (ou Jumbo etc…) peut occasionner des problèmes de tension artérielle ou des insuffisances rénales…

Je me suis souvent demandé: « Qui a été le premier à réduire un cube Maggi en poudre, pour le répandre sur son plat d’attiéké et réaliser que c’était doux???? »

La question peut faire sourire. Pourtant en y trouvant réponse, nous saurions qui a été le 1er coupable de cette mauvaise utilisation des cubes d’assaisonnement…

Chers ivoiriens, têtus et indisciplinés de naissance, Nestlé et les autres fabricants ne perdront jamais un procès si un jour vous vous retournez contre eux en invoquant les effets néfastes de leurs cubes sur votre santé!
Encore vous aurait-il fallut utiliser ces produits comme il était recommandé. Or il n’y a qu’à lire sur chaque cube pour savoir que ceux-ci sont à ajouter pendant la cuisson (« Add to cooking »)… Un peu comme un médicament effervescent qu’il serait déconseillé d’avaler d’une traite avec un verre d’eau!

CONCLUSION: comme chacun fait ce qu’il veut, que ceux qui aiment assaisonner leurs garbas et autres plats d’attiéké (semoule de manioc) avec les cubes d’assaisonnement continuent de le faire…mais en cas de gbangban (problème) inutile de faire du bruit dans le pays! Vous l’aurez bien cherché…

BONNE FIN D’ANNÉE À TOUS!

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Côte d’Ivoire & Environnement: On est où là??

Hier 8 novembre 2013, j’ai vu un reportage au journal télévisé de 23h de la RTI 1, qui m’a laissée dubitative sur notre conception de l’environnement…

Dans le cadre d’une campagne intitulée « chasse aux produits alimentaires prohibés », menée dans la commune de Cocody, les reporters de la RTI 1 ont suivi une équipe chargée du respect de l’environnement.

C’est très fièrement que le responsable « environnemental » a expliqué que ses équipes sillonnent maquis, bars etc… chaque mois pour saisir les boissons et autres produits périmés destinés à la vente malgré leur DLC (date limite de consommation).

Très bien me suis-je dit… Mais j’ai vite déchanté!

Sous les caméras de notre très professionnelle chaine de télé nationale, il a été procédé à la destruction; par le feu et en plein air, de ces produits de consommation périmés. J’ai vu des bouteilles en plastique de 50 cl remplies de soda, sur lesquelles nos heureux « environnementeuRs » déposaient des morceaux de cartons pour faciliter le flambage final! A moins d’être bigleuse, à aucun moment je n’ai vu de personnes portant des masques de protection… En même temps, cela paraît tout à fait normal, lorsque visiblement, les mesures minimales liées au respect de l’environnement, ne sont même pas respectées!!!!

L’ENVIRONNEMENT, ces « environnementeuRs » savent-ils ce que c’est??

Le voisinnage contraint de respirer ces odeurs toxiques dégagées par des produits enflammés comme un simple barbecue??

Cette pauvre terre qui aura du mal à se renouveler après toute la merde qu’elle a ingurgité???

Comment se fait-il que ces fiers « environnementeuRs », n’ont pas eu à l’idée que brûler ces produits dans pareilles conditions, ne fait que contribuer à la pollution de notre « fameux » environnement????

Ne possèdent-ils pas d’incinérateurs destinés à cet acte délicat???

N’existe t-il pas de LOI interdisant la destruction de ces produits dans ces conditions?? J’ai pourtant appris que SI, et ce, depuis le scandale des déchets toxiques! Mais comme les ivoiriens ne respectent rien, pas étonnant qu’on fasse n’importe quoi sans que ça n’aille quelque part! L’insalubrité générale en est un bon exemple!

Et pourquoi donc, ces « environnementeuRs » ne se sont pas dit qu’il suffisait de vider les récipients de leurs contenus et utiliser ces emballages pour du recyclage?????

Le tri sélectif, savent-ils ce que ça veut dire??? Le papier à part, le plastique autre part, l’aluminium d’un autre côté, le verre ailleurs etc…???

Franchement les gens font exprès ou y a t-il simplement, dans notre pays, trop de personnes qui ont fait de la connerie un art majeur??

Et ces journalistes tous fiers de diffuser leur reportage, sans même se douter qu’ils ont cautionné une atteinte à l’environnement…

Côte d’Ivoire & Environnement: On est où là??

Ci-après le flash info de 10h ce jour. A partir de la 2″50 une partie du reportage (choquant!)… Notre chaîne nationale étant réputée pour ses rediffusions, à mon avis, vous n’aurez aucun mal à le voir (ou revoir), en intégralité, dans les JT de ce weekend… (A moins que ça ne finisse par faire tilt dans leur esprit…)

Et puis merde! Qu’on détruise tout dans notre inconscience et qu’on crève!

 

La boule à zéro, la connaissance à flot?

Ce matin, en regardant le journal télévisé de 6h, sur une de nos chaînes nationales, je suis restée coi devant un reportage.
Le sujet portait sur une mesure prise dans un lycée de la commune de Koumassi, selon laquelle toutes les filles des classes de 6ème à la terminale doivent désormais avoir la tête rasée durant l’année scolaire.

La raison: la boule à zéro leur permettrait d’être plus concentrées en classe… Soit!

J’ai effectué une partie de mon cursus scolaire dans un lycée de bonnes soeurs où les « petites » (de la 6ème à la 3ème) devaient avoir le crâne rasé. Les « grandes » (de la 2nde à la Tle) par contre avaient le droit de garder le cheveu long. Toutefois, il nous était strictement interdit de faire des tissages ou autres coiffures extravagantes. La simplicité était de rigueur et tout le monde (à part quelques récalcitrantes) était content.
Les congés scolaires devenaient les périodes idéales pour les déviations capillaires, mais quand la rentrée arrivait, nous nous soumettions toutes aux règles du lycée…
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Pour en revenir au reportage, ce que je déplore, c’est que dans notre pays les gens ont une fâcheuse tendance à prendre les problèmes de travers et du coup à en trouver solutions de la même manière.

Je revois l’éducateur de ce lycée de Koumassi dire en gros:  » ces filles là chaque semaine, quand elles changent de coiffures ça coûte 1500 F à 5000 F. Où elles trouvent l’argent pour faire ça?? »
Dans mes souvenirs, c’étaient mes parents qui depensaient pour la coiffure qui tenait au moins 2 semaines sur ma tête.
La boule à zéro, un nouveau moyen pour faire épargner les parents?
Je ne pense pas que ce soit cela que l’éducateur voulait insinuer. Son « où elles trouvent l’argent pour ça », laissait clairement entendre que les mistinguettes devaient sûrement recourir à des pratiques pas toujours catholiques, pour avoir leur argent de poche…
Les jeunes filles sont de plus en plus accusées de bien vilaines choses, et par dessus tout, d’amour du gain facile qui accélère le taux de prostitution en milieu scolaire.

En recevant le châtiment du « coco taillé », les désormais laiderons, devraient donc être excellentes en classe, sans avoir à aguicher leurs profs avec leurs coiffures affriolantes et négocier les notes en terrain privé…

Qui des profs qui abusent (ou usent) de ces filles et de ces élèves sont à blâmer??
Jamais entendu parlé de véritables sanctions à l’encontre de ces hommes qui profitent de leur statut pour faire des propositions indécentes à leurs élèves ou succomber à la tentation de leurs chairs fraîches.

C’est toujours la faute aux filles… Or le problème est ailleurs. Pour assainir le milieu scolaire, il faudrait raser plus profond, au delà de quelques poils sur la tête.

Tout en étant contre les coiffures bizarres pour aller à l’école (ouh là qu’est-ce qu’on peut voir dans nos rues!), je suis CONTRE l’obligation de raser le crâne, à quelque niveau scolaire que ce soit. Une boule à zéro ne changera jamais une dévergondée en sainte. D’ailleurs, qui a dit qu’on ne peut pas être ultra sexy sans cheveux?

Et si, au lieu d’interdire les cheveux longs, ces écoles en profitaient pour apprendre aux jeunes filles à être fières de leur identité africaine, en leur imposant des nattes simples, sans rajouts de mèches?
Jusqu’à preuve du contraire, la natte est encore à 25 FCFA. Donc, pour seulement 500 FCFA une jeune fille peut avoir la tête pleine et naturelle.
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En fin de reportage, le journaliste a conclu par: « L’école, c’est le lieu où se construit le citoyen, le professionnel, le spécialiste de demain. »

Moi je crains fort pour ces futurs citoyens, professionnels et spécialistes…quand ceux d’aujourd’hui ont du mal à leur inculquer les vraies valeurs de la meilleure manière qui soit.

Pour l’instant, on nous promet que la boule à zéro est gage de connaissance à flot.

Si ces filles avaient été les descendantes du malheureux Samson, c’est sûr que d’intelligence et de pouvoir d’apprendre elles seraient désormais toutes dépourvues, le temps que leurs tignasses repoussent pendant les vacances…

Cette Afrique qui me révulse…

Il a quelques années, entre 2004 et 2006, j’avais été outrée de voir un certain général ivoirien exhiber devant des caméras de journalistes français, ce qui selon lui sûrement, représentait de vrais signes extérieurs de réussite…
Une certaine révolte montait en moi au fur et à mesure que le documentaire défilait sous mes yeux… Pauvre Afrique, m’étais-je dit, voilà à quoi tu es réduite…

Les années ont passé, et le général a fini par déchanté… Soupir… Étions-nous obligés d’en arriver là pour comprendre???

Comprendre…. Avons-nous bien compris? Je me pose des questions… Plus nous avançons, plus les incertitudes s’élargissent…

Comprendre… Notre passé, si présent, est-il aussi difficile à cerner?
Et pourtant…les mêmes recettes ont beaucoup de chances de faire les mêmes plats.
Il y a cependant des exceptions: parfois, le cuisinier amateur arrive à surpasser le chef et avoir meilleur étoile que lui. Il y a des cas aussi où le manque de finesse, réduit tout à néant… Un soufflé raté, et un de plus! Le sacrilège!

Où en sommes-nous? Je ne sais pas. Du moins pour une fois, je veux faire semblant de ne pas savoir… Soupir…. Cette Afrique me révulse….

Il n’y a pas longtemps, j’ai vu un reportage, sur un autre général (façon de parler…).
J’en ai eu la gerbe! J’ai secoué la tête en me disant une fois encore: cette Afrique me révulse…

Qu’est-ce nous n’arrivons pas à comprendre???

Deux détails m’ont sacrément offusquée dans ce documentaire:

– Notre propension d’africains à critiquer les voisins, mais à être les premiers à sauter comme des rapaces sur toutes les occasions de faire pire qu’eux quand la providence nous fait passer de leur côté…
A mon avis, qui hésite pour une fois à se faire humble, nous devrions avoir la bienséance de faire profil bas et nous cacher un peu, quand nous voulons surpasser les niaiseries de ceux qui nous faisaient honte!!!

Ah que cette Afrique, qu’on refuse tous de voir, me révulse!!!
Honte! Mais à qui? Honte à nous-mêmes, acteurs émérites de nos propres conneries…
Entretemps, les autres nous regardent et sourient… Quels autres? Bah nos chers anciens colons, qui devraient avoir raison de penser que nous les préférons à nous-mêmes…et ce, même quand nous nous évertuons à vocifer le contraire…

– Voilà qu’on en arrive au deuxième détail.
Pour nous, pitoyables africains (pas la peine de me contredire sur la suite), être bien vu par l’ancien colon, est comparable à une bénédiction divine… Nous aimons avoir des amis de chez eux, prendre des photos avec eux pour valider nos rapports, être filmés et/ou interviewés, en mode bling-bling, par eux… Remarquez, ça en jette plus de passer sur une de leurs chaînes de télé, que de ne figurer que dans les minables reportages de nos diffuseurs locaux…

Je ne comprends toujours pas la facilité que nos héros, nationalement africains, ont à donner la voix, tout sourire, devant les caméras étrangères, alors qu’un journaliste local peine à avoir ne serait-ce qu’une audience avec eux…
Bon admettons, nous sommes tellement sorciers entre nous, que nous préférons nous livrer à ceux qui ne sont pas nos frères, et qui sont nos amis au gré de leurs intérêts…
Or, il est difficile de venir voler chez quelqu’un qui ne nous a jamais ouvert les portes de sa maison. A contrario, celui qui a le plan en tête…enfin je dis ça, je ne dis rien…

Aujourd’hui, plus qu’un autre jour, j’ai le cœur serré, tant mon Afrique et ses incohérences me révoltent…

Comprendre…Comprendre… Comprendre…
Apprendre du passé pour ne pas répéter les mêmes erreurs…

Si seulement Afrique savait… Pas besoin d’être devin pourtant!

Afrique mon Afrique, I love you, but be careful…

Communauté et conflit de leadership

Si la vie en communauté devait être paisible, la chaine alimentaire n’aurait jamais existé. Or, le « manger et être mangé à son tour » est un véritable sport universel, le schéma pris au premier comme au second degré.

De l’existence dans une communauté

A part la communauté humaine et, par ricochet, la famille de sang, qui s’imposent à nous, sommes-nous obligés de nous attacher à d’autres communautés pour exister?

OUI: pour coller à un conformisme naturel et pour ne pas paraître asociale. Ainsi, nous aurons des amis et des collègues de boulot, nous intègrerons certains groupes par affinité (ou par intérêts plus ou moins sains).

Par exemple, quelqu’un qui a l’écriture dans l’âme, gagnerait à intégrer une association d’écrivains. Pour celui qui tient un blog, l’idéal serait de faire partie d’une association de blogueurs. Dans l’un ou l’autre cas, on s’identifie au groupe pour marquer son existence. En général, on se dit que l’union faisant la force, on évolue plus vite à plusieurs qu’individuellement.

NON: car naviguer seul sur sa barque, lorsque l’intention n’est pas de se démarquer au détriment des autres, n’est pas forcément mauvais. Certaines personnes n’ont pas besoin de savoir qu’elles appartiennent à un groupe bien déterminé pour se sentir vivantes. Comme la luciole, elles préfèrent utiliser la faible lumière qu’elles produisent pour s’éclairer et ne pas se perdre en chemin… Et lorsqu’elle croise d’autres lucioles, elle est toujours heureuse d’échanger avec ses semblables, dans le respect de leurs lumières propres, sans pour autant perdre la sienne…

Au final, être un électron libre ou préférer exister au travers d’un bloc représentatif est un choix qu’il faut assumer. Certains survivent à la communauté, d’autres non…

Du conflit de leadership

Si mener seul sa barque a quelques inconvénients, que dire de la vie en communauté?

A mon sens, trois grandes catégories de personnes la composent:

Les meneurs: comme au pays de Candy, « il y a des méchants et des gentils ». Il y a ceux qui veulent toujours avoir la couverture sur eux; ceux qui se sentent toujours frustrés de ne pas l’avoir en arguant qu’ils ont plus de mérite que ceux qui prétendent être les leaders (ce sont souvent les seconds); mais heureusement il y a aussi ceux dont le charisme est certain et qui mènent le groupe de la meilleure façon qu’il soit…

Tout le monde ne peut pas être chef, tous les membres d’une communauté ne peuvent pas faire partie du bureau des dirigeants raison pour laquelle les deux autres catégories de personnes entrent en jeu.

Les suiveurs: les plus nombreux. Ce sont d’excellents faire-valoir, admiratifs des leaders et prêts à tout pour les servir. Même s’ils manquent en général de personnalité, leur présence est déterminante pour maintenir le leader à sa place (quand tout va bien), ou le déstabiliser (lorsque des frustrations se font sentir et que d’autres meneurs les poussent à la révolte). En petite communauté comme en politique, il faut donc savoir maintenir les suiveurs sur la bonne ligne pour préserver la supériorité du meneur…

Les lucides: ce sont de grands observateurs qui ne donnent de l’importance qu’au but principal de leur présence dans la communauté (l’idéal censé être partagé par tous). Ils sont peu influençables et les manigances des uns et des autres ne les affectent pas. En général, ils voient les choses venir et ne sont donc pas surpris par les attitudes (positives ou négatives) de leurs camarades de groupe… Parfois incompris, ils jouent le retrait pour survivre dans la communauté.

Mais pourquoi donc, en ce mois de « vacances blogiennes » que je me suis octroyée, mon cerveau a t-il fait une fixation sur ce sujet et commandé mes doigts de reporter le fruit de mes divagations ici?

Peut-être parce que j’ai un message à faire passer aux différents leaders (légitimes ou auto-proclamés) des communautés ivoiriennes (webosphère et autres):

– Soyez solidaires.

– Évitez les petites guerres intestines qui tôt ou tard minent le groupe et ternissent son image.

– Privilégiez la communication autant que faire se peut! Ne soyez pas avares à informer les autres.

– Même si l’homme est par nature fait d’égoïsme, mettez le vôtre au placard et visez l’intérêt commun (le vrai).

– N’utilisez pas les autres simplement pour votre unique rayonnement. Une luciole seule dans la nuit est jolie à voir, mais le spectacle est encore plus beau lorsqu’elles sont nombreuses à parader de tout leur éclat.

 

Ma conclusion: nous avons tous tendance à critiquer les autres, mais faisons une introspection et demandons nous si nous même agissons comme il se doit dans nos communautés respectives.

Ce qu’on oublie dans le sens de la communauté, c’est qu’elle concoure à rendre ses membres « COMME UN ». Il y a donc division lorsque cet esprit se perd… Or, lorsque la communauté des frustrations devient le fond des amitiés, le risque est fort d’engendrer à long terme un monstre.

Bonne continuation aux bons leaders, les autres revoyez vos carnets de route!