On ne refera pas le monde…

Grand-Bassam 13 mars 2016.
L’éléphant a été touché.
Ma douleur est terrible.
Depuis, je passe des nuits blanches, tachées du sang de ceux qui sont partis, à m’interroger sans trouver de réponses.
Les innocents payeront toujours le plus lourd tribut aux jeux des intérêts politiquement incorrects.
C’est comme ça.
On ne refera pas le monde…

Paix aux âmes des disparus et courage aux blessés encore dans un état critique.

Grand Bassam

Le chant du cygne d’Yrouflê

En 2013, je constatais avec désolation que le théâtre de mon enfance avait perdu de sa superbe depuis de longues décennies.(cf IL FAUT RESSUSCITER LE THÉÂTRE IVOIRIEN)

Il y a quelques jours, j’ai entendu parler d’Entr’Actes, une programmation théatrâle, fruit d’une collaboration entre le CRESAS, la plateforme culturelle Abatta, la Fabrique Culturelle et le Goethe institut de Côte d’ivoire, qui a pour objectif de faire revivre cet art tombé en désuétude dans notre cher pays.

Yroflê Ticket050316

C’est avec l’excitation d’une gamine que j’ai débarqué au Goethe Institut le vendredi 04 mars 2016.
La raison de ma présence: Le chant du cygne d’Anton Tchekhov joué par la Compagnie Yrouflê dans le cadre d’Entr’Actes.

Pour des raisons techniques, le spectacle a démarré avec 1 heure de retard.
Pas de quoi couper l’ardeur des nombreuses personnes venues soutenir la troupe.

Résumé: Après une représentation, le vieux Vassili s’assoupit dans sa loge après avoir copieusement arrosé son jubilé. A son réveil, un vent glacial balaie sa loge puis une seule silhouette surgit de la nuit, celle de son souffleur Nikita qui y dormait car n’ayant nulle part où aller. Il se confesse à elle et fait le bilan de sa vie de bouffon teinté par le cabotinage.

Mon avis :
La première partie du spectacle m’a profondément touchée et totalement retournée!
Sans mot aucun, rien qu’avec des gestes et une bouteille de vin comme compagne, Vassili Vassilievitch, l’ex gloire de 68 ans, nous a embarqués dans sa loge pour mieux nous faire ressentir sa déchéance au fils du temps.
En un instant, mon âme perdit sa lumière, le froid m’envahit et l’éclairage de la scène aidant, je me retrouvai dans la cave de ce Chaplin sans burlesque.
J’ai été moins enthousiasmée par la suite parlée de la représentation.
Peut-être parce que j’avais en face de moi des personnages dont je sentais qu’ils pouvaient aller plus loin que le contexte d’origine. Je m’attendais à une réadaptation de l’histoire, une grande audace qui aurait fait sourire Tchekhov de là où il se trouve.
Certes le vieillard NIkita s’était mué en une belle jeune dame pour l’occasion, mais ce n’était pas assez.

Vassili Sassilievitch et Nikita Ivanovitch

Vassili Vassilievitch et Nikita Ivanovitch

Malgré mon point de vue mitigé, j’ai été époustouflée par la performance de De Certain KOUASSI et enchantée par la participation de Pauline DESCHRYVER. Les deux nous ont servi un ballet yin et yang équilibrant ainsi le tableau qui s’offrait à nous.

Ma petite suggestion:
Tchekhov ayant écrit cette pièce en une heure et cinq minutes, ce serait intéressant de la jouer en 65 minutes chrono au lieu des 50 actuelles. Certains petits détails valent leur pesant de cacahuètes…

Équipe « Le chant du cygne » d’Irouflê:
Mise en scène et scénographie: Moïse-Mary Koffi
Acteurs: De Certain Kouassi et Pauline Deschryver
Maquillage: Touti Création
Musique: Zéphirin Nomel et Francis Agama (Absents ce vendredi)
Décorateur: Renato Guehi
Son: Nunshack (Talentueux producteur) et J.C.

Merci à tous pour ce moment de pur plaisir.
J’ai hâte de vous revoir…
Vive le théâtre!

Moïse-Mary KOFFI, De Certain KOUASSI, Pauline ESCHRYVER

Moïse-Mary KOFFI, De Certain KOUASSI, Pauline ESCHRYVER

Contacts Yrouflê SARL: 59 67 19 74 / 59 79 89 58

Pour un coup…

Que tu sois fou des déhanchés de Gazou
Que tu préfères les tapés-laissés des pinhous
Que tu te sentes à l’aise auprès de ta petite Ahou
A moins de jongler avec toutes et n’importe où…

N’oublie pas que pour un coup
N’oublie pas que pour un coup

Que tu sois à l’affût du premier koutrou gaou
Que tu préfères les mougous-pan des voyous
Que tu te sentes à l’aise dans les bras de ton chouchou
A moins de jongler partout avec ton kpêtou

N’oublie pas que pour un coup
N’oublie pas que pour un coup

Le VIH peut te prendre pour son joujou

PENSEZ AU DÉPISTAGE…

Ruban Rouge contre le VIH Sida

 

 

 

 

 

 

 

 

Pour dormir moins bête :

Gazou: jeune go d’Abidjan doubleuse de gars devant l’éternel (Personnage de BD créée par le magazine humoristique GBICH
Pinhou : Prostituée
Ahou : Prénom féminin baoulé (Côte d’Ivoire)
Koutrou: Homme riche
Gaou : Prière aller écouter le 1er tube du groupe Magic System
Tapé-laissé  /Mougou-pan : relatifs aux relations sexuelles sans lendemain
Kpêtou : appareil génital féminin

« Dieu est quitter en Afrique »

Gbaka d'Abidjan

Parole de Gbakaman!

Avec la multitude d’événements malheureux qui ne cessent de secouer le Continent, le proprio de ce gbaka* a tiré sa conclusion : « Dieu est quitter en Afrique! », non pas pour dire qu’il soit originaire d’Afrique, mais plutôt pour affirmer que Dieu a bel et bien beou* de nos terres!

Espérons toutefois que le Très-Haut science* un peu sur notre cas et revienne au moins réparer les petites erreurs liées à nos participes passés… Dans tous les cas le retard n’a jamais empêché le bonheur. En Afrique nous sommes patients!

Vocabulaire

Gbaka : mini car

Beou (verbe nouchi) : Fuir, Partir, Quitter…

Sciencer (verbe nouchi) : Réfléchir

9 mois de silence…

9 mois de silence. J’en avais besoin… Une légère secousse dans ma vie a suffit pour mettre en panne ce qui me restait d’inspiration…

9 mois pour panser certaines plaies, pour arriver à me détacher des choses qui n’en valent pas la peine, pour accepter enfin mes petits chemins de croix…

9 mois paradoxalement très fructueux qui ont permis de faire germer en moi, à défaut de bébé, de jolis projets que je me ferai un plaisir de partager avec vous… SI ÇA VOUS DIT BIEN SÛR!

Famchocolat by GK Photographies

Famchocolat by GK Photographies

Je suis Abidjanais, roi de l’insalubrité…

Je suis le campagnard que l’exode a projeté en ville. Ma case était toujours bien entretenue et mon village distillait de l’air sain. Les citadins m’ont appris d’autres codes. Ma poubelle sera à ciel ouvert.

Je suis le big boss d’une entreprise de la place.
Bien placé pour donner des ordres, mais dehors c’est moi qui fait désordre. Quand le besoin devient pressant, n’importe où dans la ville,  j’improvise un urinoir.

Je suis la go choco d’abobo ou des deux plateaux. Je suis toujours bien mise. Deux mois que j’ai des indiennes sur la tête, sans aucun shampooing pour les rafraîchir. Mon entourage a conclu que j’ai un problème d’odorat. Ça pue mais je ne sens rien.

Je suis l’honnête citoyen qui jette papier, mouchoirs, sachets d’eau et cannettes vides à travers les vitres de ma jolie voiture que je ne veux pas salir. Il y a bien des gens pour rattraper mes projectiles. A chacun de jouer son rôle!

Je suis la ménagère, qui faute de ramassages réguliers, abandonnent ses ordures à n’importe quel coin de rue ou les déverse dans le caniveau le plus proche. Mes enfants sont souvent malades, parce que les moustiques ici font bien leur travail.

Je suis la technicienne de surface engagée par la mairie. Chaque matin je participe à la comédie collective. Mon coup de balaie ne sert à rien d’autre qu’à justifier mon petit pain quotidien.

Je suis Abidjanais, roi de l’insalubrité.
Je pisse sur les murs et puis ça va pas quelque part. Les rues sont sales mais personne n’est responsable. Dans pays là c’est toujours comme ça! Hygiène là seulement ivoirien connaît pas!

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Remonter dans le temps…

1) Avec une poudre magique, que je leur soufflerais dans les yeux, je redresserais les mentalités tordues de tous les abrutis que je croiserais sur mon chemin. Je réduirais ainsi le nombre de tonneaux vides dans le monde. Ça aiderait, par ricochet, à lutter contre les nuisances sonores…

2) Je m’appelerais Eiffel et je construirais une tour à Yopougon qui serait la capitale la plus en vue d’Afrique.
Yopougon mérite plus que l’image que les complexés veulent absolument lui coller… Yopougon c’est comme l’Afrique berceau de l’humanité: c’est la vieille mère nourricière de nombreuses personnalités de Côte d’Ivoire, c’est l’origine d’une pléthore de nouveaux riches qui la renient aujourd’hui… Mais Yopougon n’est pas rancunière. Elle est compréhensive et sait jouer la discrétion quand les moins ingrats de ses enfants se cachent la nuit pour lui rendre visite et lui faire quelques offrandes, signes de leurs réussites…

3) Sans qu’on m’appelle Jésus, j’aurais le pouvoir de ressusciter les morts, sur analyse des dossiers que leurs proches me soumettraient… J’en profiterais pour donner un nouveau souffle à mon père. Question de charité bien ordonnée…

4) Je serais née dans un village et ferais le bonheur d’un courageux paysan. Super femme au foyer, analphabète mais intelligente…

5) Je prendrais des photos en couleurs de toutes les époques pour prouver aux jeunes générations que les gens d’avant ne vivaient pas dans des mondes en noir/marron et blanc…

SI VOUS AVIEZ LE POUVOIR DE REMONTER DANS LE TEMPS, QUE CHANGERIEZ-VOUS? COMMENT LE FERIEZ-VOUS?

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Crédit photo: ADIEU ET À DEMAIN (un site que je recommande pour son humour décalé.)