Dans la tête d’un électeur

Ce fameux weekend est arrivé ! Ce 21 avril décisif, que les gens ont chanté dans leurs campagnes jusqu’à en perdre la voix est enfin là. Vais-je voter ou pas ?

Après la catastrophe que les dernières élections présidentielles avaient entraînée, je m’étais juré de ne plus voter, pour quoi que ce soit, tant qu’une paix véritable ne serait constatée dans ce pays.

A deux jours du scrutin, je me demande si la paix est tout à fait réelle… Un certain apaisement se ressent, mais n’y a-t-il pas anguille sous roche ? J’hésite encore à donner ma voix à un quelconque candidat. Je n’ai pas de parti politique. Alors comment choisir ? Ma seule exigence est de vouloir que la commune dans laquelle je vis soit en de bonnes mains pour pouvoir enfin faire la fierté de ses habitants. Et pour cela, je rêve d’un bon gestionnaire qui serait un vrai bâtisseur. Presque ce que chacun des prétendants au trône a promis sur les grandes affiches placardées dans tous les lieux stratégiques : ETRE LA PERSONNE QU’IL FAUT !

Pourtant depuis des décennies, j’en ai vu passer des maires, dont les programmes de campagnes avaient plus de saveurs que les actes qu’ils ont posés après avoir été élus. Trop de déception.
On nous promet oh, on nous promet ! Et comme par magie, nous gobons assez facilement la « malbouffe » qu’on nous sert.

C’est tout cela qui fait que je n’ai pas envie d’aller gaspiller mon temps ce 21 avril au centre de vote. Mais chaque fois que je lis ma carte d’électeur, j’ai quelque remord. Il y est inscrit : « Voter est un droit. C’est aussi un devoir civique ». Or le devoir implique l’obligation de faire qui vient peser sur mon droit de ne pas faire. Que faire alors ?

Peu des personnes que j’ai vu battre campagne ne m’ont convaincu. Pourtant s’il s’était agi d’élire le meilleur comité de communication de chaque candidat, l’affaire aurait été plus excitante. Ah comme j’ai ri devant certaines photos où les potentiels futurs maires donnaient l’impression d’affamés prêts à tout pour se faire nourrir avec les deniers publics. Comme j’ai tiré mon chapeau aux richards qui n’ont pas lésiné sur les moyens, mais qui bien évidemment sauront ensuite comment se faire rembourser leurs notes salées de campagne. Comme je continue encore de nager dans le flou artistique à ne toujours pas savoir qui voter ! L’habit ne fait pas le moine, mais parfois aussi le moine non plus ne mérite pas son habit ! Comment distinguer le faux du vrai dans tout ça ? Peut-on lire, sur un visage ou en quelques lignes de programmes, qu’un candidat pourra être un élu de confiance ?

Je ne fais confiance à personne, mais j’ai cette obligation civique qui me harcèle. Or le temps presse ! Il faut me décider !

En tant que citoyen, j’aimerais sincèrement contribuer à l’émergence de mon pays. Devrais-je donc me fier aux différents parrainages qui s’accentuent au fil des jours ? Certains candidats ont, semble t-il, déjà été adoubés, leurs concurrents ne faisant donc que figuration. Dans ce cas, est-ce la peine d’aller choisir quelqu’un qui est « élu d’avance » ? Il y a beaucoup de « candidats de… ». De qui ? Chacun selon sa position le sait. Franchement je plains les nombreux candidats indépendants qui n’ont personne derrière eux. Mais avoir de la compassion pour eux ne veut nullement dire que je les soutiens !

Retour donc à la case départ : au nom de Dieu je ne sais toujours pas qui choisir ! Mais je tiens à respecter la loi. Alors j’irai aux urnes…mais je voterai peut-être « blanc ». Choisir de ne pas choisir, c’est aussi choisir.

Bon weekend électoral!

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