EN QUÊTE D’IDENTITÉ

C’est l’histoire d’une jeune fille, qui a passé plus de 20 ans de sa vie à se demander qui était sa mère, la femme qui l’avait portée pendant neuf longs mois, avec qui elle avait partagée des émotions à travers le cordon ombilical, mais qui à peine venue au monde l’avait abandonnée.

C’est la vie de cette adolescente, qui durant l’enfance, a dû se contenter de l’unique amour de sa grand-mère paternelle, qui tant bien que mal, lui a enseigné les premières règles de la communauté. Ce sont les conflits perpétuels entre un père qui n’a pas su assumer ses responsabilités et sa fille qui s’est toujours sentie rejetée et incomprise… Mais c’est surtout une histoire sur le silence. Ce vide qui enveloppe beaucoup de familles. Normal, chaque famille dans le monde a son cadavre dans le placard fermé à double tour.

C’est de toute évidence, le parcours de beaucoup d’enfants, vivant dans cette société faite de tabous, où seuls les vieux détiennent la clé des mystères, mais hésitent à entrouvrir les portes afin d’éclairer les plus jeunes. Mieux vaut en crever que de parler ! La principale devise est alors « chargés de maux, mais avares en mots ! » Pendant ce temps, à l’enfant seul de faire face à une pluralité d’obstacles et à des ambigüités qui, pour la plupart, ne seront jamais clarifiées.

C’est ce mal-être que bien des enfants de notre continent trainent sans qu’aucun divan ne puisse les recevoir pour leur permettre d’exprimer leurs angoisses et peines. Nous sommes en Afrique, l’enfant appartient à la communauté. L’absence de l’un ou l’autre des parents n’est pas une fin en soi. Les problèmes psychologiques liés au manque ne sont pas importants : ça ce sont des problèmes de blancs ! Alors chacun erre, sans repère, avec à l’esprit l’unique mission de retrouver ce père ou cette mère inconnu(e), pour simplement comprendre…

La jeune fille dont j’ai fait cas plus haut, a fini par retrouver sa mère. Entre elles, l’histoire pourrait se résumer en l’Alpha et l’Omega… Le commencement et la fin… La naissance et la mort. La mère a vu sa chair dans ses premiers moments d’existence, puis s’est éclipsée sans jamais donner signe de vie, pour ne la revoir que l’ultime instant venu, le dernier souffle retiré, l’heure de la mise en bière arrivée. Le choc est immense, mais ce qui est fait est fait !

Comment vivre avec un tel fardeau ? Que serait-il arrivé si la mère avait cherché à retrouver sa fille ? Personne ne le saura. A la mère de porter sa lourde charge, que les larmes n’allègeront pas !

La quête d’identité est un exercice très traumatisant, surtout lorsque les demandes restent lettre morte. Chercher à se construire à partir d’un vide n’est pas chose évidente. On a pour habitude, chez nous de dédramatiser les complaintes de ces enfants dont la vie est bouleversée par leurs quêtes sans fin. Beaucoup sont des fruits de la honte, de rencontres qui n’auraient pas dû avoir lieu, de tragédies familiales… Adultère, viol, inceste, simple inconscience etc… Or quand on sème, il faut bien récolter. C’est vrai que certains peuvent se consoler d’avoir eu la chance d’être accueillis dans la famille de l’un ou l’autre de leurs géniteurs. Cela leur aura au moins permis d’éviter l’atmosphère glaciale des orphelinats. N’empêche que pour se construire dans la vie, cerner ses origines est essentiel. Même quand c’est douloureux, la communication est la solution idéale pour faire tomber les illusions et reconstruire le puzzle qui donne la paix du cœur. A défaut l’âme meurt…

2 réflexions sur « EN QUÊTE D’IDENTITÉ »

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.