Enid Blyton, une femme imparfaite

Si je fais un micro-trottoir dans les rues d’Abidjan en demandant aux petits comme aux grands « Connaissez-vous Enid Blyton? », il y a de fortes chances que j’aie des réponses négatives.

Mais si je poursuis ma démarche en posant la question suivante: – Avez-vous déjà vu, tenu entre vos mains ou lu « Le club des cinq / Oui-oui / Le clan des sept« ?, sûr que sourire aux lèvres certains me raconteront leurs souvenirs d’enfance, sans se rendre compte que si ENID BLYTON n’avait pas existé, tous ces trésors de la littérature enfantine n’auraient jamais été écrits.

Eh oui, cette femme britannique, l’un des auteurs les plus populaires de son pays, a marqué la vie de beaucoup d’enfants des quatre coins du monde, moi y compris! D’ailleurs Claude était mon personnage préféré du Club des cinq…

Avec sa production importante de livres pour la jeunesse, on aurait pu s’imaginer qu’Enid était la mère idéale qui avait toujours la petite histoire inédite pour émerveiller les enfants qu’elle devait avoir ou la femme vertueuse dont tout homme pouvait rêver pour porter ses enfants.
Ce n’était pas le cas.
En réalité, Enid était une vraie peste sans aucun instinct maternelle, mythomane, manipulatrice de son monde, insensible, avide de succès…

En regardant le film sur sa vie, « LE ROMAN D’ENID BLYTON, on réalise stupéfait, que beaucoup de personnes qu’on admire ne sont au final pas toujours ce que leur image reflète.

Enid préférait câliner son chien plutôt que ses filles. Elle mentait sur son passé en enjolivant son enfance. Pourtant son père, dont elle disait à qui voulait l’entendre que c’était le plus brave, le plus intelligent, le meilleur des hommes, les avaient abandonnés, sa mère, ses deux frères et elle sans jamais faire signe de vie.
De la même manière, Enid aussi tourna la page familiale, en quittant à son tour ses frères et sa mère et en les effaçant pour toujours de sa mémoire…
Les nurses se chargeaient d’aimer ses filles (Gillian et Imogen) pendant qu’elle tapait sur sa machine a écrire, ses 6000 mots quotidiens.
Sacrée Enid Blyton, championne de la mise en scène qui utilisait ses filles, le temps de quelques séances photos, pour vendre à ses lecteurs un bonheur familial illusoire!

Enid était un être détestable qui réussit malgré cela à faire des miracles dans la vie de millions de gens et dont les écrits continuent de conquérir de nouveaux coeurs.
C’était surtout une âme triste qui trouvait dans son imaginaire le moyen de survivre à ses peines. Elle écrivait pour fuir la réalité. Ses histoires pour enfants etaient en quelques sortes ses boucliers.

Enid Blyton était simplement une femme imparfaite. Pas besoin de lui en vouloir pour ça…
Les mots de l’écrivain appartiennent à ses lecteurs, ses maux quant à eux, même s’ils sont parfois le moteur de son inspiration, n’appartiennent qu’à lui…

Même un mauvais coeur peut produire de belles choses. Tout le monde a un côté obscur…

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Credit photo : Wikipedia

2 réflexions au sujet de « Enid Blyton, une femme imparfaite »

  1. Les plus beaux esprits ont les plus grosses tares … aussi! Malheureusement. Peut-être est-ce le fait d’être proche de la perfection qui inflige ces imperfections pour qu’ils redeviennent humains? … Mes premiers livres étaient de cette dame. Merci Fam Chocolat.

    • Ta déduction tient la route..Le défaut fait l’équilibre de l’espèce humaine, ce petit quelque chose qui nous distingue de Dieu…
      Au final les plus beaux esprits ne donnent que ce qu’ils sont…
      Merci Ahou d’être passée par là.

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