SOLUTIONS PROVISOIRES

Le début de cette semaine a été marqué par un fait non négligeable : le déguerpissement des taxis et « wôrô wôrô », qui depuis des années, avait établi leur gare sur le site du très connu « Lavage » de Yopougon. Sans grande surprise, cette action a causé le mécontentement des chauffeurs, syndicats et usagers lésés.

Il faut admettre que l’implantation de cette gare anarchique arrangeait tout le monde. La jonction idéale pour accéder à toutes les autres communes de la ville….

Mais comment faire lorsqu’aucune disposition n’est réellement prise, pour la gestion des transports en commun ? En fait de règlementation, nous nous accommodons de pseudos règles de syndicats pas toujours reconnus et de percepteurs nerveux, nullement déclarés, et par conséquent pas habilités à agir officiellement.

Dès lors, l’argent que devrait percevoir l’état, à travers les taxes légales, s’envole, réparti dans le circuit informel.

Bref, ceci est un problème qui n’a pas encore trouvé solution… Peut-être parce que tout le monde y gagne…  Bien évidemment, je dis ça, je ne dis rien ! Toutefois, je voudrais particulièrement me pencher sur la délocalisation de cette fameuse gare du « Lavage ».

Pas besoin d’être un génie pour savoir que dans quelques jours, un autre site sera occupé dans la commune de Yopougon, et cela, pas forcément légalement. Une nouvelle organisation sera mise en place pour satisfaire les usagers à la recherche de nouveaux repères. Les moyens de transports publics  étant insuffisants pour drainer le flux de personnes sans véhicules personnels, qui se déplacent chaque jour dans la ville, le réseau intermédiaire convient à tout le monde…

L’Etat prend des dispositions, mais souvent ne peut faire face aux problèmes que celles-ci engendre. Ainsi, nous nous plaignons souvent que les choses sont mal règlementées, mais sommes obligées de les cautionner, ou du moins de nous y adapter… Faux jeu de dupes !

En parlant de transport, revenons au problème des véhicules banalisés qui effectuaient illicitement le transport entre les communes. Leur interdiction d’exercer cette activité n’a pas  été respectée plus d’une semaine. A ce jour, nous continuons de nous déplacer en « wôrô wôrô personnels », très conscients des (faibles) risques encourus. Un billet de 500 F remis discrètement, par le transporteur illégal, lors d’un contrôle de police, étant largement suffisant pour fermer les yeux de nos autorités sur la question… Qui doit faire quoi dans ce pays pour maintenir efficacement l’ordre des choses ? Question difficile à répondre, quand on sait que nous résolvons le plus souvent les problèmes en en créant d’autres, ou du moins en les déplaçant.

Les gares, les crevasses sur les routes, le porte-monnaie anorexique du « chef de famille », le panier de la ménagère qui s’amincie, les caniveaux bouchés de toutes parts, l’insalubrité ingérable etcetera… Que faut-il faire pour apporter des résultats concrets et durables à tous nos problèmes? J’ose quand même espérer que nos ponts en construction n’auront pas besoin de réfections importantes après seulement un an d’ouverture à la circulation. De grâce, pensons sincèrement développement durable, au risque d’émerger avec beaucoup de peine.

En ce jour destiné aux femmes, que ma faible voix puisse porter pour faire entendre ce message à nos autorités : Oui aux Vraies Solutions, mais Non aux Solutions Provisoires.

 

(Paru dans l’Intelligent d’Abidjan du 08/03/2013)

4 réflexions au sujet de « SOLUTIONS PROVISOIRES »

  1. Franchement on se demande bien… Je viens même de percuter qu’il y a effectivement un ministère du transport dans ce pays! Lol!
    Comme toi, je déplore le fait que les problèmes soient le plus souvent déplacés… Est-ce la seule solution que nous connaissions??
    Dommage pour la population juste bonne à subir…

  2. Que fait M. Le Ministre du Transport? Pourquoi ne pense-t-on jamais « Population » avant ces mesures, utiles peut-être, mais mal planifiées et sans solution de rechange? Pauvres de nous…

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