Pensé et puis sciencé, ça fait 2

Vendredi 27 novembre 2015, 20h. Popodipo à la Fabrique Culturelle pour écouter ce que L’étudiant et Kapegik, deux membres du Collectif « Au nom du slam«  ont a gbahé.

Nous ne sommes pas nombreux, mais cela importe peu. Là où deux ou trois sont réunis pour jongler avec les mots, les gars du ghetto sont dispo pour faire leur réalité-show.

20h30. Décor planté. Thème du jour : « Pensé et puis sciencé, ça fait 2 ».

NB: si vous êtes bleus en nouchi, attrapez vos keurs deh. Je ne ferai pas de traduction, mais avec un peu d’attention vous finirez par décrypter.

PenserSciencer

Les mecs ne sont pas passés par quatre chemins pour dépeindre les réalités du Ghetto. Leurs sacs étaient gbé de mots. Haut-parleur dans la gorge, ils n’ont pas hésité à sonner l’alarme sur ce qui ne va pas dans notre société.

Ils nous ont fait comprendre la différence entre cherchement et grouillement, nous ont expliqué comment John Pololo est devenu collègue de Victor Hugo. Pololo philosophe du djassa, parce que la rue fait plus sciencer que les discours de Socrate.

Dans le Ghetto, c’est pas la vie de choco. Les uns petit-déjeunent aux gboflotos pendant que les autres savourent leurs croissants chauds. Tout est dur dans le Ghetto. La misère est au kohi. Le taux de chômage est élevé. L’horizon semble s’obscurcir de jours en jours. Les gars piqués n’ont pas luck avec les gos. Tout le monde sait qu’à Babi quand tu n’as pas lahen tu rivalises en transparence avec les vitres! Ghettoman yako!

On dit que l’avenir appartient à ceux qui se lèvent tôt,
Donc nous là on veille mais la galère impose son veto!
On voulait réussir, avoir l’argent comme les Popito,
Mais au Ghetto on est plus bailly que Spinto!!
Dans le Ghetto, le championnat est trop serré donc tout le monde joue en défense. A défaut de marquer, faut pas encaisser…

Mais n’y a pas que la misère dans le Ghetto. Il y a la communauté renforcée, il y a la solidarité imposée, et malgré la foi en constante épreuve, il y a l’espoir…

Molo molo, on cotise nos moros moros
Inch’Allah un jour tchoco tchoco
On n’va plus s’habiller chez toclo toclo
C’est vrai on est venu au monde codjo codjo
Mais on doit retourner choco choco
C’est pourquoi on pleure pas, on boro boro
Tous les jours pour avoir nos togos togos

Spectacle "Pensé et puis sciencé ça fait 2", 271115 Fabrique Culturelle

Pour tout vous dire, J’AI ADORÉ CE SPECTACLE! Si je devais donner une note, ce serait un 19/20 sans hésitation. J’ai aimé l’intelligence avec laquelle les gars ont manié les mots, la justesse de leurs propos, le fait d’assumer les faiblesses du Ghetto tout en incitant au courage pour s’en sortir. En définitive « pensé et sciencé ça fait vraiment 2 ». On pense en paix, mais on science avec tous les problèmes de la terre dans la tête dans la quête de solutions, de ce bonheur qui trop souvent joue des tours. Mais il faut rester déterminé, ne pas se greffer à la fatalité, pousser les bons pions dans ce grand jeu d’échecs. A force de bara, un beau matin à la porte frappera la baraka!

Albert c’est chaud ya pas tchokoya

A lheur là c’est propoli c’est plus chocoya
A lheur là c’est aclissigui c’est plus kôrôya
A lheur là c’est minds bori c’est plus grokêya

 

Merci à toutes les personnes qui ont contribué à ma joie ce jour là:

  • L’étudiant, excellent poète du Ghetto,
  • Kapegik, avec son nouci-slam qui glisse comme l’eau sur la peau,
  • Noucyboss qui a bien tenu la cabine,
  • Le rossignol en dreadlocks,
  • L’inégalable Philo qui m’a pliée de rire avec l’histoire de son Tonton Totor,
  • La déesse Amina Mèliane Bamba éveileuse de conscience,
  • Chantal Djédjé, aimable proprio de la Fabrique Culturelle,
  • Le serveur toujours poli…

Pour poursuivre la science slamique sous un autre registre, je vous invite à assister à l’hommage qui sera rendu par le Collectif « Au nom du Slam » à l’écrivain Bernard Dadié, le 4 décembre 2015 à 19h au Goethe Institut. Entrée Libre!

Hommage Bernard Dadié Collectif au nom du slam

RAMBO DE GARANGO…

De Garango à Bobo-dioulasso
Sawadogo faillit échouer à Abobo
Mais il posa bagage à Yopougon tout ça pour les beaux yeux d’une pehi go
Il ne savait pas que très vite elle lui tournerait le dos
La go ne faisait rien avec quiconque n’était pas groto

Il aimait les films avec beaucoup de héros
Connaissait toutes les répliques des westerns et leurs gringos
Des actions américaines surtout les prouesses de Rambo
Tellement enjaillé de lui qu’il décida de porter son pseudo

A son tour Sawadogo devint Rambo
Avec son nunchaku il pouvait mettre tous les vauriens K.O.
Rambo le gardien le plus choco
Dont le français du Faso jouait parfois à fautes de mots
Et pas besoin de preciser que ça nous faisait rire à gogo

Dans son travail fallait reconnaître que c’était un vrai pro
Rambo la star celui qui aimait les choukouyas chauds
Ensemble on a partagé beaucoup de plats d’alloco de pains bro mais jamais de dolo

Les années sont passées Rambo se fait vieillot
Resté à Yopougon il a oublié Garango.

NB : laissez-moi un p’tit commentaire si vous ne comprenez pas un mot! Je répondrai aussitôt!