Africains, qui sommes-nous face aux drames du monde?

Vendredi 13 novembre 2015, la France ressent à petites doses les douleurs du nine-one-one vécu par les frères d’Amérique 14 ans plus tôt…

Depuis Al Quaida, le terrorisme en a fait du chemin. Exit Ben Laden, Akwaba Boko Haram, Viva Daech et leurs nouvelles têtes « mal pensantes ». Le monde n’est pas sorti de l’auberge. L’enfer a rejoint la terre.

De tous les coins du globe, la nouvelle ère se veut terroriste. Des tours réduites à ground zero, des feux d’artifices humains en plein vols planés, des jeunes filles victimes de rapts au nom de l’extrémisme, des étudiants sacrifiés au bûcher de l’inhumanité, des kamikazés en tous genres prêts au suicide en l’honneur de causes aux noblesses douteuses. L’horreur partout, la terreur en nous.

En janvier 2015, le drame de Charlie Hebdo, avait fait conjuguer à la planète entière, le verbe « être » en sa première personne du présent de l’indicatif. Il n’est plus besoin de penser pour être. Au moindre bobo, en guise de soutien, il suffit désormais de scander les deux mots de ralliement « Je Suis » suivi de ce pourquoi nous voulons être.

Je Suis Charlie, Je Suis Kenya, Je Suis Abobo, Je Suis Paris, Je Suis Nigeria, Je suis Pacha (mon chien qu’un chauffard lyonnais a précipité au paradis canin)…ou encore: Je Suis Que Dale!

Quand le Nord brûle, le Sud reçoit les cendres et s’échauffe au même titre. Mais dans le sens inverse le retour n’est jamais  pareil.

Qui sommes-nous donc africains face aux drames de l’autre monde?

Les événements de Paris ont montré une fois encore que nous demeurons divisés quand il s’agit de compassion à exprimer à l’occident. Il faut dire qu’on en a de toutes les catégories: les désolés sincères, les yayibonistes zélés (pléonasme), les « on fait rien avec l’occident puisqu’ils ne font rien avec nous », les touchés mais discrets, les spectateurs hilares de tout ce cirque et ceux qui s’inquiètent de ce qui ne tourne pas rond dans toutes les têtes extrémistes du monde.

La politique dans le monde est à gerber, on le sait. Celle de l’occident envers l’Afrique est enrobée d’un faux altruisme dont personne n’est dupe. Mais un enfant au Mali et un enfant en France ont le même taux d’humanité qu’un enfant en Afghanistan ou un autre en Syrie, en Inde ou au Canada. Un humain innocent quelque soit sa localisation dans le monde mérite donc notre yako quand il souffre, juste par preuve d’humanité. Et comme j’aime le dire:

Ton voisin ne peut pas pleurer plus que toi aux funérailles de ton père, à moins qu’il ne soit en réalité ton frère adultérin .

Pour nous qui sommes africains et fiers de l’être, il est nécessaire de ne pas nous tromper de combat. Il nous appartient à nous seuls de nous donner de la valeur, cette réelle importance que l’occident ne nous accorde pas toujours. Il ne nous est point indispensable de nous entre-déchirer à coup de hashtags insensés pour qui pleure plus fort alors que son frère n’est pas touché; qui marche tête haute et mouchoir en main en l’honneur de victimes d’un acte abject qui s’est déroulé à des milliers de kilomètres alors qu’à quelques mètres ça crève aussi en pagaille; qui est plus sensible aux bombes qui éclatent dans les villes du voisin proche…  N’ayons pas la compassion sélective comme la plupart de nos dirigeants (même si la connerie a aussi ses raisons que la raison ignore).

Au delà des blablatages sans fin, la seule chose dont nous devons prendre conscience c’est que le terrorisme nous concerne tous! Kenya, Liban, Lagos, Paris, Abidjan le trajet n’est pas aussi long qu’on le pense. Agissons donc de telle sorte que ce mal ne progresse pas. Alertons, informons-nous, prenons des mesures sécuritaires, libérons-nous de nos chaînes mentales, prions pour les uns et les autres et laissons les politiciens du monde à leurs besognes pas toujours claires. L’amour finira par prendre le dessus sur la haine…

Et qu’on le veuille ou pas, sur cette terre, nous sommes tous unis par l’oxygène qui nous maintient en vie. #NousSommesTousHumains

Que les voix de ces enfants nigerians résonnent dans nos coeurs et que Dieu fasse de nous des instruments de sa paix…

« Dieu est quitter en Afrique »

Gbaka d'Abidjan

Parole de Gbakaman!

Avec la multitude d’événements malheureux qui ne cessent de secouer le Continent, le proprio de ce gbaka* a tiré sa conclusion : « Dieu est quitter en Afrique! », non pas pour dire qu’il soit originaire d’Afrique, mais plutôt pour affirmer que Dieu a bel et bien beou* de nos terres!

Espérons toutefois que le Très-Haut science* un peu sur notre cas et revienne au moins réparer les petites erreurs liées à nos participes passés… Dans tous les cas le retard n’a jamais empêché le bonheur. En Afrique nous sommes patients!

Vocabulaire

Gbaka : mini car

Beou (verbe nouchi) : Fuir, Partir, Quitter…

Sciencer (verbe nouchi) : Réfléchir

Les chaînes alimentaires africaines

Manger et être mangé à son tour, tel était le slogan que nous clamions à l’école primaire lorsque maîtres et maîtresses nous demandaient : qu’est-ce que la chaîne alimentaire?

A l’appui d’un schéma, qui représentait une suite d’animaux donnant l’impression de faire une ronde joyeuse autour d’un monde dans lequel les plus faibles se faisaient bouffer par les coriaces carnivores, nos enseignants nous expliquaient que pour une question d’équilibre de l’écosystème tous les êtres vivants ne pouvaient pas se permettre d’être uniquement végétaliens ou bactériophiles. Sorry Brigitte Bardot; ce n’est juste qu’une loi naturelle qui fait que dans le prolongement nous humains sommes obligés de bouffer du lion pour survivre…

Dans ma chère Afrique, nous appliquons à merveille le principe des chaînes alimentaires. Mais nos chaînes ont généralement pour but de déséquilibrer le système en place, peu important qu’il soit favorable au peuple ou totalement défaillant. Nous avons constamment faim et soif de pouvoir, ce qui fait que nous sommes souvent prêts au pire pour arriver à nos fins. Hélas, rares sont les fois où les populations en profitent. Chez nous on bâillonne, on enchaîne dans le but de se goinfrer par petits noyaux pendant que les peuples payent les pots cassés! Coups d’états, rébellions, prises d’otages, enlèvements, assassinats, dictatures de genres nouveaux etc. Quand les plus forts fabriquent des vulgaires anneaux non pas pour resserrer les liens de solidarité entre les hommes, mais plutôt pour étouffer les faibles (en armes surtout) et réduire totalement leur liberté. Tant que les voraces bouffent pépères, tout roule pour l’Afrique! Ressources naturelles, caisses d’états, serrons les chaînes des uns jusqu’à sang et délectons-nous du breuvage!

Tout ceci me fait penser à l’affiche publicitaire sur le dernier festival des grillades d’Abidjan, que personnellement j’ai trouvé de mauvais goût… Un Roi Poulet sans tête tient fièrement une broche au bout duquel se trouve un gros morceau de poisson. En face du Roi, une fourchette qui semble l’indexer pour lui faire comprendre que malgré sa fausse allure altière et son épée, il passera bien vite à la casserole!

A Abidjan le poulet est Roi!

A Abidjan le poulet est Roi!

Le sort finit toujours par s’abattre sur les chers cacous africains en armes, rapaces de grands chemins, peu enclins aux échanges d’idées pour réparer le vieux berceau et encore moins préoccupés par la stabilité générale…

La loi du plus fort est toujours la meilleure disait la fable. Mais qu’advient-il quand le plus fort se trouve être le plus con?

God Save Africa!

Cette Afrique qui me révulse…

Il a quelques années, entre 2004 et 2006, j’avais été outrée de voir un certain général ivoirien exhiber devant des caméras de journalistes français, ce qui selon lui sûrement, représentait de vrais signes extérieurs de réussite…
Une certaine révolte montait en moi au fur et à mesure que le documentaire défilait sous mes yeux… Pauvre Afrique, m’étais-je dit, voilà à quoi tu es réduite…

Les années ont passé, et le général a fini par déchanté… Soupir… Étions-nous obligés d’en arriver là pour comprendre???

Comprendre…. Avons-nous bien compris? Je me pose des questions… Plus nous avançons, plus les incertitudes s’élargissent…

Comprendre… Notre passé, si présent, est-il aussi difficile à cerner?
Et pourtant…les mêmes recettes ont beaucoup de chances de faire les mêmes plats.
Il y a cependant des exceptions: parfois, le cuisinier amateur arrive à surpasser le chef et avoir meilleur étoile que lui. Il y a des cas aussi où le manque de finesse, réduit tout à néant… Un soufflé raté, et un de plus! Le sacrilège!

Où en sommes-nous? Je ne sais pas. Du moins pour une fois, je veux faire semblant de ne pas savoir… Soupir…. Cette Afrique me révulse….

Il n’y a pas longtemps, j’ai vu un reportage, sur un autre général (façon de parler…).
J’en ai eu la gerbe! J’ai secoué la tête en me disant une fois encore: cette Afrique me révulse…

Qu’est-ce nous n’arrivons pas à comprendre???

Deux détails m’ont sacrément offusquée dans ce documentaire:

– Notre propension d’africains à critiquer les voisins, mais à être les premiers à sauter comme des rapaces sur toutes les occasions de faire pire qu’eux quand la providence nous fait passer de leur côté…
A mon avis, qui hésite pour une fois à se faire humble, nous devrions avoir la bienséance de faire profil bas et nous cacher un peu, quand nous voulons surpasser les niaiseries de ceux qui nous faisaient honte!!!

Ah que cette Afrique, qu’on refuse tous de voir, me révulse!!!
Honte! Mais à qui? Honte à nous-mêmes, acteurs émérites de nos propres conneries…
Entretemps, les autres nous regardent et sourient… Quels autres? Bah nos chers anciens colons, qui devraient avoir raison de penser que nous les préférons à nous-mêmes…et ce, même quand nous nous évertuons à vocifer le contraire…

– Voilà qu’on en arrive au deuxième détail.
Pour nous, pitoyables africains (pas la peine de me contredire sur la suite), être bien vu par l’ancien colon, est comparable à une bénédiction divine… Nous aimons avoir des amis de chez eux, prendre des photos avec eux pour valider nos rapports, être filmés et/ou interviewés, en mode bling-bling, par eux… Remarquez, ça en jette plus de passer sur une de leurs chaînes de télé, que de ne figurer que dans les minables reportages de nos diffuseurs locaux…

Je ne comprends toujours pas la facilité que nos héros, nationalement africains, ont à donner la voix, tout sourire, devant les caméras étrangères, alors qu’un journaliste local peine à avoir ne serait-ce qu’une audience avec eux…
Bon admettons, nous sommes tellement sorciers entre nous, que nous préférons nous livrer à ceux qui ne sont pas nos frères, et qui sont nos amis au gré de leurs intérêts…
Or, il est difficile de venir voler chez quelqu’un qui ne nous a jamais ouvert les portes de sa maison. A contrario, celui qui a le plan en tête…enfin je dis ça, je ne dis rien…

Aujourd’hui, plus qu’un autre jour, j’ai le cœur serré, tant mon Afrique et ses incohérences me révoltent…

Comprendre…Comprendre… Comprendre…
Apprendre du passé pour ne pas répéter les mêmes erreurs…

Si seulement Afrique savait… Pas besoin d’être devin pourtant!

Afrique mon Afrique, I love you, but be careful…

IL FAUT SAUVER NOS ÉLÉPHANTEAUX DES MATHS!

En Côte d’ivoire, il y a deux moyens infaillibles pour obtenir de l’argent rapidement:

  1. Les loisirs (fêtes, concours de beauté, danse, musique, festivals de nourritures etc…
  2. La religion (et ces dangereuses offrandes!!)

En matière de loisir ou de religion, l’argent comme par miracle provient de partout, même quand on n’en a pas besoin (quoique…). Tous les ministères, entreprises en vue, hommes et femmes riches et même pauvres, sont alors prêts, les uns à mieux se faire voir aux yeux de la populace, les autres plutôt à ceux du Très-Haut! Il y a certains cultes où, malgré la pauvreté des fidèles, le pasteur peut s’en sortir avec des millions de FCFA comme quête! Le salut est-il payant??

Mais lorsqu’il s’agit d’investir dans des domaines, moins médiatisés, mais assez sérieux plus personne ne réagit! Le miracle n’a souvent pas lieu. Bien dommage…

Depuis plusieurs jours, j’entendais parler des « Éléphants mathématiciens » sans prêter grande attention. A ma décharge je n’ai jamais aimé les maths (à moins que ce ne soit le contraire). J’ignorais donc que leur cas était aussi grave!

Et voilà que je tombe sur l’article « SOS pour les Éléphants Mathématiciens » pour constater l’ampleur du problème.

En effet, 4 jeunes ivoiriens de moins de 20 ans et leurs 2 encadreurs doivent participer aux Olympiades panafricaines de Mathématiques qui se dérouleront du 22 juin au 02 juillet 2013 à abuja au Nigeria. Malheureusement pour eux, leur voyage est compromis du fait que l’argent fasse défaut!

Comment en sont-ils arrivés à cette situation inconfortable? Je n’en sais rien! Pas de détails, pas d’accusations…

Face au silence de « ceux qui peuvent donner, mais qui ne le feront pas », la webosphère se mobilise en ce moment à travers un appel au don:

Faites parler votre cœur en faisant une promesse ferme à cette adresse  https://docs.google.com/forms/d/1LbYUkBMP3yn4b5u794_DQJcO10-dvSwSUronqrNZD-0/viewform?pli=1

Comme on dit au djassa*: « même 5 Francs c’est l’argent! »

Pour toutes informations complémentaires, merci de contacter M. Camara Boubacar de L’Institut de Recherche et de Mathématiques Appliquées de Côte D’ivoire (IRMA) au 05 44 54 21.

BONNE CHANCE A NOS ÉLÉPHANTEAUX DES MATHS!

*Djassa: marché noir.

 

QU’ON M’EXPLIQUE LE PANAFRICANISME

Les Afriques indépendantes sont, dans leur grande majorité, cinquantenaires. Amen amen, le temps des colonies est bien loin ! Mais pouvons-nous nous réjouir des chemins tortueux parcourus depuis les années 60 ? Des mirages de prospérité devenus naufrages purs et simples ?

Depuis plusieurs semaines, le panafricanisme est à l’honneur dans les journaux. Cela est tout à fait normal, puisque qu’il y a cinquante ans, en 1963, naissait l’OUA, organisation ayant pour objectif de promouvoir l’unité et la solidarité des États africains et d’être la voix collective du continent africain.  On aurait alors pu croire qu’elle réussirait à faire de l’Afrique, ce que feu GG Vickey qualifiait avec son peu de réalisme de « beau pays où le soleil brille tous les jours ». Mais de l’OUA  à l’UA (Union Africaine), il n’en a rien été! En fait de soleil, nous avons eu droit, en cinq décennies, à des pluies de conflits avec les régimes dictatoriaux qui vont avec…

Je suis loin d’avoir 50 ans, je ne peux donc pas me mettre dans le même état d’esprit que les précurseurs de l’idéal panafricaniste. De toute façon, je n’y arriverais pas, ma vision devenant abstraite quand l’envie me prend d’essayer…

Personnellement, je croirais au panafricanisme lorsque les africains se serreront les coudes pour une entraide à tous les niveaux. Or, pour l’heure, ils sont bien aise à s’occuper à se mettre les bâtons dans les roues dans l’unique but d’être mieux vus par l’Occident, collaborateur opportuniste, dont les guerres fratricides des peuples du sud ne font qu’amplifier son emprise sur le continent et lui apporter que des avantages.

Certains diront, à raison, que je n’y comprends rien au panafricanisme et que je devrais revoir mes propos. Mais alors, à quels exemples pourrais-je me raccrocher pour raffermir ma position ?

Quand je pense à l’Afrique, la première image qui me vient automatiquement en tête est celle de La Fontaine, de ses deux voleurs et l’âne : « Pour un âne enlevé deux voleurs se battaient : l’’un voulait le garder, l’autre le voulait vendre. Tandis que coups de poing trottaient, et que nos champions songeaient à se défendre, arrive un troisième larron qui saisit maître aliboron. ».  Notre plus grand malheur d’africains, larrons, comme braves chevaliers de la liberté et de l’identité affirmée, a toujours été de privilégier les dissensions au grand bonheur des profiteurs souffleurs du feu de la discorde.

Mais, comment, Notre Afrique à la sagesse légendaire, cette Afrique des arbres à palabres, qui se dit originellement solidaire, ne parvient-elle pas à se donner de vraies bases d’une réelle unité ? Pourquoi l’Afrique, berceau de l’humanité, s’en sort beaucoup mieux quand il s’agit de lutter pour les dernières places ?

En 1963, l’Afrique jetait les bases d’une union d’états pour constituer une force économique et politique. Cinquante ans après cette initiative, elle n’en est toujours qu’aux prémices, les pays cumulant les séminaires de réflexions sur la question et les philosophes des temps modernes, revisitant le sujet avec plus ou moins d’optimisme.

Qu’on m’explique le panafricanisme pour que je comprenne. Qu’on le vive pour que je m’en imprègne…

Rien ne sert de faire miroiter un idéal qui ne pourrait voir le jour…

Chimère : et si on lâchait ce panafricanisme fourre-tout, qui est prétexte à tout : des causes les plus raisonnables aux plus superflues ?

Dans le fond, les principes sont bons, mais encore faut-il les appliquer !

 

SOLUTIONS PROVISOIRES

Le début de cette semaine a été marqué par un fait non négligeable : le déguerpissement des taxis et « wôrô wôrô », qui depuis des années, avait établi leur gare sur le site du très connu « Lavage » de Yopougon. Sans grande surprise, cette action a causé le mécontentement des chauffeurs, syndicats et usagers lésés.

Il faut admettre que l’implantation de cette gare anarchique arrangeait tout le monde. La jonction idéale pour accéder à toutes les autres communes de la ville….

Mais comment faire lorsqu’aucune disposition n’est réellement prise, pour la gestion des transports en commun ? En fait de règlementation, nous nous accommodons de pseudos règles de syndicats pas toujours reconnus et de percepteurs nerveux, nullement déclarés, et par conséquent pas habilités à agir officiellement.

Dès lors, l’argent que devrait percevoir l’état, à travers les taxes légales, s’envole, réparti dans le circuit informel.

Bref, ceci est un problème qui n’a pas encore trouvé solution… Peut-être parce que tout le monde y gagne…  Bien évidemment, je dis ça, je ne dis rien ! Toutefois, je voudrais particulièrement me pencher sur la délocalisation de cette fameuse gare du « Lavage ».

Pas besoin d’être un génie pour savoir que dans quelques jours, un autre site sera occupé dans la commune de Yopougon, et cela, pas forcément légalement. Une nouvelle organisation sera mise en place pour satisfaire les usagers à la recherche de nouveaux repères. Les moyens de transports publics  étant insuffisants pour drainer le flux de personnes sans véhicules personnels, qui se déplacent chaque jour dans la ville, le réseau intermédiaire convient à tout le monde…

L’Etat prend des dispositions, mais souvent ne peut faire face aux problèmes que celles-ci engendre. Ainsi, nous nous plaignons souvent que les choses sont mal règlementées, mais sommes obligées de les cautionner, ou du moins de nous y adapter… Faux jeu de dupes !

En parlant de transport, revenons au problème des véhicules banalisés qui effectuaient illicitement le transport entre les communes. Leur interdiction d’exercer cette activité n’a pas  été respectée plus d’une semaine. A ce jour, nous continuons de nous déplacer en « wôrô wôrô personnels », très conscients des (faibles) risques encourus. Un billet de 500 F remis discrètement, par le transporteur illégal, lors d’un contrôle de police, étant largement suffisant pour fermer les yeux de nos autorités sur la question… Qui doit faire quoi dans ce pays pour maintenir efficacement l’ordre des choses ? Question difficile à répondre, quand on sait que nous résolvons le plus souvent les problèmes en en créant d’autres, ou du moins en les déplaçant.

Les gares, les crevasses sur les routes, le porte-monnaie anorexique du « chef de famille », le panier de la ménagère qui s’amincie, les caniveaux bouchés de toutes parts, l’insalubrité ingérable etcetera… Que faut-il faire pour apporter des résultats concrets et durables à tous nos problèmes? J’ose quand même espérer que nos ponts en construction n’auront pas besoin de réfections importantes après seulement un an d’ouverture à la circulation. De grâce, pensons sincèrement développement durable, au risque d’émerger avec beaucoup de peine.

En ce jour destiné aux femmes, que ma faible voix puisse porter pour faire entendre ce message à nos autorités : Oui aux Vraies Solutions, mais Non aux Solutions Provisoires.

 

(Paru dans l’Intelligent d’Abidjan du 08/03/2013)

LE MAL QUI NOUS LIE

Voilà plus de huit mois que le malaise se ressent, sans que rien ne s’améliore. Un autre pays africain, frontalier de la Côte d’Ivoire, connait ses limites politiques et sombre dans d’incompréhensibles tensions. Le virus de la guerre semble détester l’accalmie. Lorsqu’il constate que son pouvoir  faiblit sur un territoire, il trouve aussitôt un autre endroit à gangréner.  Au moment où notre pays se relève pour se reconstruire, voilà que nos frères maliens ne savent plus sur quel pied danser, à moins que ce ne soit pour quel Dieu prier !

En mars 2012, le regard mi-amusé mi-médusé, nous  nous sommes tous interrogés sur cet étrange capitaine Sanogo, sorti de nulle part et qui venait avec ses mutins prendre le contrôle de la présidence de cette république. Une rébellion touareg et un mouvement salafiste plus tard et tout est devenu confus ! Notre vocabulaire a été étoffé de nouveaux mots : Azawad, Ansar Dine, des noms qui prêtent à sourire et appellent facilement au jeu de mots…Sauf que nous ne sommes pas entrain de jouer et que la situation du Mali est grave !

Qui est qui réellement? Qui veut quoi concrètement? Touaregs, islamistes, indépendantistes on s’y perd un peu dans cet imbroglio. On a l’impression d’être pétrit dans une farine sans levain.

D’un côté, certains imposent la charia comme nouveau mode vie. Au Nord, pas intérêt à voler un œuf, au risque de se voir amputer d’une main. Est-il normal de laisser les mœurs rétrograder à cause de pseudos convictions religieuses ? Les extrémistes ont réussi à rendre la religion du prophète Mohamet terrifiante aux yeux du monde ! Quel honte !

Et, d’un autre côté, quand on prie pour que les tensions s’apaisent, certains évènements viennent semer le doute dans nos esprits. C’est ainsi qu’en début de semaine, nous avons assisté à la démission du premier ministre Diarra et à la dissolution de son cabinet quelques heures après avoir été arrêté puis relâché par les troupes militaires de Sanogo. Où va le Mali ? A qui appartient le pouvoir ? Le gouvernement civil, par intérim, ou la junte militaire ? Que fait-on à Bamako, la capitale, où les mouvements politiques n’arrivent même pas à accorder leurs violons? Dans ces conditions, comment espérer une intervention des communautés sous-régionales et internationales ? La confusion est générale au Mali, qui est soumis à un désordre constitutionnel total!

On ne le dira pas assez : « la liberté des uns s’arrête quand celle des autres commence ». Mais n’est-ce pas cher payer pour les populations innocentes ?

Ce que je dénonce, dans ces multiples situations conflictuelles en Afrique, c’est qu’on à l’impression que nos chers révolutionnaires de pacotille veulent absolument faire de nous des experts en géopolitique et en art de la guerre. Je refuse !!! De la genèse au stade actuel des évènements au Mali, j’avoue m’embrouiller les pinceaux lorsque je veux en débattre. Et puis merde ! Je préfère mille fois qu’on me reproche mon inculture en matière de crises politiques africaines que d’assécher mes neurones avec des rapports de force à n’en point finir. Mon Afrique, avec ces cultures diverses, à beaucoup mieux à m’enseigner. Encore faille t-il que des inconscients ne réussissent pas à la détruire…

Au fil des années, j’ai compris une chose : quand la volonté n’y est pas, rien ne peut se faire, en bien comme en mal…Sinon le conflit israélo-palestinien, qui se transmet de générations en générations, aurait eu une fin depuis belle lurette…

Quand comprendrons-nous, en Afrique, que la guerre est un frein à notre développement ? Nous avons besoin de nouveaux modèles, certes, mais pas de dictateurs anarchistes. Expions définitivement le mal qui nous lie ! L’émergence du continent africain en dépend.

(Paru dans l’intelligent d’Abidjan du vendredi 14/12/12)

Contributions dans l’air du temps

Le 1er novembre dernier a été marqué, dans la webosphère ivoirienne, par la publication de l’e-book du président de l’Assemblée Nationale Guillaume Soro: Contributions Conviviales, sorte de recueil d’articles marquants, issus de son blog.

Encore un moyen pour se faire remarquer? Me suis-je demandée…

Par curiosité, j’ai téléchargé ce document, et bien vite j’ai eu la réponse à ma préoccupation.
Dans l’article Pourquoi devrais-je m’interdire de m’exprimer sur Twitter et Facebook?, le PANCI déclare qu’il est dans l’air du temps et que c’est tant mieux!
Alors devons-nous lui reprocher ses audaces sur le web? Je ne pense pas.

Je continue d’observer les activités de ce PAN en mouvement et j’avoue être parfois bluffée par son énergie et ses petites révolutions… On l’a même vu prêcher les vertus de la gouvernance numérique dans plusieurs pays d’Afrique: c’est dire que le prophète à l’intention de propager « sa bonne nouvelle » très loin!
Le balbutiant Président de l’Assemblée National d’il y a quelques mois, est désormais sur tous les fronts, en vrai précurseur: certains politiques africains devraient en prendre de la graine. Au moins, nous blogueurs, aurions aussi des choses à écrire sur eux…

Dans Contributions Conviviales, c’est avec enchantement que j’ai parcouru la rubrique « Partage », mon coup de cœur allant pour Diawala, sur les terres de mon enfance.
J’ai été agréablement surprise de lire un récit saisissant, qui m’a permis de découvrir une autre facette de l’homme Soro, ses maladresses et facéties d’enfance.

Au final, Contributions Conviviales Volume 1, se lit aisément…Surtout, on ne peut qu’être sensible à la préface qui prône le pardon Au nom de la réconciliation.

Toutefois, en prenant du recul, je me demande jusqu’où le PAN Guillaume Soro ira; à combien de volumes aurons-nous droit de ces contributions? Ne risquons-nous pas de nous lasser de le voir « envahir » la toile?

Mais mon petit doigt me dit qu’il n’est qu’au début de sa révolution en matière de communication numérique. Ne dit-il pas lui même:

Chers amis, la nature humaine est ainsi faite. Que vous agissiez bien ou mal, l’on vous trouvera toujours à redire sur votre compte. Pourtant il vous faut continuer votre chemin.

Il faut juste savoir vivre avec son temps…

Pour que chacun puisse se faire une idée de cet e-book, Contributions Conviviales est directement téléchargeable ICI

UN CULTE PAS TRES CATHOLIQUE

Ce matin, j’ai été à la messe et, à vrai dire, je n’ai pas aimé l’analyse que le prêtre a fait de l’évangile de Saint Marc dont un extrait nous dit ceci:

Jacques et Jean, les fils de Zébédée, s’approchent de Jésus et lui disent : « Maître, nous voudrions que tu exauces notre demande. »
Il leur dit : « Que voudriez-vous que je fasse pour vous ? »
Ils lui répondirent : « Accorde-nous de siéger, l’un à ta droite et l’autre à ta gauche, dans ta gloire. »
Jésus leur dit : « Vous ne savez pas ce que vous demandez. Pouvez-vous boire à la coupe que je vais boire, recevoir le baptême dans lequel je vais être plongé ? »
Ils lui disaient : « Nous le pouvons. » Il répond : « La coupe que je vais boire, vous y boirez ; et le baptême dans lequel je vais être plongé, vous le recevrez.
Quant à siéger à ma droite ou à ma gauche, il ne m’appartient pas de l’accorder, il y a ceux pour qui ces places sont préparées. »

Après la lecture, nous avons eu droit à un discours sur le mérite et les postes de responsabilités.
Timidement, le prêtre a commencé par une critique générale des modes de gestions gouvernementales à l’africaine. Il s’est désolé de voir comment dans certains pays comme le Gabon et le Congo (il a oublié le Togo), le pouvoir présidentiel était transmis de pères en fils!
Aaah pauvre Afrique a t-il soupiré!!!

Et puis tout doucement, l’officiant a ramené son propos, en utilisant une fausse subtilité, sur les problèmes de la Côte d’Ivoire.

« Chez nous, certaines personnes se sont accaparées le pouvoir dans des conditions injustes. Ils ont des postes de responsabilités qu’ils ne méritent pas. Ce n’est pas parce que les uns ont rendu des services aux autres qu’ils méritent d’être ministres ou directeurs.
Or, tous ceux là n’ont même pas les aptitudes professionnelles requises. Il n’y a que chez nous qu’un « cuisinier » peut être nommé à un si grand poste de responsabilité!
A l’école de police, il y en a beaucoup qui ne savent pas lire, pourtant ce sont eux qui ont été choisis!
Pendant ce temps là, ceux pour qui les postes ont été préparés n’ont que des « cabines téléphoniques » en bordures des routes. Eux pourtant ont des BTS, sont ingénieurs, possèdent des doctorats! Eux méritent d’être ministres ou directeurs! ». Mais chez nous c’est la familiarité qui compte, les gens sont ministres sans diplômes.
Pendant ce temps, les plus méritants sont au chômage…

Après avoir incité l’assemblée à ne rechercher que la gloire du ciel, le prêtre a étayer son homélie en faisant une comparaison avec l’Europe.

 » En Europe ce n’est pas comme ça! On ne verra pas le fils d’un tel succéder à son père au pouvoir. Les européens ne font pas des attributions de postes arbitraires. Ils n’embauchent pas tous leurs amis et familles dès qu’ils sont au pouvoir…etc etc etc… »

La plupart des fidèles avait un sourire en coin, comme pour dire à l’orateur: -oui oui nous voyons où vous voulez en venir…

Cet homélie m’a vraiment choquée. La soutane ne doit-elle pas être gage de neutralité?
Le rôle d’un prêtre n’est-il pas de rassembler, sans distinction, autour de l’amour de Dieu?
Pourquoi, en ces temps mi-figue mi-raisin, a t-il voulu raviver les rancœurs des uns et des autres?
Aurait-il voulu être à la place du cuisinier dont il parlait dans son homélie?

Le mérite, les diplômes, les postes de responsabilités…

1) Si j’ai bien compris, tous les jeunes chômeurs actuels méritent les postes de responsabilité que les « autres » leur ont volés. Mais tout le monde peut-il être directeur, commandant ou ministre? Que faire des petits emplois dont personne ne veut?
A t-on déjà entendu parler d’une association de jeunes chômeurs décidés à retourner à la terre, pour revaloriser cette agriculture qui a fait le succès de notre pays?? Non! Tout le monde veut travailler dans les bureaux et surtout être chef!!
Se sont-ils aussi demandés si ces places leurs étaient vraiment destinés?
L’Église même a t-elle mis en place, des chaines de solidarité afin que ceux de la communauté qui ont des postes de responsabilités puissent aider les jeunes diplômés au chômage?
Pourquoi toujours vouloir accuser l’autre, quand nous-mêmes ne faisons pas grand chose pour autrui?
Pourquoi voulons-nous toujours faire de notre volonté, celle de Dieu???
Et puis, après plus de 10 années d’instabilité dans notre pays, ne faut-il pas laisser du temps au nouveau venu de trouver quelques solutions adéquates à ce problème?

2) Pourquoi faire une comparaison avec l’Europe, qui d’ailleurs n’est nullement épargner par le chômage dont le taux va croissant au fil des années. En Espagne et en Grèce, 1 jeune sur 2 est au chômage…pourtant ce ne sont pas des pays d’Afrique….
Que dire des nombreux scandales personnels, professionnels, immobiliers et financiers qui ont souvent impliqué les membres directs des familles de certaines hautes autorités d’états? La France nous sert souvent des exemples… Elle non plus n’est pas l’Afrique.

Sur ce sujet, je conclus que la différence flagrante entre l’Europe du prêtre et l’Afrique de tous les maux, vient du fait que depuis longtemps, la famille élargie a disparu chez eux au profit de celle dite « nucléaire ».
Il devient donc plus facile de coopter ou caser arbitrairement 2 à 3 membres d’une famille que tout un clan composé d’innombrables frères, cousins, neveux, oncles…
Doit-on alors tuer notre fameuse « solidarité familiale » pour que s’arrêtent certains comportements?

Je ne dis pas qu’il faille tout justifier, avec les arguments que j’ai volontairement soulignés plus haut…
J’ai moi-même, comme tous les citoyens de ce pays, quelques revendications à faire, mais je ne pense pas que le rôle d’un prêtre soit d’enfoncer le clou… D’ailleurs Jésus en a déjà eu assez pour nos péchés.

A la fin de la messe, le prêtre a invité l’assemblée à une prière pour les malades en disant:
« Sont surtout invités tous ceux qui ont des problèmes économiques et financiers (une vraie maladie chez nous, en effet! Lool). Chaque participant aura un dénouement heureux! »

Eh bien dans ce cas, pourquoi ne pas laisser les prières résoudre tous nos problèmes???

Trop de contradictions…