Communauté et conflit de leadership

Si la vie en communauté devait être paisible, la chaine alimentaire n’aurait jamais existé. Or, le « manger et être mangé à son tour » est un véritable sport universel, le schéma pris au premier comme au second degré.

De l’existence dans une communauté

A part la communauté humaine et, par ricochet, la famille de sang, qui s’imposent à nous, sommes-nous obligés de nous attacher à d’autres communautés pour exister?

OUI: pour coller à un conformisme naturel et pour ne pas paraître asociale. Ainsi, nous aurons des amis et des collègues de boulot, nous intègrerons certains groupes par affinité (ou par intérêts plus ou moins sains).

Par exemple, quelqu’un qui a l’écriture dans l’âme, gagnerait à intégrer une association d’écrivains. Pour celui qui tient un blog, l’idéal serait de faire partie d’une association de blogueurs. Dans l’un ou l’autre cas, on s’identifie au groupe pour marquer son existence. En général, on se dit que l’union faisant la force, on évolue plus vite à plusieurs qu’individuellement.

NON: car naviguer seul sur sa barque, lorsque l’intention n’est pas de se démarquer au détriment des autres, n’est pas forcément mauvais. Certaines personnes n’ont pas besoin de savoir qu’elles appartiennent à un groupe bien déterminé pour se sentir vivantes. Comme la luciole, elles préfèrent utiliser la faible lumière qu’elles produisent pour s’éclairer et ne pas se perdre en chemin… Et lorsqu’elle croise d’autres lucioles, elle est toujours heureuse d’échanger avec ses semblables, dans le respect de leurs lumières propres, sans pour autant perdre la sienne…

Au final, être un électron libre ou préférer exister au travers d’un bloc représentatif est un choix qu’il faut assumer. Certains survivent à la communauté, d’autres non…

Du conflit de leadership

Si mener seul sa barque a quelques inconvénients, que dire de la vie en communauté?

A mon sens, trois grandes catégories de personnes la composent:

Les meneurs: comme au pays de Candy, « il y a des méchants et des gentils ». Il y a ceux qui veulent toujours avoir la couverture sur eux; ceux qui se sentent toujours frustrés de ne pas l’avoir en arguant qu’ils ont plus de mérite que ceux qui prétendent être les leaders (ce sont souvent les seconds); mais heureusement il y a aussi ceux dont le charisme est certain et qui mènent le groupe de la meilleure façon qu’il soit…

Tout le monde ne peut pas être chef, tous les membres d’une communauté ne peuvent pas faire partie du bureau des dirigeants raison pour laquelle les deux autres catégories de personnes entrent en jeu.

Les suiveurs: les plus nombreux. Ce sont d’excellents faire-valoir, admiratifs des leaders et prêts à tout pour les servir. Même s’ils manquent en général de personnalité, leur présence est déterminante pour maintenir le leader à sa place (quand tout va bien), ou le déstabiliser (lorsque des frustrations se font sentir et que d’autres meneurs les poussent à la révolte). En petite communauté comme en politique, il faut donc savoir maintenir les suiveurs sur la bonne ligne pour préserver la supériorité du meneur…

Les lucides: ce sont de grands observateurs qui ne donnent de l’importance qu’au but principal de leur présence dans la communauté (l’idéal censé être partagé par tous). Ils sont peu influençables et les manigances des uns et des autres ne les affectent pas. En général, ils voient les choses venir et ne sont donc pas surpris par les attitudes (positives ou négatives) de leurs camarades de groupe… Parfois incompris, ils jouent le retrait pour survivre dans la communauté.

Mais pourquoi donc, en ce mois de « vacances blogiennes » que je me suis octroyée, mon cerveau a t-il fait une fixation sur ce sujet et commandé mes doigts de reporter le fruit de mes divagations ici?

Peut-être parce que j’ai un message à faire passer aux différents leaders (légitimes ou auto-proclamés) des communautés ivoiriennes (webosphère et autres):

– Soyez solidaires.

– Évitez les petites guerres intestines qui tôt ou tard minent le groupe et ternissent son image.

– Privilégiez la communication autant que faire se peut! Ne soyez pas avares à informer les autres.

– Même si l’homme est par nature fait d’égoïsme, mettez le vôtre au placard et visez l’intérêt commun (le vrai).

– N’utilisez pas les autres simplement pour votre unique rayonnement. Une luciole seule dans la nuit est jolie à voir, mais le spectacle est encore plus beau lorsqu’elles sont nombreuses à parader de tout leur éclat.

 

Ma conclusion: nous avons tous tendance à critiquer les autres, mais faisons une introspection et demandons nous si nous même agissons comme il se doit dans nos communautés respectives.

Ce qu’on oublie dans le sens de la communauté, c’est qu’elle concoure à rendre ses membres « COMME UN ». Il y a donc division lorsque cet esprit se perd… Or, lorsque la communauté des frustrations devient le fond des amitiés, le risque est fort d’engendrer à long terme un monstre.

Bonne continuation aux bons leaders, les autres revoyez vos carnets de route!