GRAND-BASSAM PATRIMOINE MONDIAL DE L’UNESCO

Aujourd’hui 23 novembre 2012, j’ai fait un p’tit tour dans la ville de Grand-Bassam, en principe pour assister au lancement du Festival des Arts de la Rue (FAR 2012) qui doit se dérouler du 23 au 25 novembre 2012.

J’ai été étonnée en arrivant, de ne rien voir qui laissait penser à cet évènement… Tant pis, j’en ai profité pour mieux visiter la ville… On y va tellement souvent pour la plage qu’on en oublie les joyaux d’histoire que détient cette ville.

La maison de la culture, la Bibliothèque municipale, l’ancienne Poste coloniale, la maison des artistes, Le Musée National du costume, le Phare…. Tous des endroits que je me suis régalée à découvrir…

Je suis tombée sous le charme des tableaux du grand peintre Michel Kodjo qui expose à l’ancienne Poste, non loin de la commanderie.

J’ai adoré le travail varié des peintres de la Maison des artistes, mon coup de cœur allant pour les formes abstraites de Tanoh Koffi Mathurin (tanoh_kof@yahoo.fr / Tel: +225 07 73 45 04). J’ai été heureuse de savoir que la plupart de ces personnes réussissent à vivre de leur art.

J’étais comme une gamine au Musée du Costume, à écouter le guide me donner quelques explications sur les accoutrements traditionnels. Ci-après quelques enseignements que j’ai retenus (bien évidemment je ne dirai pas tout pour inviter les plus curieux à visiter ce lieu) :

L’habillement du Roi Akan

  • Les couleurs du pagne kita qu’il porte ont chacune leur signification. Le bleu qui représente le ciel et l’eau, montre l’immensité du pouvoir du roi, signe de puissance. Le Rouge assimilé au sang, est signe de sacrifice. Le Jaune représente l’or, donc la richesse.
  • Les formes dessinées sur les sandales portées par le Roi, donnent beaucoup d’informations. C’est pourquoi ceux qui se prosternent pour le saluer, et qui connaissent les codes, peuvent savoir si les nouvelles sont bonnes ou pas au simple décryptage des sandales du Roi
    .

Les sandales du Chef bété

  • Au bout des sandales du Chef, la forme arrondi représente un oiseau enroulé par un serpent, ce qui signifie que malgré tout ce qui se passe ou se trame derrière son dos, le Roi est toujours au courant de tout! Rien ne peut lui être caché.

Le balai du Chef Yacouba

  • Le balai qu’il tient entre les mains est signe de protection de son peuple: le chef est là pour régner mais dans l’harmonie. Les brindilles représentent son peuple et le Chef est le lien qui les maintient ensemble.

L’histoire des Wolossos

  • A l’origine, les wolossos désignaient des esclaves qui étaient chargées d’instruire les jeunes filles pubères sur la sexualité. Le tabou était grand à l’époque et les parents n’osaient pas en parler directement à leurs enfants. C’est l’évolution de notre société qui a fait qu’on attribue désormais ce nom aux jeunes filles aux mœurs légères…

Pour la suite RDV au Musée National du Costume au Quartier France (Tél: + 225 21 30 13 70). Il suffira alors de vous laisser emporter par la voix du guide…. Thème de l’exposition: Regard Pluriel.

Ma seule déception en visitant Grand-Bassam c’est de constater la vétusté des bâtiments. L’ancien palais de justice n’a de palais que le nom…

Vivement la réhabilitation de ce patrimoine national de l’Unesco!

PS: Pour ceux qui iront à Grand-Bassam, le FAR2012 se déroulera bel et bien durant le weekend.

Ecocitoyenneté

Le weekend est arrivé! Beaucoup d’entre nous mettront le cap sur les différents sites balnéaires que compte notre pays.
Ce sera l’occasion, pour la plupart, de se relaxer et de profiter des bienfaits de la mer, après une rude semaine de travail. Par la suite, chacun rentrera chez lui, la mine joyeuse d’avoir pu bénéficier des caresses de l’air marin, d’avoir eu le privilège de bien manger et d’avoir allègrement pataugé dans l’eau salée.

Or, derrière ce bonheur, se cache une autre réalité, pourtant flagrante : nos bordures de plages sont sales !
Comment pouvons-nous, dans ces conditions, promouvoir le tourisme, si nos visiteurs sont accueillis par des quantités énormes de déchets rejetés par la mer ? Un tel état des lieux ferait perdre de sa superbe au site le plus luxueux.

Il suffit de parcourir les plages d’Assinie, Bassam, Modeste, Mondoukou, Sans Pédro etc…pour constater que l’environnement est en danger dans ces zones !

A qui la faute ? Aux propriétaires des restaurants longeant les plages ? Aux mairies ? Aux clients trop aveuglés par leur amour de la mer, pour voir clairement la saleté qui lui sert de paillasson?
A dire vrai, chacun a sa part de responsabilité dans l’affaire !

Et si, pour résoudre le problème, nous cultivions l’écocitoyenneté ?

La nature a besoin de nous en même temps que notre survie en dépend. Pour maintenir ce lien réciproque, il faudrait que nous aussi, à quelque niveau que nous soyons, sentions en nous le devoir de protéger notre environnement. C’est de cette prise de conscience que découleront des actes simples qui se feront peu à peu naturels en nous et qui permettrons de préserver le meilleur de ce que la nature nous offre.

L’éducation étant un pilier de l’organisation humaine, il nous appartient d’initier les enfants, dès les premières classes du primaire aux valeurs de l’écocitoyenneté, en utilisant des moyens ludiques.
Ainsi, quoi de mieux que d’organiser des classes de découvertes à la mer, au cours desquelles, chaque enfant serait sensibilisé sur le respect de la nature et invité à toujours veiller à rendre son environnement propre.

En collaboration avec les communes et les hôteliers, des opérations ponctuelles « Plage Propre » pourraient être mise en place, afin que tout le monde mette la main à la patte et assainisse au maximum les portions de terre à ratisser.

Si chacun de nous développait en lui son écocitoyenneté, nos virées du weekend à la plage seraient mille fois plus bénéfiques. Pensons-y!

Pour commencer, il faudrait éviter d’être soi-même un producteur de déchets. Les bouteilles à la mer, ça va de temps en temps pour les déclarations d’amour et autres messages insolites. Toutefois, ce sont des gestes à bannir si nous voulons préserver nos fonds marins, leur faune et leur flore. Il y a aussi de la vie en dessous, n’oublions pas !

Des poubelles doivent être disponibles tout le long des plages, pour que les visiteurs sachent où déposer leurs ordures de fin de journée. Aussi, un système efficace de recyclage peut être développé, pour permettre la récupération des bouteilles en plastique, par exemple, qui serviraient plus tard aux vendeuses de jus de fruits.
A défaut de politique réelle de recyclage, utilisons le système D. Devenons des écocitoyens ingénieux.

C’est tous ensemble qu’on contribuera à l’émergence de la Côte d’Ivoire. N’attendons pas 2020 pour jeter les bases du développement environnemental. Il y a tant de beaux sites à mettre en valeur. Imposons nous la salubrité, assurons-nous que l’intérieur de notre cour soit aussi reluisante que l’extérieur.

Soyons soucieux de notre bien-être.

(Article, légèrement mis à jour, paru dans le quotidien “L’Intelligent d’Abidjan du vendredi 14 septembre 2012)