Les chaînes alimentaires africaines

Manger et être mangé à son tour, tel était le slogan que nous clamions à l’école primaire lorsque maîtres et maîtresses nous demandaient : qu’est-ce que la chaîne alimentaire?

A l’appui d’un schéma, qui représentait une suite d’animaux donnant l’impression de faire une ronde joyeuse autour d’un monde dans lequel les plus faibles se faisaient bouffer par les coriaces carnivores, nos enseignants nous expliquaient que pour une question d’équilibre de l’écosystème tous les êtres vivants ne pouvaient pas se permettre d’être uniquement végétaliens ou bactériophiles. Sorry Brigitte Bardot; ce n’est juste qu’une loi naturelle qui fait que dans le prolongement nous humains sommes obligés de bouffer du lion pour survivre…

Dans ma chère Afrique, nous appliquons à merveille le principe des chaînes alimentaires. Mais nos chaînes ont généralement pour but de déséquilibrer le système en place, peu important qu’il soit favorable au peuple ou totalement défaillant. Nous avons constamment faim et soif de pouvoir, ce qui fait que nous sommes souvent prêts au pire pour arriver à nos fins. Hélas, rares sont les fois où les populations en profitent. Chez nous on bâillonne, on enchaîne dans le but de se goinfrer par petits noyaux pendant que les peuples payent les pots cassés! Coups d’états, rébellions, prises d’otages, enlèvements, assassinats, dictatures de genres nouveaux etc. Quand les plus forts fabriquent des vulgaires anneaux non pas pour resserrer les liens de solidarité entre les hommes, mais plutôt pour étouffer les faibles (en armes surtout) et réduire totalement leur liberté. Tant que les voraces bouffent pépères, tout roule pour l’Afrique! Ressources naturelles, caisses d’états, serrons les chaînes des uns jusqu’à sang et délectons-nous du breuvage!

Tout ceci me fait penser à l’affiche publicitaire sur le dernier festival des grillades d’Abidjan, que personnellement j’ai trouvé de mauvais goût… Un Roi Poulet sans tête tient fièrement une broche au bout duquel se trouve un gros morceau de poisson. En face du Roi, une fourchette qui semble l’indexer pour lui faire comprendre que malgré sa fausse allure altière et son épée, il passera bien vite à la casserole!

A Abidjan le poulet est Roi!

A Abidjan le poulet est Roi!

Le sort finit toujours par s’abattre sur les chers cacous africains en armes, rapaces de grands chemins, peu enclins aux échanges d’idées pour réparer le vieux berceau et encore moins préoccupés par la stabilité générale…

La loi du plus fort est toujours la meilleure disait la fable. Mais qu’advient-il quand le plus fort se trouve être le plus con?

God Save Africa!

RAMBO DE GARANGO…

De Garango à Bobo-dioulasso
Sawadogo faillit échouer à Abobo
Mais il posa bagage à Yopougon tout ça pour les beaux yeux d’une pehi go
Il ne savait pas que très vite elle lui tournerait le dos
La go ne faisait rien avec quiconque n’était pas groto

Il aimait les films avec beaucoup de héros
Connaissait toutes les répliques des westerns et leurs gringos
Des actions américaines surtout les prouesses de Rambo
Tellement enjaillé de lui qu’il décida de porter son pseudo

A son tour Sawadogo devint Rambo
Avec son nunchaku il pouvait mettre tous les vauriens K.O.
Rambo le gardien le plus choco
Dont le français du Faso jouait parfois à fautes de mots
Et pas besoin de preciser que ça nous faisait rire à gogo

Dans son travail fallait reconnaître que c’était un vrai pro
Rambo la star celui qui aimait les choukouyas chauds
Ensemble on a partagé beaucoup de plats d’alloco de pains bro mais jamais de dolo

Les années sont passées Rambo se fait vieillot
Resté à Yopougon il a oublié Garango.

NB : laissez-moi un p’tit commentaire si vous ne comprenez pas un mot! Je répondrai aussitôt!

L’Artisanat à l’honneur à Abidjan

Depuis le 24 août 2012, l’Institut français, située dans la commune du Plateau, abrite en ses locaux, la 2ème édition des Journées Internationales de l’Artisanat d’Abidjan.

Je m’y suis donc hâtée afin de déguster de mes yeux, tous ces joyeux faits-main, toute cette culture débordante d’authenticité et de couleurs bien africaines.

Le premier pas dans ce village artisanal est un voyage gratuit dans diverses contrées du berceau de l’humanité.

Le Burkina Faso, bien représenté, m’a fait admirer des bijoux de toutes sortes à des prix imbattables: colliers magnifiques, bracelets, bagues, boucles d’oreilles en perles, cuir, bronze etc…
Les hommes et femmes intègres ont aussi voulu me montrer de quoi étaient capables leurs tisserands, avec une mosaïque d’étoffes de leur terroir. Ils n’ont pas oublié de présenter leur célèbre karité sous toutes les formes (beurre, savon, pommade), leurs mangues séchées (que j’adore, soit dit en passant) et partager avec les visiteurs les bienfaits de leur « soumbala » et de la « morenga » des plantes aux grandes vertus.

J’ai aussi été bluffée par la beauté et la qualité des statues en bronze. Là, par contre, je me suis contentée d’admirer, car le prix de la plupart des œuvres avoisine ou dépasse le million (euh…ils attendrons que mon compte en banque mérite ce type d’acquisition! Lol).

Je suis également tombée en admiration devant le stand du fabricant de jouets en bois et en calebasses (puzzle de l’Afrique, Tortue avec la tête qui bouge etc…)

– Le Togo m’a invité dans son univers des pagnes avec différents modèles de camisoles et robes en pagnes de toutes les couleurs.

L’Afrique étant, par excellence, la terre des mystères, je ne fus point surprise de rencontrer les grands féticheurs, soigneurs de tous maux, décanteurs de toutes situations, venus du Togo et du Bénin.
J’ai adoré leurs stands! Non pas que toutes leurs mixtures m’intéressent (trop méfiante pour me laisser tenter), mais parce que j’aime les écouter parler, en toute discrétion des produits non exposés qui peuvent faire des miracles dans nos vies.

C’est ainsi qu’au Bénin, je me suis retrouvée en plein cours de comment faire pour avoir un homme dans sa vie ou le maintenir:
1. prendre la poudre spéciale dans laquelle ajouter quelques poils pubiens et anaux finement ciselés.
2. cuisiner un bon repas à monsieur, mais ne surtout pas en manger, au risque de tout gâcher!! Ne pas associer la poudre à de la bouillie ou du lait (allons savoir pourquoi?)
3. si les enfants ou d’autres personnes en mangent, ce n’est pas grave! Ça ne fera que renforcer l’amour dans la famille (euuuh des poils??)

D’autres conseils avisés et astuces (dits « secrets de femmes ») ont été proposés, mais j’ai remercié gentiment le « féticheur qui voulait mon bien », en lui disant juste que je n’ai pas le courage de ces choses là. Il m’a répondu: « Madame faut avoir le courage! Si tu ne l’as pas tu n’as rien! ».
Hum j’ai compris mais non merci…

Au Togo, en plus de sa thèse sur la satisfaction de l’éternelle quête féminine (trouver l’homme de sa vie), le gentil guérisseur, de son œil coquin a vanté les effets de son produit phare: le « serre vagin »…Virginité assurée! Huum là encore j’ai beaucoup souri et m’en suis allée bredouille de tout « médicament africain », mais riche de mon imagination fertilisée.

– J’aurais remis mon trophée de « l’originalité » au Nigeria, avec ses paillassons faits de chutes de pagnes recyclés. Fallait vraiment y penser! Leurs bijoux en pagnes ne m’ont pas non plus laissée indifférente.
Les aficionados de movies à la sauce Nollywood n’ont pas été oubliés avec un large choix de CD.

– Cela m’aurait étonné si le Sénégal n’avait pas été présent. Avec une dame qui maîtrise vraiment son affaire, il est difficile d’échapper aux jolis boubous et encens (« Churaï »). Là encore on a droit à un « secret de femme », une poudre à mélanger cette fois dans du lait ou de la bouillie.

– Bien évidemment la Côte d’Ivoire est là avec ses pagnes tissés et les poteries des femmes de la région de Katiola.
Le Niger et la Mauritanie (les mauritaniennes son belles hein) eux aussi proposent des beaux produits de chez eux…

J’en suis ressortie, toute contente de mes achats, imprégnée des senteurs africaines et sure de revenir!

Ces journées s’achèvent le dimanche 02 setembre 2012. Pour tous ceux qui n’y sont pas encore allés, n’hésitez pas: FONCEZ CA VAUT LE COUP!!!!

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Quelques exposants:

Asta Bijoux (ou chez « Madame Petits Prix »), Burkina Faso
Email: zoeomeazeta2002@yahoo.fr

Ouedraogo Philippe (fabricant de jouets), Burkina Faso
Email: philippeouedre@yahoo.fr
Site: www.decobf-skyblog.com

Nana Wahab (Artiste Bronzier Modeleur Fondeur), Burkina Faso
Email: wahabonana@yahoo.fr

Alàrà Collections (ethnical Wears etc…), Nigeria
Email: alaracollectionsnigeria@yahoo.com