« Dieu est quitter en Afrique »

Gbaka d'Abidjan

Parole de Gbakaman!

Avec la multitude d’événements malheureux qui ne cessent de secouer le Continent, le proprio de ce gbaka* a tiré sa conclusion : « Dieu est quitter en Afrique! », non pas pour dire qu’il soit originaire d’Afrique, mais plutôt pour affirmer que Dieu a bel et bien beou* de nos terres!

Espérons toutefois que le Très-Haut science* un peu sur notre cas et revienne au moins réparer les petites erreurs liées à nos participes passés… Dans tous les cas le retard n’a jamais empêché le bonheur. En Afrique nous sommes patients!

Vocabulaire

Gbaka : mini car

Beou (verbe nouchi) : Fuir, Partir, Quitter…

Sciencer (verbe nouchi) : Réfléchir

Serayah-Morhyelle: une affaire de boucan avec Jésus!

Connaissez-vous Serayah-Morhyelle??? Moi non…du moins jusqu’à cette semaine où j’ai entendu parler de cette chantre évangéliste qui se fait aussi appeler « La boucantière de JESUS! ».

Vendredi 28/06/2013, 19h45: sur insistance d’un « ami qui nous veut du bien », qui nous a offert des places VIP+ pour son concert live (20.000Fcfa quand même hein), mon amie Mimi et moi nous rendons sur les lieux. En avance d’un quart d’heure, nous constatons que nous ne sommes que les 2 et 3ème personnes arrivées! Hum ça promet!

Nous sommes dans une jolie résidence privée, aux couleurs chaudes où l’orange prédomine. On se croirait dans une casa latina. Les poutres de la véranda sont habillés d’organza blanc. Sur notre diplôme…enfin, notre encombrant carton de concert au format A4, je constate que notre « boucantière » aime se vêtir de cette matière prisée par les femmes, en Côte d’Ivoire, dans les années 90.

Serayah Morhyelle

Nous sommes bien accueillies et installées dans le jardin où se déroulera le show. Des serveurs nous proposent de la sucrerie. Allez un petit verre ne nous fera pas de mal, pendant qu’on écoute les instrumentistes (batteur et guitaristes) s’accorder.

20h45: nous assistons à un défilé de personnes dont les tenues rivalisent en extravagance (les boucantiers en Christ sont dans la place!!!). Un détail dont nous n’étions pas au courant: apparemment il y avait un dress code. Le blanc est majoritaire.

21h00: rien de neuf au paradis, il n’y a pas foule. Un trio de choriste vient s’échauffer la voix 10 minutes et repart sans qu’on ne sache la suite du programme. Notre chère et tendre « heure africaine » a encore frappé et nous qui sommes toujours à l’heure devons subir le retard des autres! Mes nerfs vont lâcher, j’ai froid et très mal à la tête.

Nous apercevons « la star », qui vient de temps en temps vérifier la température du public. Elle m’a l’air de teint plus clair que sur les photos de notre diplôme, mais on pourrait jeter la faute sur l’imprimeur qui n’a pas su rendre le vrai teint de la boucantière* (<– oups! Il s’avère que j’ai fait une confusion de personnes)… Bref, là n’est pas le plus important! Je dois me lever tôt le lendemain, et je ne compte pas poireauter jusqu’à l’aube: quand est-ce qu’on commence??Serayah Morhyelle

21h30: L’animateur nous demande de patienter, le temps que quelques personnes arrivent… Franchement, Dieu n’a t-il pas fait dire que « lorsque deux ou trois sont réunis en son nom, il est au milieu d’eux… »? Alors qui d’autre attendons-nous???? Je bouillonne, j’enrage un peu…Presque 22h000 pour écouter quelqu’un dont je n’ai jamais entendu la voix??? J’espère que l’attente vaudra la peine… Mimi (mon amie) qui a une grosse envie de poulet braisé (à cette heure là???) commence à sentir le vertige de la faim.

21h45: Un pasteur, tout en blanc fait des bénédictions. Ça me fait toujours rigoler quand j’entends les paroles du genre: « tous les esprits qui veulent s’interposer au bon déroulement de la soirée sont vaincus etc…. ». Djo apprenez déjà à VENIR A L’HEURE avant d’accuser les nombreux esprits du monde… En fond sonore, on entend le spot publicitaire du concert. Je perçois un « voilà boucan là, boucan là, boucan là…. » Euh est-ce la voix de la chantre??? Parce que si c’est le cas, j’aurais pu me passer de cette soirée…Je reste dubitative… On verra bien…

21h50: Nous avons droit à un cours sur l’escrime et l’épée. On nous présente plusieurs adolescents (dont une seule fille), escrimeurs ou épéistes, tous champions ou vice-champions à divers concours mondiaux… Je ne peux pas m’empêcher de me dire: « Huuumm est-ce que à Yopougon, Abobo ou Koumassi là, un parent a déjà pensé à inscrire son enfant à des cours d’escrime??? Est-ce qu’ils connaissent l’escrime, pour dire même le nom de Laura Flessel?? » Même si je ne suis pas étonnée, j’avoue que je ne me doutais pas qu’il existait une équipe représentant la Côte d’Ivoire, à ce sport, dans le monde…

22h15: la présentation sur l’escrime n’en finit pas… J’en ai plus que ras-le-bol! Mon acolyte de ce plan foireux et moi nous décidons à dire au revoir au concert qui tarde à commencer.

Dans tous les cas, je n’ai jamais aimé le BOUCAN et ce n’est pas cette nuit qu’une idylle débutera entre nous…

Mais pour ne pas finir la semaine bête, je suis allée sur YouTube et j’ai pu dénicher le clip « Le boucan avec JÉSUS ». A chacun d’apprécier selon sa sensibilité…

Personnellement, le problème du RETARD m’a fait déprécier toutes les fioritures autour de ce concert live.

Oserions-nous être en retard si Dieu nous donnait rendez-vous?

Mais, étant donné que l’homme est à l’image de Dieu, apprenons à nous respecter, comme si tous avions affaire à Dieu lui-même…

TROP C’EST TROP: PENDANT COMBIEN DE TEMPS ENCORE L’HEURE AFRICAINE CONTINUERA DE NOUS TUER???

 

Dieu, WêrêWêre Liking et moi…

Hier, samedi 29 décembre 2012, je me suis rendue à une séance de dédicace organisée par Les Éditions Balafons, au Manhattan Suite Hotel, à Abidjan, Riviera Attoban. J’y suis allée principalement pour soutenir le pétillant et talentueux Josué Guébo, Président de l’Association des Écrivains de Côte d’Ivoire, à l’occasion de la sortie de son premier recueil de nouvelles « L’ombre du pont ».

J’ai été agréablement surprise de constater la présence de Madame WêrêWêrê Liking parmi les 5 auteurs venus présenter leurs ouvrages au public.

Depuis ma tendre enfance, je suis en admiration pour cette grande dame… Adolescente, je rêvais même d’intégrer le « Village Kiyi ». Imaginez donc ma joie…

A chacune de ses interventions, j’ai eu l’impression qu’elle lisait dans mon âme, y extirpait mes pensées pour les reporter à l’assistance… Pareille synchronisation dans notre perception des choses n’a fait que me conforter dans mon Amour pour l’artiste. Suite à une intervention de Madame Esther Moussokro Coulibay, auteure de « Le vent de la résurrection » , roman dans lequel cette « ancienne musulmane » professe sa foi chrétienne, c’est avec délectation que j’ai écouté le point de vue de mama Liking sur la question de Dieu:

Avant qu’on apporte la Bible et le Coran en Afrique, nous aussi connaissions Dieu. Il serait donc erroné de vouloir faire croire que nous étions dans les ténèbres et que ce soient Mahomet pour les uns et Jésus pour les autres, qui aient éclairé l’Afrique. Arrêtons ne nous faire passer pour un peuple d’ignorants, sans foi, dont les pratiques devraient être rejetées.

Que la lumière soit! Et la lumière fût! C’est dire que Dieu même, avant d’entrer en lumière était dans les ténèbres…Il ne faut donc pas occulter les différents aspects de la chose. Toutes les croyances religieuses ou occultes ont donc un lien avec Dieu…

Sur les conflits de religions, la grand-mère de WêrêWêrê Liking lui expliquait ceci:

Dieu est comme un grand arbre. En effet, la perception qu’on se fait de l’arbre dépend de l’endroit où l’on se situe. Or, même si, selon notre angle, nous n’apercevons qu’une partie de l’arbre, celui-ci demeure entier. Pourtant, celui qui le voit de haut, a une vue différente de celui qui le regarde du bas, du sud, de l’est, du centre, du nord… Tout ceci pour dire qu’au fond, on ne peut parler de supériorité d’une religion sur une autre. Elles sont plutôt complémentaires. C’est parce que les gens ne l’ont pas compris que les conflits absurdes persistent dans le monde. Nous devons donc apprendre à être tolérant les uns envers les autres, à rechercher nos points communs et à nous accepter dans nos différences…

Personnellement, je pense que chemin de Dieu est plus complexe que ce que nos diverses religions tentent de faire croire à travers leur guerre de monopole. J’ai l’intime conviction qu’on ne connaitra la vérité sur Dieu, qu’en reconstituant cet énorme puzzle, aux pièces éparpillées, mais toutes marquées d’un sceau commun: la croyance! Une pièce manquante, et l’image est inachevée, imparfaite…

Bon dimanche…Jour du Seigneur pour les uns, jour ordinaire pour les autres.

Ouvrages présentés lors de la séance de dédicace:

  • Le pari de Dizo, Liazéré Kouao Elie.
  • Le Parle-Chanter, WêrêWêrê Liking.
  • L’ombre du pont, Josué Guebo.
  • Le vent de la résurrection, Esther Moussokro Coulibaly.
  • La veuve dorée, Sylvestre Ourega.

 

TICKET POUR L’ENFER

Le marabout burkinabé qu’il avait rencontré ce jour là lui avait donné son numéro de téléphone et recommandé de l’appeler au plus tôt pour commencer le travail.

Petit Kôyaga avait hâte de recourir à ses services. Il avait confiance en ce grand féticheur voltaïque qui était de passage à abidjan, spécialement pour décanter le problème d’un de ces nombreux « grands types » du pays, nouveaux riches arrogants en public mais assez craintifs de leur sort, au cas où l’argent arriverait subitement à manquer. Ils étaient prêts à tout, ceux là, pour maintenir la baraka de leur côté ! « Si Le Tout-Puissant est avec nous, qui sera contre nous ? »… Ce paganisme sur fond de religion avait fini par s’y confondre et d’aucuns s’adonnaient à des sacrifices scabreux au nom de ce Dieu à qui ils prêtaient tous les pouvoirs mystiques, fussent-ils diaboliques.

Petit Kôyaga était chauffeur de taxi compteur. Il avait rencontré le maitre, au hasard d’une de ses innombrables courses, un jeudi après-midi. Le vieillard avait emprunté son taxi à un des carrefours situés non loin des tours administratives du plateau. Il lui avait tendu une feuille de papier défraichie sur laquelle une adresse de la commune d’Abobo était inscrite. Les amulettes du vieil homme l’avaient d’abord intrigué et lui avaient même fait peur. Pourtant au fur et à mesure du parcours, une conversation avait débuté entre les deux hommes. L’homme lui avait dit ressentir une sorte de malédiction qui pesait sur la famille de Petit Kôyaga. Il commença à énumérer quelques petits problèmes qui faisaient partie du quotidien de Petit Kôyaga. Il lui parla de perte de mémoire régulières, d’échec scolaire, de projets avortés…

Petit Kôyaga se sentit tout d’un coup transparent. Comment cet homme avait-il pu détecter en quelques fractions de secondes, les maux qui le rongeaient depuis l’enfance ?? Aussi longtemps que le peu de mémoire qu’il avait s’en souvenait, il avait toujours eu des absences, des trous noirs… Il entrevoyait alors les échecs à l’école, qui lui avait valu d’arrêter son parcours en CM1, il songeait au nombre de fois où il n’avait pas atteint sa recette du jour, pour avoir oublié d’encaisser trop de clients… Peu à peu il se confia au vieil homme…

A 35 ans, Petit Kôyaga qui avait passé toute son enfance à Man, dans la région des Montagnes, n’avait vu la terre de ses ancêtres que 15 minutes, à l’occasion d’une halte rapide un jour qu’il se rendait à Boundiali. Il n’était pas descendu du véhicule. Pourtant il s’était senti un lien profond avec ce petit territoire rural. L’inexplicable… Nous gardons la terre de nos ancêtres dans notre âme, tel l’ADN qui définit notre nature.

Son père lui avait fait promettre, ainsi qu’à ses frères et sœurs de n’aller sous aucun prétexte dans son village natal qu’il avait fuit plusieurs années auparavant, après avoir été informé de justesse, par un mouride venu de Dakar, qu’il était la prochaine victime de la confrérie de sorciers que présidait son oncle Siaka. Il douta tout d’abord de la mise en garde du grand marabout sénégalais, avant de se rendre compte que l’oncle Siaka le regardait de plus en plus de l’œil du coupable qui a été surpris en flagrant délit et qui n’a pas l’intention de laisser de témoins.

Le père de Petit Kôyaga avait ouï dire qu’après sa fuite, oncle Siaka avait jeté un sort sur lui et toute la descendance qu’il aurait : Il s’était juré de le voir mort avant de lui-même passer de vie à trépas !

Il n’a jamais compris pourquoi cet oncle, qui avait remplacé son père, après le décès de celui-ci, lui en voulait autant. Il n’était pas plus riche ou plus intelligent que ses propres enfants…

10 ans après son exil, le père de Petit Kôyaga apprit que le vieux Siaka avait été retrouvé mort dans sa case, le corps gisant dans une mare de sang. Aucun coup ou tir d’arme n’avait été constaté sur le cadavre… Etrange mort… Il avait toujours pensé que si l’oncle Siaka avait autant duré sur cette terre, c’était uniquement grâce à sa femme, tante Fanta, une sainte réincarnée qui répandait autour d’elle amour et bonté. Il s’était toujours demandé comment cette femme avait pu s’enticher d’un homme aussi mauvais. La loi de l’équilibre peut-être… le yin et le yang.

(…)

Le samedi suivant, Petit Kôyaga arriva très tôt à la grande gare d’abobo. Le vieil homme devait l’y rejoindre à 5 heures du matin. Quand il l’avait appelé la veille, Petit Kôyaga lui avait dit clairement que ça ne l’intéressait ni de retrouver la mémoire ni de se défaire du mauvais sort familial. Son unique préoccupation était de savoir comment devenir extraordinairement riche ! Il en avait marre de cette vie de taximan qui ne lui garantissait que des hémorroïdes à vie. Il voulait être reconnu comme un grand Babatchê, faire les vrais « travaillements » lors des grandes cérémonies, rêvait d’immeubles dans les grands quartiers d’Abidjan, sa femme et ses deux enfants ne devraient manquer de rien, les écoles de renom pour eux… Tout ça n’avait à ce jour été qu’un rêve…mais ce matin brumeux là, il sentait que la chance tournerait enfin de son côté…

Le maître l’avait mis en garde : ce type de travail pourrait avoir des conséquences graves… Petit Kôyaga s’était dit prêt à assumer son destin. Il émit toutefois une condition : sa femme et sa progéniture ne devaient pas se retrouver victimes de son choix. Il ne voulait pas mettre en danger leur vie. Pour lui c’était autre chose. Il était prêt à se sacrifier pour eux, quitte à perdre un bras, un pied, un œil, la moitié du corps, la vie…

Après une séance minutieuse de « dépurification », le travail devait se faire au cimetière de Williamsville, au moment exact où le premier cadavre de la journée allait être enterré… Le pacte avec les esprits maléfiques serait alors définitivement scellé.

Les deux hommes, à la fin du rituel, devaient se séparer sans se croiser du regard. Ce serait la dernière fois qu’ils se rencontreraient…

Lorsque tout fût terminé, Petit Kôyaga ressentit une étrange émotion. Il prenait conscience qu’il ne pouvait plus faire marche arrière.

Au niveau du grand portail d’entrée du cimetière, une vieille femme qui portait 2 grands sacs, négocia avec lui son trajet jusqu’à l’aéroport. Elle avait un avion à prendre pour Lagos et celui-ci décollait dans moins de 2 heures. Vu que la circulation n’était pas encore encombrée, petit Kôyaga en déduit qu’il était possible d’arriver à Port-Bouet dans les 20 minutes. Négocier 5000 FCFA pour cette course…la p’tite vieille ne devait pas vivre à Abidjan, le royaume de l’arrangement où les clients sont toujours prêts à saigner les pauvres chauffeurs de taxis, sans pitié pour le service qu’ils rendent. Les radins !

Il rangea les sacs dans le coffre de la voiture et prit la direction de l’aéroport. Aucun autre mot ne fût échangé dans le taxi jusqu’à destination. De temps en temps, Petit Kôyaga jetait un regard furtif vers la vieille femme. Son calme dégageait quelque chose de mystérieux, mais rassurant.

Un quart d’heure plus tard il descendit sa passagère en lui souhaitant un très bon voyage. Lui n’avait jamais pris d’avion et rêvait de monter aux States dès qu’il pourrait. La femme lui sourit en lui lançant : – Mon fils il faut assumer ton destin ! Elle disparut ensuite dans la foule des voyageurs pressés…

Comme tous les samedis, la journée de Petit Kôyaga fût sans répit, il enchaina les courses aux quatre coins de la ville et même jusqu’à Bassam pour y déposer quelques touristes européens.

Il était exténué ! Quand il rentrerait le soir, Amy, qui lui aurait concocté un vrai repas, lui ferait un bon massage, avant qu’ils ne fassent l’amour histoire de se délester de la pression qu’il avait accumulée dans la journée.

Vers 21h quand il rentra chez lui, il décida comme à son habitude de vérifier si des clients distraits n’avaient pas oublié des objets personnels dans le véhicule.

Quelle ne fût sa surprise de constater que dans le coffre se trouvaient les 2 sacs de la vieille de Williamsville. Sa mémoire lui avait encore une fois fait défaut !! Il avait oublié de décharger les bagages et visiblement la vieille femme n’avait également pas eu le reflexe de le lui demander ! Où devait-elle être en ce moment ??? Dans un commissariat d’Abidjan ? A Lagos ?… Petit Kôyaga ne savait pas quoi faire. Il descendit les affaires et les déposa dans un coin de sa chambre.

Au moment d’aller prendre sa douche, les dernières paroles de la vieille femme retentirent dans sa tête… – Mon fils il faut assumer ton destin !

Son intuition le guida alors vers les sacs égarés. Il resta bouche bée devant ce qui s’offrait à sa vue : le premier sac était rempli de liasses de billets de banques euros, dollars et CFA… Il prit peur ! En ouvrant le second sac, il manqua s’évanouir : des lingots d’or !! Pris de panique il s’enferma dans sa chambre, reprit son souffle pour réaliser ce qui lui arrivait ! Le maître, le cimetière, la vieille femme, les sacs…

C’est quand il voulu ranger les sacs dans le fond de son placard, le temps de réfléchir à ce qu’il allait en faire, que tout s’éclaircit. Un petit bout de papier glissa d’une des poches externes sur lequel Petit Kôyaga pouvait lire : TICKET POUR L’ENFER. PRIX A PAYER : 6 MOIS A VIVRE (mort violente dans les mêmes conditions que l’enterré de l’aube).

Petit Kôyaga frissonna de peur, mais se ressaisit aussitôt. Le choix il l’avait fait depuis ce matin. Il devait désormais assumer son destin. Le compte à rebours venait de commencer…

Il fit l’amour à sa femme comme jamais il ne l’avait fait. Entre deux souffles, il savait que cette nuit était la dernière que sa famille et lui passeraient dans ce bidonville.
Il tenait à profiter à fond de son ticket sans retour.
Amy serait une très jeune veuve, mais elle s’en remettrait vite avec tout ce qu’il allait lui laisser ainsi qu’aux enfants… Il avait choisi l’enfer pour eux, il devait donc gagner leur paradis…

Nb: Nouvelle inspirée d’une conversation que j’ai eu avec un chauffeur de taxi compteur le 1er janvier. Lui était prêt à prendre son ticket pour l’enfer… A chacun ses choix…