Comme le caca de chat…

Pour désigner une personne près de ses sous, les ivoiriens aiment utiliser l’expression suivante:

Son argent est comme caca de chat!!


Si par le passé, la comparaison se faisait à raison, plus on évolue dans le temps, plus elle s’avère erronée!

Avant avant (répétition bien ivoirienne pour donner plus de portée au mot), il est vrai que c’était presqu’impossible de tomber sur des excréments de chats… Les chiens et autres moutons et boeufs de passage étaient chargés de la sale besogne de déposer leurs commissions où l’envie les prenait.

Malgré le fait que dans 99% des maisons, il n’existait pas de litières leur étant destinés, nos chats très soucieux de leur hygiène et de l’environnement, filaient en douce pour se creuser un trou dans la terre, où ils postaient leurs courriers puis refermaient, ni vu ni connu…
En plus, ça faisait de l’engrais naturel pour le sol…

Puis, l’urbanisation est arrivée à grands coups de machines, abattant les arbres et construisant partout où il y avait le moindre espace vert…
Il devenait de plus en plus dur pour nos chats de trouver des terrains nus d’habitations pour se soulager… Désemparés, à  bout de souffle, à force de courir toujours plus loin pour trouver une solution, il décidèrent de jeter l’éponge et de faire comme leurs autres copains mal domestiqués: ils ravaleraient leur pudeur et feraient caca aux yeux de tous!!! Tant pis pour les odeurs! Dommage pour l’engrais perdu…

Depuis ce temps, il est devenu courant de faire des dialogues directs avec les crottes de chats.
Désormais, la tâche incombe aux chers humains de nettoyer et jeter à la poubelle ces dépôts variés.

Dire maintenant de quelqu’un qui est avare que son argent est comme le caca de chat n’a donc pas de sens…A moins qu’il soit simplement économe, en dépensant ce qui est nécessaire et en épargnant le reste.

Parce que nos chats ont toujours fait de leur mieux pour nous épargner certaines contraintes hygiéniques,
Parce qu’il faudrait s’alarmer que, par notre faute, leur comportement naturel s’est adapté à notre mépris de l’environnement,
Parce que si nous ne faisons pas plus attention à notre petite planète, un jour c’est elle qui nous fera son gros caca nerveux,
Mieux vaudrait pour nous que nous préservions notre Terre en « singant » un peu les chats (eh oui je parle macaque parce que nous sommes en plein boom de la banane)!!!

Ma petite histoire scatologique est un prétexte pour inviter chacun de nous à s’approprier certains gestes écologiques.
A force d’encombrer la terre de constructions, de la napper de goudron et de béton, ne soyons pas étonnés qu’un jour elle nous engloutisse tous en une bouchée!
Peut-être ferions-nous meilleur engrais pour les futures espèces…un peu comme le caca de chat!

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Côte d’Ivoire & Environnement: On est où là??

Hier 8 novembre 2013, j’ai vu un reportage au journal télévisé de 23h de la RTI 1, qui m’a laissée dubitative sur notre conception de l’environnement…

Dans le cadre d’une campagne intitulée « chasse aux produits alimentaires prohibés », menée dans la commune de Cocody, les reporters de la RTI 1 ont suivi une équipe chargée du respect de l’environnement.

C’est très fièrement que le responsable « environnemental » a expliqué que ses équipes sillonnent maquis, bars etc… chaque mois pour saisir les boissons et autres produits périmés destinés à la vente malgré leur DLC (date limite de consommation).

Très bien me suis-je dit… Mais j’ai vite déchanté!

Sous les caméras de notre très professionnelle chaine de télé nationale, il a été procédé à la destruction; par le feu et en plein air, de ces produits de consommation périmés. J’ai vu des bouteilles en plastique de 50 cl remplies de soda, sur lesquelles nos heureux « environnementeuRs » déposaient des morceaux de cartons pour faciliter le flambage final! A moins d’être bigleuse, à aucun moment je n’ai vu de personnes portant des masques de protection… En même temps, cela paraît tout à fait normal, lorsque visiblement, les mesures minimales liées au respect de l’environnement, ne sont même pas respectées!!!!

L’ENVIRONNEMENT, ces « environnementeuRs » savent-ils ce que c’est??

Le voisinnage contraint de respirer ces odeurs toxiques dégagées par des produits enflammés comme un simple barbecue??

Cette pauvre terre qui aura du mal à se renouveler après toute la merde qu’elle a ingurgité???

Comment se fait-il que ces fiers « environnementeuRs », n’ont pas eu à l’idée que brûler ces produits dans pareilles conditions, ne fait que contribuer à la pollution de notre « fameux » environnement????

Ne possèdent-ils pas d’incinérateurs destinés à cet acte délicat???

N’existe t-il pas de LOI interdisant la destruction de ces produits dans ces conditions?? J’ai pourtant appris que SI, et ce, depuis le scandale des déchets toxiques! Mais comme les ivoiriens ne respectent rien, pas étonnant qu’on fasse n’importe quoi sans que ça n’aille quelque part! L’insalubrité générale en est un bon exemple!

Et pourquoi donc, ces « environnementeuRs » ne se sont pas dit qu’il suffisait de vider les récipients de leurs contenus et utiliser ces emballages pour du recyclage?????

Le tri sélectif, savent-ils ce que ça veut dire??? Le papier à part, le plastique autre part, l’aluminium d’un autre côté, le verre ailleurs etc…???

Franchement les gens font exprès ou y a t-il simplement, dans notre pays, trop de personnes qui ont fait de la connerie un art majeur??

Et ces journalistes tous fiers de diffuser leur reportage, sans même se douter qu’ils ont cautionné une atteinte à l’environnement…

Côte d’Ivoire & Environnement: On est où là??

Ci-après le flash info de 10h ce jour. A partir de la 2″50 une partie du reportage (choquant!)… Notre chaîne nationale étant réputée pour ses rediffusions, à mon avis, vous n’aurez aucun mal à le voir (ou revoir), en intégralité, dans les JT de ce weekend… (A moins que ça ne finisse par faire tilt dans leur esprit…)

Et puis merde! Qu’on détruise tout dans notre inconscience et qu’on crève!

 

PLANS D’ASSAINISSEMENT

Pendant que nos forêts commencent enfin à être nettoyées de la vermine qui s’y était installée de force, deux autres dispositions méritent également notre meilleur d’attention. Il s’agit de l’adoption du projet de loi sur la cybercriminalité et la protection des données personnelles, ainsi que le projet de décret concernant l’interdiction de la production, l’importation, la commercialisation, la détention et l’utilisation des sachets plastiques.

Dans le premier cas, il est question de permettre au gouvernement d’avoir un cadre juridique précis afin de mettre les citoyens à l’abri des nouvelles formes d’infractions webosphériques.

Dans le second cas, le but serait de protéger notre environnement de tous les déchets non biodégradables, qui polluent de plus en plus nos terres en menaçant notre santé. Dans les 6 mois à venir, tout le stock actuel devra être utilisé, recyclé ou détruit. Au-delà, leur utilisation constituerait une infraction passible de sanction.

Nous ne pouvons que saluer ces deux plans d’assainissement, l’un numérique et l’autre environnemental.

Depuis plusieurs années, l’image de la Côte d’Ivoire n’est pas reluisante dans l’espace web. Il suffit de taper « cybercriminalité » sur la plupart des moteurs de recherches pour voir le nom de notre pays figurer en premières pages. Côte d’Ivoire yako ! La génération broutage n’a pas encore dit son dernier mot, mais si la répression devient effective, le pays pourra parvenir à un certain seuil de confiance. Entretemps, sur le web, avoir une adresse IP provenant de Côte d’Ivoire est un vrai casse-tête pour qui veut, ne serait-ce que consulter certains sites étrangers. On peut souvent lire un message d’avertissement à l’attention des utilisateurs contre les arnaqueurs ivoiriens. Et bien entendu, ce type de « warning » donne l’impression que tous les ivoiriens font partie du même panier d’araignées venimeuses. A force de malversations de gamins à peine pubères, pour la majorité, les ivoiriens font peur sur la toile ! Tant mieux alors si la nouvelle loi vient apporter des solutions à ce problème. Le monde numérique évoluant assez rapidement, le législateur devra constamment être sur ses gardes pour ne pas voir les petits filous passer dans les mailles du filet. Le jeu du chat et de la souris risque d’être sans répit. Mais une chose est de définir l’infraction de cybercriminalité, une autre sera d’identifier clairement les coupables et d’appliquer fermement des sanctions à leur encontre.

Assainir notre image numérique c’est bien, mais rendre notre environnement vivable c’est encore mieux ! Nos villes sont de vrais dépotoirs ! Le plus gros des déchets est constitué par les sacs en plastique jetés anarchiquement dans nos rues. La décision du gouvernement est louable, mais durant les prochains mois, il faut espérer que des campagnes de sensibilisation soient menées, pas seulement devant les caméras de télévisons, mais en faisant un vrai travail de proximité auprès des populations. Il serait aussi urgent de rééduquer la population sur les simples règles de salubrité. Les poubelles publiques méritent d’être vidées régulièrement et non uniquement servir à donner bonne conscience au Ministère de l’Environnement, de la Salubrité urbaine et du Développement durable. Qu’en est-il du tri sélectif des déchets ? Existe-t-il des usines de recyclage d’ordures? Le respect de l’environnement n’est pas seulement une affaire de sachets en plastique, non biodégradables, qui bouchent nos caniveaux et bloquent l’évacuation des eaux usées.

Quand on prend une bonne décision, il est important de l’appliquer jusqu’au bout. C’est à ce prix là que nous pourrons profiter un jour d’un environnement durablement sain. Mais nous savons tous que le meilleur plan d’assainissement qui pourrait nous être appliqué est celui de nos propres mentalités…

Ecocitoyenneté

Le weekend est arrivé! Beaucoup d’entre nous mettront le cap sur les différents sites balnéaires que compte notre pays.
Ce sera l’occasion, pour la plupart, de se relaxer et de profiter des bienfaits de la mer, après une rude semaine de travail. Par la suite, chacun rentrera chez lui, la mine joyeuse d’avoir pu bénéficier des caresses de l’air marin, d’avoir eu le privilège de bien manger et d’avoir allègrement pataugé dans l’eau salée.

Or, derrière ce bonheur, se cache une autre réalité, pourtant flagrante : nos bordures de plages sont sales !
Comment pouvons-nous, dans ces conditions, promouvoir le tourisme, si nos visiteurs sont accueillis par des quantités énormes de déchets rejetés par la mer ? Un tel état des lieux ferait perdre de sa superbe au site le plus luxueux.

Il suffit de parcourir les plages d’Assinie, Bassam, Modeste, Mondoukou, Sans Pédro etc…pour constater que l’environnement est en danger dans ces zones !

A qui la faute ? Aux propriétaires des restaurants longeant les plages ? Aux mairies ? Aux clients trop aveuglés par leur amour de la mer, pour voir clairement la saleté qui lui sert de paillasson?
A dire vrai, chacun a sa part de responsabilité dans l’affaire !

Et si, pour résoudre le problème, nous cultivions l’écocitoyenneté ?

La nature a besoin de nous en même temps que notre survie en dépend. Pour maintenir ce lien réciproque, il faudrait que nous aussi, à quelque niveau que nous soyons, sentions en nous le devoir de protéger notre environnement. C’est de cette prise de conscience que découleront des actes simples qui se feront peu à peu naturels en nous et qui permettrons de préserver le meilleur de ce que la nature nous offre.

L’éducation étant un pilier de l’organisation humaine, il nous appartient d’initier les enfants, dès les premières classes du primaire aux valeurs de l’écocitoyenneté, en utilisant des moyens ludiques.
Ainsi, quoi de mieux que d’organiser des classes de découvertes à la mer, au cours desquelles, chaque enfant serait sensibilisé sur le respect de la nature et invité à toujours veiller à rendre son environnement propre.

En collaboration avec les communes et les hôteliers, des opérations ponctuelles « Plage Propre » pourraient être mise en place, afin que tout le monde mette la main à la patte et assainisse au maximum les portions de terre à ratisser.

Si chacun de nous développait en lui son écocitoyenneté, nos virées du weekend à la plage seraient mille fois plus bénéfiques. Pensons-y!

Pour commencer, il faudrait éviter d’être soi-même un producteur de déchets. Les bouteilles à la mer, ça va de temps en temps pour les déclarations d’amour et autres messages insolites. Toutefois, ce sont des gestes à bannir si nous voulons préserver nos fonds marins, leur faune et leur flore. Il y a aussi de la vie en dessous, n’oublions pas !

Des poubelles doivent être disponibles tout le long des plages, pour que les visiteurs sachent où déposer leurs ordures de fin de journée. Aussi, un système efficace de recyclage peut être développé, pour permettre la récupération des bouteilles en plastique, par exemple, qui serviraient plus tard aux vendeuses de jus de fruits.
A défaut de politique réelle de recyclage, utilisons le système D. Devenons des écocitoyens ingénieux.

C’est tous ensemble qu’on contribuera à l’émergence de la Côte d’Ivoire. N’attendons pas 2020 pour jeter les bases du développement environnemental. Il y a tant de beaux sites à mettre en valeur. Imposons nous la salubrité, assurons-nous que l’intérieur de notre cour soit aussi reluisante que l’extérieur.

Soyons soucieux de notre bien-être.

(Article, légèrement mis à jour, paru dans le quotidien “L’Intelligent d’Abidjan du vendredi 14 septembre 2012)

La mer nous parle

Il suffit de bien l’observer pour comprendre que la mer nous parle.
Autant elle tolère que nous nous blottissions dans son lit, autant elle rejette ces outrages que nous lui infligeons, fruits de nos négligences.
Pourtant nous insistons.
Alors elle vomit de toutes ses entrailles et frappe de toutes ses vagues, sa colère!

Quand la mer devient mauvaise, demandons-nous simplement si ce n’est pas parce qu’elle en a marre d’être autant souillée par nos déchets!

Pensons environnement…

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