Avoir le courage de reprendre tout à zéro…

Quand j’étais plus jeune je rêvais de devenir pâtissière, professeur de lettres, écrivain, diplomate, avocate, sculptrice, peintre, potière, chanteuse, danseuse classique, pianiste, guitariste, hôtelière, etc…etc…

Que reste t-il de ces aspirations??? Pas grand chose…

Pourtant moi aussi « j’aurais voulu être une artiste pour pouvoir faire mon numéro »… Mais le courage de repartir en arrière pour tout reconstruire m’a souvent fait défaut, ou lorsqu’il était bien présent, les réflexions des uns et des autres, l’ont fait reculer jusqu’à se prendre un gadin!

J’ai ainsi jonglé en faisant certains réajustements d’aspirations et en mettant en veille prolongée, la plupart des rêves de mon enfance… Or le temps est traite, qui passe sans attendre que nous soyons enfin disposés à l’utiliser…PRIMA N°315 NOVEMBRE 2008

Il y a quelques jours, je suis tombée sur le n°315 de novembre 2008 du magazine féminin PRIMA. L’article « Passions tardives » a immédiatement attiré mon attention… Il s’agit du portrait de deux femmes, Sandra Baud et Françoise Akar, qui ont pris le risque de vivre leurs passions alors que leurs vies semblaient déjà toutes tracées et leurs âges un peu trop avancés pour leur permettre de « rêver »…

C’est ainsi que malgré une maitrise de psychologie sociale, qui la destinait à une carrière en ressources humaines, Sandra Baud se lance dans la maroquinerie (en obtenant un CAP dans la matière) et crée des accessoires en cuir. Quand elle ouvre sa boutique en 2004, elle a 35 ans et elle est plus épanouie dans son « véritable » métier.

L’histoire de Françoise Akar, m’a encore plus sciée, car il faut vraiment du cran pour débuter des études de médecine à 35 ans!!! C’est ce qu’elle a fait en abandonnant son métier d’institutrice et en écoutant la petite voix au fond d’elle qui lui chuchotait: FONCE! Surmonter la différence d’âge à la fac, faire fi du pessimisme de certaines personnes de son entourage, bosser dur pour réussir: elle l’a fait, jusqu’à devenir médecin à 45 ans!!!

Dans les deux histoires, il est important de souligner que leurs compagnons respectifs leurs ont été d’un grand appui moral. Le courage se renforce donc lorsqu’au moins une personne croit avec nous et nous soutient dans la réalisation de nos passions… Seul, sans encouragement, il devient plus difficile d’y arriver…

Que dire des passions tardives en Afrique? Combien de personnes ont le courage de reprendre tout à zéro lorsque l’âge commence à se vouloir ingrat?

Parfois, j’ai la vague impression de vivre sur un continent où le rêve, à moins d’être ultra-conformiste, n’est plus permis passé un certain âge.

Et si je décidais de tout abandonner pour me consacrer entièrement à cette passion que je n’ai pas citée plus haut mais qui me tient à cœur? Peut-être me prendrait-on pour une folle…

Trop vieille? Trop tard?

Un sérieux tête à tête avec le courage s’impose …