CES PATRONS QUI TIENNENT NOS VIES ENTRE LEURS MAINS

Pour beaucoup de travailleurs, le mois de novembre est un moment crucial où se joue leur avenir professionnel. C’est le temps des notations ! Entre bonus et évolution de carrière à déterminer, cette période est une zone de turbulence à traverser sans encombre pour les uns, mais fatale pour les autres.

C’est l’occasion de remercier tous les employeurs qui évaluent leurs personnels à leurs justes valeurs, qui sont à l’écoute de leurs préoccupations, tant professionnelles que privées, contribuant ainsi à l’épanouissement de ceux sans qui, leurs entreprises ne pourraient faire ces énormes bénéfices qu’ils sont fiers de publier en fin d’année et qui raviront leurs actionnaires.

Quoi de mieux que d’être reconnu comme un bon employé, ayant atteint (et même dépassé) ses objectifs de l’année ? Quoi de plus valorisant qu’une prime conséquente pour décembre en remerciement de ses loyaux services ?

Mais ne rêvons pas trop! Beaucoup de drames se jouent dans cette période fatidique. En effet, il existe de nombreux « patrons » jamais contents de rien. Un objectif atteint pour eux, n’est qu’une évidence qui ne donne nullement droit à des félicitations.  Pour cette race de patrons, des mots d’encouragements sont plus difficiles à dire que franchir l’Everest en une heure. L’utilisation du pouvoir qu’ils détiennent en entreprise se résume en l’exercice d’une calomnie permanente, aux règlements de comptes incompréhensibles, aux problèmes de personnes constants !

Le harcèlement moral est tellement enrobé d’hypocrisie, qu’il se perçoit mal… Et plus le temps passe, plus l’employé, qui subit les pressions continuelles de son patron acariâtre, ne sait à quel saint se vouer. Il dépérit à vue d’œil, devient improductif, ce qui accentue encore la rage du « maitre » sur son « esclave » ! Certains patrons ne sont heureux que dans la souffrance de leurs subalternes. Combien de femmes n’ont pas vu leurs carrières se briser, pour avoir simplement refusé les avances du patron ? Combien d’employés qui ont su tenir tête aux patrons mesquins et refuser d’être des taupes auprès de leurs collègues se sont vus passer des dizaines d’années dans un service sans que leurs salaires n’évoluent d’un iota ? Que dire de ces patrons qui n’arrivent pas à dissocier problèmes personnels et professionnel s, remettant toujours en cause le sourire matinal qu’ils n’auraient pas reçu ou les courbettes qui ne leur auraient pas été faites, comme si ces actes déterminaient la productivité?

En toute vérité, beaucoup d’entre eux gèrent leurs services, départements, directions  comme des dictateurs, semant la terreur dans tous les bureaux!

Pourtant, rien n’est plus agréable que de travailler dans un climat de confiance, où la rigueur et le souci d’efficacité ne s’apparentent pas à de la torture psychologique…

Finalement, pour mieux survivre à ces patrons qui tiennent nos vies entre leurs mains, la meilleure astuce consiste à bien faire son travail, en les laissant nager seuls dans leur mépris naturel. Toutes les expériences, même les plus horribles, forgent la personnalité. Et c’est seulement au moment où, poussé à bout et franchissant la porte de sortie, que l’on réalise que toutes ces épreuves n’étaient que le signe d’un vrai bonheur à venir, promesse de délivrance absolue…

A tous ces patrons qui se reconnaitraient en parcourant ces lignes, il est temps de comprendre que la vie ne se limite pas aux murs de vos entreprises.  Apprenez donc à respecter vos subordonnés et à juger leur travail avec impartialité. Tout le monde gagne au change quand le travail s’effectue en bonne intelligence.

Bon courage à tous ces employés transparents qui seront encore une fois mal notés, mais qui stoïquement continueront de se tuer à la tâche… Jusqu’à quand ?

 

(Paru dans le quotidien L’Intelligent d’Abidjan du vendredi 23 novembre 2012)