MTN: Rire Jaune Everywhere ! 

Après avoir vu des vertes et des pas mûres ailleurs,
Après avoir goûté des oranges très amères,
Le coup de foudre fut instantané !
Je me mettais enfin à chanter à tue-tête :
Yellow Yellow everywhere you go,
Yellow Yellow c’est mon nouveau réseau !!!

Le jaune rayonnait dans ma vie.
De mon forfait mobile sur mon numéro 44…, à ma WiFi Pocket en passant par ma clé internet, je gueulais à qui voulait l’entendre que MTN c’était le meilleur de tous !

Mais notre idylle était trop belle pour être vraie. Il aurait fallu l’expérience de la dite « Mobile Wifi » pour douloureusement m’en rendre compte.
Tout avait pourtant bien commencé.
Jusqu’à hier, mon appartenance au maillot jaune était complète et ma confiance sans pareil !

Hier, mon ami fidèle se fit distant.
Je me mis à voir rouge comme le réseau sur ma Mobile Wifi. Problème de communication me suis-je alors dit. Ça passerait.

Quelle ne fut ma stupeur de constater aujourd’hui que les règles avaient changé à mon insu.
Un appel au service technique et tout bascula.
A. K., mon interlocuteur, m’informa que:
1. Mon forfait étant résidentiel, je ne pouvais me connecter qu’à partir de la maison.
NB: lors du changement obligatoire d’appareil de connexion, ce fameux forfait m’avait été imposé. La stagiaire qui m’avait servi de conseiller clientèle, m’avait expliqué de sa voix peu assurée, que la connexion était accessible partout mais avec la 4G optimale dans la zone résidentielle. J’avais souligné ce jour là l’absurdité d’une telle solution. Mais d’avril à ces dernières 48 h tout se passait comme on me l’avait dit…

2. Si je voulais un forfait mobile pour bénéficier du réseau everywhere, il me faudrait me rendre en agence pour configurer à nouveau ma Mobile Wifi…

Depuis quand une souscription à un service mobile spécifique se mue t-il en assignation à résidence sans la moindre information préalable au client ni son accord ???

Les fournisseurs d’accès Internet en Côte d’Ivoire nous prennent en otage chaque jour un peu plus et nous délestent de nos petits CFA sans état d’âme. Aucun respect pour la clientèle ballottée entre les offres aussi incongrues les unes que les autres…
Dans un pays où rien ne va quelque part, c’est le pauvre consommateur qui a tort face aux avides fournisseurs de services.

J’apprends par la suite que de 19.000 Fcfa en illimité ou 15 Go mensuels pour 1MBPS, je devrais être contrainte de choisir des forfaits Jour (200 Mo à 449 Fcfa), Semaine (700 Mo à 1299 Fcfa / 1.4 Go à 2199 Fcfa) ou Mois (1.5 Go à 7499 Fcfa / 3 Go à 9999 Fcfa) pour pouvoir disposer d’une quelconque mobilité…

Je ne sais pas encore ce qu’il adviendra de mon pauvre forfait Adoption 15 Go en cours depuis le 29 août…
Je suis fatiguée des continuels coups de gueule à l’endroit de nos opérateurs sourds et aveugles, spécialistes en ventes forcées et publicités mensongères !

Le combat étant perdu d’avance, ma décision est prise. Je ne m’abonnerai plus à aucun service Internet. Je profiterai des périodes de gratuité ou des connexions publiques accessibles.

Il paraît qu’on ne peut plus vivre sans internet…
Eh bien, je mourrai donc en riant jaune !

Cheers !

Ps: connexion d’une tierce personne utilisée pour effectuer cette publication…

MONDE VIRTUEL

Dans le milieu des années 90, les bippers venaient révolutionner le monde de la communication à distance. Les privilégiés qui possédaient ces petits boitiers permettant de recevoir des minis textes, narguaient leur entourage à coups de « bips » qu’ils s’échangeaient entre eux. Les autres, le regard envieux, ne se doutaient pas encore des chamboulements d’envergure qui n’allaient pas tarder à s’imposer à nos vies à tous.

Vite écartés de la circulation, les bippers furent détrônés par les téléphones mobiles. Parallèlement, on a eu droit à l’ascension fulgurante de l’internet ! La vraie révolution !! Les boites de messageries instantanées (emails, chats) sont alors venues faire un croche-pied à nos bonnes vieilles lettres à la poste ! Pour se sociabiliser, il fallait désormais adhérer au monde virtuel et à ces codes.

Les années sont passées, et les évolutions se sont faites plus importantes, avec leurs avantages et bien évidemment quelques inconvénients.

Prenons le cas des réseaux sociaux. Utilisés, à la base, de façon ludique pour maintenir en contact des groupes de personnes autour de divers centres d’intérêts, ceux-ci se voient parfois accusés de nous dé-sociabiliser, en nous coupant de la vie réelle.

Pourtant leur usage est de plus en plus prépondérant et tend même à se professionnaliser. Aussi, nos dirigeants locaux commencent-ils à comprendre que l’internet est un instrument efficace de divulgation et de partage d’opinions. Ils ont réalisé que les nouvelles guerres d’idées se font sur la toile, qui sont souvent très décisives. On ne parlera pas de l’impact de Twitter sur la dernière campagne présidentielle américaine…

Cependant, actuellement dans le pays, il y a comme une volonté de mettre la charrue avant les bœufs.

De peur d’être cette fois en marge du progrès, nous nous référons, dans tout et pour tout, au monde virtuel, et cela, même quand les moyens nous font défaut.

C’est désormais avec indifférence qu’on entend tous nos gouvernants parler de tablettes, twitter et Facebook comme s’ils voulaient rattraper leurs énormes lacunes en la matière.

Mais avons-nous les capacités d’intégrer l’internet en toutes circonstances et dans tous nos domaines d’activités?

Plusieurs difficultés sont déjà rencontrées dans le cadre des inscriptions à l’université.

Nous nous réjouissons de savoir que les espaces universitaires disposeront d’émetteurs wifi en libre-accès. Mais à partir de quels supports se connecteront les « pauvres » étudiants, dont une grande majorité a été obligée d’attendre la réouverture de l’université publique, pour pouvoir se remettre aux études ? Beaucoup de parents ne disposent pas de ressources financières suffisantes pour inscrire leurs progénitures dans des grandes écoles ou universités privées.

Des tablettes seront-elles gracieusement offertes à chaque étudiant après son inscription ? J’en doute…

Les ministres vivement invités à utiliser des tablettes lors des conseils? Bonne idée ! Mais la plupart maitrisent-il cet outil? Rien ne sert de paraitre !

Pour toutes ces raisons, il est évident que l’accès au monde virtuel ne sera pas aisé pour tout le monde.

La population qui souffre n’a pas encore le temps et les moyens de disposer de ces outils. Ignorer cela serait grave !

C’est bien de vouloir transposer nos vies dans le virtuel, mais il serait encore mieux de trouver des solutions appropriées pour réduire la fracture numérique.

Actuellement dans le pays, il y a un vent euphorique qui nous berce, en nous rassurant que le monde 2.0 est accessible à tous.

Soyons vigilants ! Si nous voulons vraiment contribuer à un développement numérique dans notre pays, essayons de ne pas créer le fossé dans la population.

Ne développons pas des valeurs virtuelles difficiles à concrétiser dans la vie réelle.

(Paru dans le quotidien l’Intelligent d’Abidjan du 12/10/12)