Quand les voies de l’amour sont parsemées d’embûches

Le 14 février, le monde entier célébrait l’Amour…

Si ce jour a permis à certains de partager des instants de bonheur qui resteront à jamais gravés dans leurs esprits, la très chère « Saint Valentin » a aussi été pour d’autres, cœurs malheureux pour diverses raisons, un supplice à vivre, un fardeau à supporter, une flèche empoisonnée transperçant leurs âmes!

J’aurais voulu rendre un hommage particulier ce jour là, à un couple que je connais très bien. J’avais les mots, j’avais l’entrain, pourtant j’ai hésité, puis fini par m’abstenir d’écrire quoi que ce soit.

Aujourd’hui que l’euphorie des amoureux de la planète est un peu retombée et que chacun se retrouve face à sa « vraie réalité », j’aimerais parler de ces 2 là, qui n’ont certes pas pu être ensemble pour la St Val, mais dont l’amour transcende le formatage commercial.

Il s’agit de mes amis Sergine et Zéphirin. Mari et femme luttant depuis quatre ans pour qu’enfin leur amour soit reconnu par les autorités canadiennes.

Le collège nous a mis sur le même chemin en 1989 pour Sergine et 1992 pour Zeph. Depuis le temps, notre amitié demeure. Elle est ma sœur, lui mon frère. J’ai été le témoin de leurs premiers émois lorsque nous étions sur les bancs de l’école. J’ai aussi fini par être le témoin privilégié de leur union, des années après que la vie les ayant séparés, décida de les réunir à nouveau pour le meilleur et le pire.

Avec Sergine et Zeph, j’ai eu l’illustration parfaite de l’adage ivoirien qui dit que:

Quand quelque chose est pour toi, tu montes, tu descends, ça sera à toi!

Il n’y a pas à dire: ces deux là sont vraiment fait l’un pour l’autre! 25 ans que nous nous connaissons, 25 ans que j’ai suivi la vie de l’un et l’autre, leurs passions, leurs ruptures, leurs nouvelles vies à parcourir de nouveaux horizons, leurs réconciliations… 25 ans de rires et de larmes… 25 ans de je t’aime oui, je t’aime mais… 25 ans de fraternité réelle…

Mais voilà que les voies de leur amour sont parsemées d’embûches qu’ils essaient bravement de surmonter malgré leur épuisement physique, psychologique et financier. Car oui, l’amour peut coûter cher lorsque des milliers de kilomètres séparent les cœurs qui s’aiment; lorsqu’il faut batailler dur pour justifier qu’on est réellement amoureux; lorsqu’il faut se résoudre à dépenser des sommes colossales en billets d’avions pour profiter quelques semaines de la chaleur de l’être aimé.

L’amour est sacrifice, et croyez-moi ces deux là en font… dans l’espoir qu’un jour enfin, tous leurs obstacles soient enfermés à jamais dans une boîte à mauvais souvenirs qui sera jetée à travers le hublot de l’avion qui conduira l’époux vers sa douce moitié.

A Sergine et Zeph dont l’amour résiste aux intempéries,

A tous les amoureux sincères qui supportent la distance,

A tous ceux qui se battent pour le regroupement de leurs familles,

A ceux que dans leurs mariages il n’y a de blanc que la pureté de leurs sentiments,

Je souhaite beaucoup de persévérance et que Dieu défasse les nœuds visibles et invisibles dans votre relation, au nom du vrai Amour!

Un jour ça va aller…

La joie de la Sergine lors de son mariage traditionnel en janvier 2010.

La joie de Sergine lors de son mariage traditionnel en janvier 2010.

 

Lui

– Tu le savais! M’a t-il dit en me fixant sereinement.
– Tu savais où tu mettais les pieds en entamant cette relation avec moi. Je ne t’ai obligée à rien!

Je n’arrivais plus à refouler les larmes qui faisaient leur festival dans mes orbites. A ce moment précis, j’aurais tout donné pour bénéficier de l’enlèvement divin. Mais le miracle tardait à se produire. Je n’avais que ma douleur comme consolation.

Lui continuait de me jauger, scrutant mes gestes avec agacement.

Je l’aimais, mais je me devais de faire un choix.
Devenir sa maitresse ou retrouver ma liberté, volant seule de mes ailes meurtries?
Dans l’un ou l’autre cas, l’unique certitude que j’avais, c’était que je l’aimais.
Oui j’étais folle de Lui! Il le savait…

Et pourtant, ce n’était pas facile.
Dès le départ, d’ailleurs, rien n’avait été simple entre nous.
C’était comme si la lune et le soleil, avaient décidé que les éclipses pouvaient être quotidiens : utopie ! Comment s’aligner sur le même fuseau, quand tout concoure à nous maintenir dans des mondes parallèles?
Lui n’avait pas un métier de tout repos. Moi j’avais un cœur fragile.

Nous vivions notre relation, en décalage l’un de l’autre…

Mais j’aimais tout en Lui. Son intelligence, son humour, son sourire, sa franchise, son aura … Tout!

M’aimait-il Lui? Parfois j’en étais sûre, ça coulait de source. D’autres fois j’en doutais…

(…)
Cette scène, je l’avais imaginée à plusieurs reprises, sans savoir que je la vivrais si tôt.

Il avait raison: je le savais. Tout le monde le savait !

Elle l’avait soutenu dans les périodes de vaches maigres, en se sacrifiant corps et âme pour lui. Pendant ses 5 années de maladie, Elle avait épuisé tous les petits boulots qui pouvaient exister pour assurer leur pitance. Seul comptait pour Elle le bien-être de Lui.  Et Elle était son équilibre…

Même quand Lui, lui avait donné du fil à retordre, Elle avait su lui pardonner. Elle était la compréhension réincarnée.
Elle avait accepté, en ravalant sa fierté, tous les fruits issus des incartades de Lui.
Il avait de la chance, Lui. Il avait à ses côtés la femme idéale. Mais les hommes étant ce qu’ils sont, cela ne l’empêchait pas de butiner de temps en temps quelques jolies plantes sur son chemin. Mais elles ne comptaient pas. Elles restaient éphémères pour Lui qui s’en retournait toujours vers Elle.

C’était une évidence : on n’abandonne jamais ce type de femmes, celles qu’on appelle chez nous « femmes de galère »…  Celles qui ont tout supporté avec bravoure… Une de celles dont l’homme parle fièrement en disant : – je ne travaillais même pas quand on s’est rencontré, c’était dur de joindre les deux bouts, mais elle a toujours été là pour moi.

(…)

J’étais sans attache quand je me suis entichée de Lui. J’avais conscience qu’il n’était pas à moi, mais j’ai écouté mon traite de cœur me chanter les sérénades en faveur de Lui. Je n’ai pas résisté longtemps. Comment aurais-je pu ? Les foudres de l’amour avaient su où porter leurs coups.

Jusqu’à ce jour, j’ai vécu notre histoire, partagée entre l’envie de crier au monde que je l’aime et l’insécurité du coupable vivant en clandestinité.

Jusqu’à ce jour, j’ai supplié le bon Dieu de retarder cet instant fatidique où l’on sait que tout est perdu pour toujours.

Demain, Lui officialisera son amour pour Elle devant le maire.  Non pas parce que ça leur tient tant à cœur, mais juste pour faire bien. Eux savent qu’ils se sont toujours aimés. Ils n’ont jamais eu besoin du sacrément pour le savoir. Mais quand on a de si hautes responsabilités professionnelles, il faut apprendre à se plier aux normes. C’est la dure règle des apparences ! Lui a dû capituler…

Demain, il y aura du beau monde à la mairie. La fête sera grandiose. Je serai sûrement enfermée dans ma chambre entrain de purger les dernières larmes de mon corps.

Les médias se chargeront les jours à venir de creuser la plaie béante de mon cœur, en affichant sur toutes leurs Unes, la photo des tourtereaux enfin unis devant les hommes. La love story parfaite !

(…)

J’avoue avoir parfois nourri des espoirs vains à son égard. Si le grand Madiba avait remercié sa douce Winnie, c’est qu’aucun pilier amoureux n’était inébranlable…

Jusqu’à ce jour, j’utilisais le vide juridique existant, pour légitimer ma relation avec Lui : ayant une compagne ou non, moi j’étais amoureuse d’un célibataire.

 

A présent, les choses changent. Demain, Lui sera un homme marié.  J’ai toujours eu pour principe de ne pas avoir de relation avec un homme marié. Lui ne sera pas une exception. J’ai perdu la bataille. Ma lutte pour son cœur s’achève net !

 

(Nouvelle écrite le 30/03/2013)