PAUVRES, OUI…MAIS

L’Afrique est pauvre ! Du moins, nos terres sont pleines de richesses, mais aussi incroyable que cela puisse être, nous demeurons, pour la plupart démunis !

Au delà des accusations que nous aimons porter à l’encontre de nos chers colonisateurs spoliateurs, d’hier et d’aujourd’hui, il faut reconnaitre que nous sommes loin d’être étrangers à ce qui nous arrive.

Faisons n’importe quel sondage dans nos villes et villages sur la situation financière générale. A l’unisson, nous soutiendrons avec fermeté que le pays est devenu difficile à vivre, que tout y est cher, que nous sommes tous devenus des CPTE (Citoyens Pauvres Très Endettés), que les « solutions » concrètes tardent à se préciser. Soit !

C’est bien facile de faire porter la responsabilité de notre misère quotidienne aux autres, quand, en réalité, nous-mêmes maitrisons mieux l’Art de l’appauvrissement ! Il suffit d’observer ce qui se passe lors des funérailles pour s’en convaincre.

Entre mascarades, gros vaudevilles et fourberies, nos rites funèbres nous font voir de toutes les couleurs !

Comment comprendre que notre productivité se développe le plus souvent dans le malheur ? Nous affectionnons particulièrement la solidarité douloureuse.

C’est au cours des funérailles, qu’on aime montrer qu’on avait toutes les possibilités d’aider le mort de son vivant. Mais il est plus agréable pour nous d’en faire la preuve, lors d’une veillée, devant toute la communauté. Cela nous procure une paix de cœur macabre… Les fleurs sur la tombe plutôt que des bouquets au chevet du lit d’un malade. On a l’argent, mais ça ne se voit que lorsqu’un de nous, nous quitte.

Dans les funérailles, pendant qu’un groupe exhibe sa fortune, un autre, constitué de charognes guettent autour, quémandant les miettes de dons éparses.

Ce qui m’a toujours paru ridicule, c’est le nombre de millions de FCFA qui s’amassent aussi aisément dans ces moments là. On met le paquet, pour ne pas avoir honte devant les personnes venues soutenir moralement et surtout pour ramollir les cœurs de celles dont les offrandes sont attendues avec avidité. On s’active dans les cuisines pour nourrir la masse de personnes qui viendra compatir, on refait les peintures, on loue des bâches, sonorisations, terrains pour la circonstance. Pareillement aux mariages, il faut impérativement que les funérailles réussissent ! Il ne faut pas gâter son nom !

Nous nous devons d’accompagner dignement nos morts ! Ce n’est pas parce que nous sommes pauvres qu’aucun effort ne doit être fait dans ces moments tristes. Notre notion de dignité me fait sourire amèrement. A l’occasion des funérailles, on ne doit pas compter à la dépense, même si pour ça, on se fait octroyer des prêts qu’on peinera à rembourser, alors que nos chers cadavres ne seront plus que des souvenirs retournés à la poussière.

Si nous utilisons toute notre dextérité, en période de funérailles, pour générer autant de richesses, pourquoi nous est-il difficile d’en faire pareillement, pour nous valoriser nous-mêmes au quotidien ?

Au fond, il n’y a pas autant de « vrais pauvres » chez nous ! Rien que des personnes qui s’asseyent sur leurs biens. Si chaque famille organisait des cérémonies de mêmes envergures que nos funérailles, pour collecter des fonds, afin d’aider les plus courageux à entreprendre au profit de la communauté, notre légendaire pauvreté disparaitrait !

Mais pour cela encore, il faudra faire face à l’hypocrisie des uns et à la malhonnêteté des autres.

Entre vivants c’est délicat ! On ne s’entend que sur nos morts.

On nous abreuve de « ainsi va l’Afrique », et moi de conclure qu’à cette allure, elle n’ira nulle part.

Petit à petit…

Au début il y avait un garçon avec sa brouette, dès 6 heures du matin à attendre à un carrefour , les passagers des gbakas (mini-cars) et wôrôs wôrôs (taxis communaux) désireux de faire transporter leurs marchandises.

Au fil des semaines un groupe s’est formé, constitué de jeunes garçons tous mineurs.
Leur parade commence au levée du soleil et se termine à la tombée de la nuit.

Parler de travail des enfants? Peut-être… Mais ceux-là ne semblent exploités par quiconque, chacun travaillant pour son propre compte.

Jeunes chargeurs de marchandises

Jeunes chargeurs de marchandises à un carrefour d’Abidjan

Le premier garçon de l’histoire, a quitté les lieux depuis plusieurs semaines. Avec ses économies, il a pu s’acheter un wotro (pousse-pousse de plus grande contenance qu’une brouette).

Il est certain que ses affaires prospèrent!

Petit à petit l’oiseau fait son nid…

A chacun sa « viande » de Pâques

Ce matin au marché pendant que j’étais entrain d’acheter de la viande de bœuf, une femme assez présentable, sûrement la cinquantaine avancée, est venue avec sa fille demander au boucher la permission de récupérer les déchets de viande qu’il avait jeté sous sa table.
Il lui a donné son accord.
Elles étaient vraiment contentes de ce geste à leur égard.
Elles remplirent leurs sacs en plastique et s’en allèrent reconnaissantes…
Ce qui m’a le plus touchée, c’est qu’en se dirigeant vers l’étal du boucher, j’avais entendu la dame dire à sa fille:
– C’est ici que je prends souvent les restes. Ils sont gentils, ils vont nous donner…

Perso, jamais de la vie je ne pourrai manger ce qu’elles ont ramassé. Pourtant chaque jour que Dieu fait, je me plains de ne pas avoir assez pour survivre dans ce monde de plus en plus cher…

Puisse Dieu nous gratifier toujours de notre pain quotidien et puissions-nous vivre avec un peu plus d’humilité car il y en a qui souffrent encore plus que nous…

TOUT VA BIEN, MAIS RIEN NE VA…

Prési voilà,
Je voulais attendre jusqu’à notre anniversaire pour te faire part de mon bilan sur l’année écoulée, mais l’intervention d’un de tes ministres sur une chaîne de radio m’a tellement laissée dubitative que je préfère te dire en même temps clair clair ce que je ressens, ce que je vois, ce que ton peuple vit dans un silence mi-contraint mi-résigné, ce qui se cache derrière notre renaissance encore pleine de ses séquelles:
PRESIDENT TOUT VA BIEN, MAIS RIEN NE VA DEH!!!

Avant de revenir à ton ministre, je vais te raconter la mini-guerre que j’ai failli déclencher il y a plusieurs semaines au cours d’une conversation en groupe. Je me suis hasardée à demander aux amis présents ce qu’ils pensaient de la situation actuelle du pays en matière de conditions de vie!
J’ai aussitôt réalisé que je venais de faire la grave erreur de ranger des bâtons de dynamite trop près d’un foyer rouge de ses flammes, brûlant de sa rage, pas assez refroidi pour ne pas créer une de ses explosions comparable au « petit Fukushima » que nos frères du Congo ont vécu récemment (une pensée pour les disparus et leurs familles…)!
Cette question, au demeurant anodine, venait de soulever une palabre que je n’aurais pas imaginée si violente…heureusement violente que de ses mots…parce qu’après tout ce que nous avons vu l’année passée là, même les plus remontés n’ont plus envie d’entendre les obus crépiter…

Prési, rien ne va!! Les gens sont fâchés de chez fâchés!! A part la paix qui semble être revenue et les accords de défense du pays que tu as signé avec la France, beaucoup pensent que tu n’as rien fait!!
Serait-ce de la mauvaise foi de leur part????
Pourtant nous avons tous été illuminés de bonheur en fin d’année, l’ont-ils déjà oublié????

La plupart des routes délaissées par l’Ancien Régime (quoique d’aucuns parlent de continuité, parce que les uns avaient initié les projets mais l’argent faisait défaut! SOIT!) ont été rénovées ce qui fait que les voitures font de moins en moins de visites chez les faux mécanos du coin…
Mais est-ce tout????

Prési, les gens ont faim!! Solutions solutions là il attendent ils voient pas clair dedans! C’est comment comment même???

– Pendant la campagne présidentielle, tu nous demandais de ne pas nous laisser distraire par les prix exorbitants des denrées alimentaires que les autres justifiaient par le fait que le pays était en crise!! Le litre d’huile était à 990 Fcfa, le kilo de viande à 1400 Fcfa, carburant était cher, tomate, oignons, ails, poulets, œufs, fruits mêmes ont ne pouvaient pas acheter!!
Or, maintenant que tu es là aussi, huile au litre est au minimum à 1100 Fcfa, kilo de viande de bœuf est légalement à 2200 Fcfa: quand on sait que dans pays là c’est pas la loi qui fait tout, imagine au marché affaire de variation de prix de viande sans os ou avec os… Walaïe c’est pas du jeu!! C’est cher!!
Même côcôti qui était moins cher là on peut plus payer!! On voit plus beaucoup de vendeuses de porc au four dans les rues dè!!
Au garbadrôme, même discours: parce que prix d’huile, thon, piment, tomate, oignon,sel a augmenté, les rations ont diminué. Si, avant la « révolution », garba 50 pouvait rassasier, désormais c’est la même quantité mais à 100 Fcfa.

Prési on fait comment si on peut pas manger à notre faim??? Or sans ça comment on va avoir la force d’aller travailler???

– Voilààà affaire de travail là aussi qu’on comprend pas bien:

1) Pendant qu’un millier de personnes vont en chômage technique, un millier est mis en attente pour recrutement…
Mais Prési ooh, c’est vrai que je ne sais pas bien calculer hein, mais djo si tu as 1 que tu libères pour prendre 1 autre là oooh, pour toi chômage là diminue quoi??? Ça là c’est pas permutation??? Excuse moi oooh, c’est petit mathématiques de l’école qui est resté dans ma tête là que je prends pour faire démonstration, mais comme moi même j’ai jamais compris mathématiques, peut-être que toi et ton « papier longueur* » vous allez pouvoir mieux m’expliquer un jour…

2) C’est même pareil avec histoire de retraite à 60 ans là!
Tu n’arranges pas beaucoup les tontons et tatas qui ont diminué leur âge pour venir travailler dans les « années tchoyéés »* là dè! Eux qui étaient déjà obligés d’attendre avec peine, le squelette affaibli, les 55 ans qu’ils avaient révolus depuis belles lurettes dans les os, mais avec des papiers administratifs qui ne leurs permettaient pas encore d’aller à la retraite, ni envisager une anticipation.
Vrai vrai là ya des vieux que tu croises dans les couloirs des entreprises et qui font pitié!!! Les yeux dans les yeux, chacun sait qu’en temps normal là, ils devaient être entrain de couler leur vieux jours dans leurs villages là bas, mais ils sont calés quand même, à gérer leur taf par automatisme….
Tous ceux là sont dépités de devoir encore attendre 5 ans de plus…peut-être 5 ans de trop…5 pieds sous terre…

Pendant ce temps, nos petits frères et petites sœurs qui ont arrêté de faire cabines téléphoniques pour dépoussiérer leurs diplômes déjà vieux, pas tous tout à fait validés à cause de la situation de ni paix ni guerre, puis de la guerre même, eux passent leurs journées à se demander ce qu’ils ont fait au bon Dieu pour ne toujours rien trouvé comme job malgré que « tout va bien »….
C’est vrai, je me dis que tout ne peut pas se faire en quelques mois, mais quand même hein, Prési science vite pour eux, parce que là là c’est pas eux tous qui vont aller postuler pour devenir enseignant en CDD de 4 mois là hein…Et après???
Ya trop de « Tanguy » par obligation ici!! Le pire c’est qu’ils squattent chez les parents sans contribuer aux charges familiales!! Pourtant ce n’est pas la volonté qui leur manque hein, mais YA PAS TRAVAIL!!!!! Eeeh Dieu ils souffrent d’être à la charge de leurs parents depuis leur naissance, eux qui rêvent de faire la fierté de leurs pères et de construire une maison au village pour leurs mères…plus le temps passe, plus leurs rêves en carton pâte s’écroulent…

3) Et puis Prési ce qui me miche* même là c’est affaire de salaire des gens qui a diminué à cause des cotisations de retraite qui ont augmenté!! Djo avant même salaire suffisait pas, maintenant là ont n’a qu’à faire comment???? Ou bien tu pensais que les patrons allaient augmenter nos salaires pour faire un rééquilibrage ou même rehausser franchement notre pécule????
Si c’est ça là tu t’es trompé hein!!

Entretemps le coût de la vie continue son ascension laissant beaucoup de gens en plan sur le chemin: Soit t’as la force soit tu crèves!!!

– Concernant la santé là aussi…franchement dès le début je savais que affaire de gratuité là pouvait pas durer!! Non pas que je suis une pessimiste, mais juste parce qu’avant même, quand les gens payaient, il n’y avait ni médicaments ni soins appropriés dans les centres publics…
Je me demandais donc par quel magie tous les « pauvres » là pourraient avoir des soins 5 étoiles aussi facilement…
Apparemment je ne me suis pas trompée, vu que depuis, les conditions de la gratuité ont bien changé, les privilèges réduits aux petits enfants… Espérons qu’eux aient un peu plus de chance…

– Et puis c’est quoi cette affaire de AVC par-ci, AVC par-là??? Les gens réfléchissent tellement que leurs cerveaux finissent par griller!! Qu’est-ce qui ne marche pas????? La maladie à la mode, mais personne ne se penche sur le problème, on dit de faire du sport!!! Va demander à quelqu’un qui a faim d’aller courir pour évacuer le peu de gras emmagasiné dans son corps… C’est pas affaire hein!!
Nous sommes vraiment dans « noscurité* », tout est flou, on avance à l’aveugle…

– En parlant de ça, j’en reviens à ton ministre de l’autre jour, « ministre du courant » parait-il…
Le journaliste lui faisait remarquer que la population se plaint des factures d’électricité de plus en plus élevées.
Le ministre (avec un air assez suffisant j’ai trouvé) de répondre:
« Ce que vous ne savez pas, c’est que nous avons les factures d’électricité les moins chères de la sous-région!! Les ivoiriens se plaignent alors qu’un cadre supérieur a la climatisation dans son salon, dans sa chambre, un réfrigérateur, d’autres appareils. Quand il rentre du travail, il allume sa clim au salon, quand il va se coucher, il allume dans sa chambre…après il se plaint que sa facture soit élevée! Il doit apprendre a moins allumer sa clim…Le Président prévoit de distribuer des ampoules de basse consommation afin d’aider les gens à faire l’économie de l’énergie…et blablabla »

Donc Prési, si j’ai bien compris le ministre du courant là, ya pas Split chez lui hein, ni même ventilateur!!! J’espère qu’il donne l’exemple dè!!! Et puis j’espère que sa femme et ses enfants utilisent éventail seulement pour se souffler quand il fait chaud hein!! Prési c’est qu’elle analyse saugrenue que ton gars nous a servi là???
Donc, parce que les gens paient plus cher dans les autres pays, nous on doit se contenter de ce qu’on vit quoi???
Depuis quand on compare des réalités qui n’ont rien à voir les unes avec les autres!!???
Depuis quand il faut se dire que parce qu’il y a un dernier, c’est pas grave si on est avant-dernier???
Aaaah Prési moi je ne suis pas d’accord dè!
Et puis quand on regarde bien dans notre pays là c’est le pauvre qui a toujours tort!! Ce sont toujours les pauvres qui sont plus honnêtes ooh, c’est pourquoi ils ont occasion de se plaindre!!
Les pauvres là, ventilateurs mêmes ils gèrent ça avec parcimonie!! Pourtant quand leurs factures arrivent, koutoubou, c’est eux qui voient rouge!!!
Pendant ce temps les amis des beaux quartiers, grands gbasseurs* de courant devant l’éternel, eux se la coulent douce et ne se plaignent de rien!! C’est normal: même quand ils ne sont pas à la maison, la clim reste allumée au salon pour ne pas que le cuir de leurs canapés s’abîme…mais quand vient l’heure de payer l’addition, eux sourient parce qu’au final elle n’est pas si amère que ça et parfois est même moins élevé que celle du pauvre qui, lui, a tort de ne pas avoir assez de sous pour soudoyer un agent de la compagnie d’électricité afin d’arrêter les battements de la petite boite qui s’affole dès qu’il s’accorde le luxe d’un brassage d’air d’une heure…

Prési sabari, on ne tient plus dans ce pays!! Ce qui est sûr moi je sais que tout ça n’est pas totalement ta faute hein, mais sabarissa faut créer situation!!
Faut pas on va finir comme la Grèce qui était jusque là dernier pays en Europe en matière de suicide et qui est devenu un coup comme ça 1er: tout ça à cause de la crise financière!!!
Eeeh Prési pardon nous on dit qu’on a faim, on n’a pas dit on veut mourir!! AVC est déjà entrain de faire présélection entre nous, pardon gère nous avant que nous tous y passions!!
Je sais qu’avec petit que je viens de te dire là chacun ira de son commentaire selon ce que toi même tu sais, mais moi c’est pas ça mon problème dè!!

Mon problème est plus global! On fait pitié, la vie est trop chère, on peut plus s’accorder de loisir, on calcule seulement…. Prési dans ces conditions là comment tu veux qu’on puisse voir les choses positives que tu fais????
Les gros débats économistes là nous on comprend pas!!! On veut du concret parce que c’est ce que les yeux voient que la bouche prend pour faire éloge…Or là là on devient tous bobos* hein…

Donc prési , nous sommes toujours au kohi* des SOLUTIONS…

Nous on n’est pas dans longs longs discours politiques, technocratiques ou « foutaisiques* » comme pour ton ministre là, on veut vrai vrai solution qui va nous permettre de manger riz long grain aussi, avec sauce avec beaucoup de viande de bœuf dedans (hallal ou pas on va pas faire débat dessus, on est trop affamé pour faire causerie sur ça là!).
Nous aussi, en allant au supermarché, on veut payer autre chose que sac de riz, huile et autres produits de première nécessité…on a envie une fois en passant d’acheter des vrais glaces pour nos enfants (Popito n’est plus doux ooh), un peu d’emmental sur nos pâtes, aller dans un resto en famille une fois par mois… Il ya tellement de choses que je peux citer mais bon…

Prési pardon voit notre cas!

Et puis il y a cette affaire de carburant qui va augmenter… C’est l’eau on va mettre dans nos voitures ou bien?? Les prix des transports vont suivre…C’est pas la mort ça???

Prési pardon on attend toujours LES SOLUTIONS…
Mais euh…entre nous, Je dis ça je dis rien dè!!!

BORIDAMINENAN (Part1)

La salle était pleine, et un silence assourdissant y régnait.

7h15 du matin, l’épreuve ne tarderait pas à débuter. Je me penchai discrètement en arrière pour faire un tour d’horizon et ne manquai pas d’esquisser un sourire nerveux devant tous ces visages crispés.

Nous avions tous les mains moites, les auréoles visibles sous les aisselles, le regard du brave qui évalue la situation et sait déjà que, rude sera la bataille qui devra le mener soit au sacre soit à la tombe.

En fait d’épreuve, toute cette masse fébrile participait à un test d’embauche !

Il faut dire que depuis quelques années, trouver du travail se révélait être un parcours du combattant. Beaucoup de jeunes avaient échoué sous le poids des 10 années d’expériences requises, âge maxi 25 ans etc…, leurs profils ne retenant guère l’attention dans les nombreuses directions où ils tentaient de faire valoir les quelques atouts qui leur restaient et qui peut-être feraient la différence.

J’eus un regard narquois en me disant intérieurement que même pour être vendeur de garba, on pouvait aussi être recalé au test d’aptitude ! Hé Dieu !

La société qui organisait ce test faisait partie des leaders dans son domaine en Europe et dans la plupart des pays de l’Afrique de l’ouest francophone. Il fallait donc avoir conscience du challenge de taille que cela représentait pour la centaine de personnes présentent dans cette immense salle.

Le split n’y faisait rien, je transpirais à grosses gouttes. Le stress…

7h30 : un homme élancé, les traits sévères mais le regard neutre entra dans la salle. Après les instructions d’usage (« je vous prie de bien vouloir fermer vos portables, débarrasser les tables de tout document, il est interdit de manger durant l’épreuve… »), il commença la distribution des sujets.

7h45 : top départ ! Nous n’avions qu’une heure pour traiter les questions qui surgissaient sous nos yeux. Oh panique ! Quelle ne fût ma surprise de réaliser que ce test ne comportait aucune question technique. Je m’attendais à tout sauf à ça !

Question 1) Quelle est la superficie de la Codivoire?

Question 2) Combien d’habitants compte ce pays actuellement?

Question 3) Par combien de fleuves est traversé ce pays ? Citez-les ?

Question 4) Décrivez en quelques lignes, le meilleur projet de développement pour la Codivoire.

Je devais être en cours moyen la dernière fois que j’avais eu de telles préoccupations. Les 14 millions d’habitants avaient probablement augmenté depuis lors…

Au moment de rendre ma feuille, je me dis que cela tiendrait du miracle si j’étais rappelé par cette société.

Pourtant 15 jours plus tard c’est ce qui arriva. J’étais convoqué pour l’ultime test : l’entretien oral dans 48 heures.

Le jour J, je pénétrai d’un pas assuré dans la grande salle de réunion où 5 paires d’yeux me dévisageaient sereinement.

La seule femme du groupe me demanda de prendre place et aussitôt me lança :

-Qu’entendez-vous par concept « boridaminênan » ?

Je venais de comprendre ce qui m’avait valu d’être retenu pour cette 2ème étape.

J’avais omis de vous dire que, pour seule réponse à la question sur le développement j’avais écrit : « Le concept Boridaminênan. Retenez-moi et je me ferai un plaisir de vous en dire plus. »

Mon audace avait payé ! Je jubilais intérieurement, même s’il n’y paraissait guère. Je pris la parole d’un ton serein :

-Je crois aux challenges et pour moi la course n’est jamais achevée lorsque le but n’est pas atteint. Tout dans notre vie est source de défis. Il ne tient qu’à nous de comprendre que pour être acteur du développement, il faudrait déjà avoir un objectif et le tenir tant qu’il n’a pas été réalisé. Boridaminênan pour notre pays serait comme une seconde devise : « Ne jamais rien lâcher tant que les fruits ne sont pas mûrs à souhait !». Et lorsqu’une étape est franchie, un projet réalisé, une autre phase peut être mise en place.

Le Boridaminênan est un concept de gagnant, qui rejette le défaitisme. Dans la vie professionnelle, comme dans la vie de tous les jours, malgré les souffrances personnelles et les heurts de tous genres, il faut y mettre de la rigueur pour accéder à la reconnaissance suprême et à un total épanouissement personnel, chaque fois se dire que la course n’est pas terminée. Tant qu’il y a la vie, il y a des challenges à relever, des obstacles à surmonter !

Je continuai un moment encore, avec tellement de passion que je sentis que les personnes en face de moi affichaient un air amusé à me regarder parler… Etais-je un utopiste ?

Après plusieurs minutes de questions diverses, je fus remercié.

Cette fois je les quittais avec la conviction que je faisais partie du groupe. Un appel de la DRH, le lendemain ne fit que le confirmer.

(…)

Soudain un vacarme à réveiller une momie d’Egypte ! Des secousses se font sentir… « Nous sommes en zone de turbulences, veuillez attacher votre ceinture… »

-Hééééééé Abou lève toi là bas !!! C’est quoi même ??? Depuis tu dors tu ne te réveilles pas !! C’est quel paresseux ivrogne comme ça que le bon Dieu m’a donné comme mari là!!??? Tchrrrouuu, aujourd’hui là, c’est moi-même qui vais aller chercher travail pour toi, pauvre fainéant !!!

Binta avait le chic pour me réveiller au moment où mes rêves commençaient à se concrétiser ! Au nom de Dieu, cette femme était une vraie sorcière ! Elle ne voulait pas mon bonheur ! A cause de son petit BEPC elle se prenait pour la plus intelligente du quartier ! Tsss ! Moi Abou, je ne suis même pas arrivé au CM2, mais tout le monde sait qu’aux âmes bien nées la valeur n’a jamais attendu le nombre d’années, encore moins de CEPE, BEPC, BAC, Agrégation et que sais-je encore!

Moi Abou, le grand sage du tchakpalodrôme* de Boribana*, moi le conseiller des élites du quartier, c’est moi que Binta traitait ainsi ! Qui avait eu l’idée saugrenue de parler un jour d’émancipation féminine ? Celui là devait s’être levé avec un coup de massue à la tête ! Sinon comment comprendre ?

(…)

Quinze ans auparavant, Abou avait débarqué à Boribana, avec sa jeune épouse Binta, enceinte de leur premier enfant. Ce ne devait juste être qu’une halte, le temps pour Abou de trouver du travail, faire quelques économies avant de s’installer dans une vraie maison en dur à Treichville, son cousin Hervé qui habitait l’avenue 16, avait promis l’aider.

Binta, quant à elle, avait toujours rêvé de vivre dans une maison en bordure de mer. Désormais elle aurait vue sur l’eau. Cette étendue lagunaire ferait bien l’affaire. Binta pourrait donc poétiser à sa guise du lever du soleil au clair de la lune.

Ironie de la situation, sa femme détestait cet endroit ! Qu’est-ce qui lui avait pris à Abou de les installer, elle et son futur bébé, dans cette poubelle géante, où les eaux usées fusionnaient allègrement avec l’eau de la lagune lui faisant remonter une odeur pestilentielle les soirs et qui était plus qu’asphyxiante par temps de chaleur…Or la plupart du temps il faisait chaud !

Quelle idée de venir habiter dans un coin dont le nom voulait dire « la course est terminée » alors que le couple débutait à peine son cheminement ensemble ??
Abou même!!! Pfff!!!

(…)

A 25 ans, Abou ne faisait pas grand-chose de sa vie, à part courir les filles du village. Il faut dire qu’il était beau et musclé. Rares étaient les filles qui résistaient à ses dents blanches, son sourire coquin, sa pose altière et sa voix grave.

Malgré le fait qu’il n’avait pas franchi la première année du cours élémentaire de l’école primaire, Abou était ce qu’on pouvait appeler « un esprit brillant » ; brillant mais tellement paresseux qu’il n’avait jamais réussi à maintenir un emploi plus de 2 mois. De plus, le travail des champs ne l’intéressait guère !

Mâ Kemy, sa mère, était désespérée de voir qu’à l’âge où la plupart de ses amis étaient mariés et s’occupaient dignement de leurs familles, Abou ne pensait qu’à la fête et à chasser tous les jupons prêts à partager avec lui un moment de batifolage sans lendemain…

Et voilà que débarqua Binta dans le village. Nous étions dans la période des vacances scolaires. Cette fille n’était pas comme les autres villageoises, elle était farouche et ça, Abou le prenait comme un véritable défi !

(…)

La vie à Boribana n’était pas facile. Quel avenir envisager dans ce bidonville où pauvres et paumés se disputaient les baraques que des propriétaires véreux n’hésitaient pas à louer au prix fort…

(A SUIVRE…)

NB: « Boribana » (en langue dioula) = Fin de la course / « Boridaminênan » = La course continue »…

NB2: Mon cher ami Behem m’a fait remarquer que Boridaminênan signifie plutôt « La course débute »… Oups… Heureusement, ceci ne change en rien le fond de l’histoire… La course qui débute n’étant pas encore terminée 😉

TICKET POUR L’ENFER

Le marabout burkinabé qu’il avait rencontré ce jour là lui avait donné son numéro de téléphone et recommandé de l’appeler au plus tôt pour commencer le travail.

Petit Kôyaga avait hâte de recourir à ses services. Il avait confiance en ce grand féticheur voltaïque qui était de passage à abidjan, spécialement pour décanter le problème d’un de ces nombreux « grands types » du pays, nouveaux riches arrogants en public mais assez craintifs de leur sort, au cas où l’argent arriverait subitement à manquer. Ils étaient prêts à tout, ceux là, pour maintenir la baraka de leur côté ! « Si Le Tout-Puissant est avec nous, qui sera contre nous ? »… Ce paganisme sur fond de religion avait fini par s’y confondre et d’aucuns s’adonnaient à des sacrifices scabreux au nom de ce Dieu à qui ils prêtaient tous les pouvoirs mystiques, fussent-ils diaboliques.

Petit Kôyaga était chauffeur de taxi compteur. Il avait rencontré le maitre, au hasard d’une de ses innombrables courses, un jeudi après-midi. Le vieillard avait emprunté son taxi à un des carrefours situés non loin des tours administratives du plateau. Il lui avait tendu une feuille de papier défraichie sur laquelle une adresse de la commune d’Abobo était inscrite. Les amulettes du vieil homme l’avaient d’abord intrigué et lui avaient même fait peur. Pourtant au fur et à mesure du parcours, une conversation avait débuté entre les deux hommes. L’homme lui avait dit ressentir une sorte de malédiction qui pesait sur la famille de Petit Kôyaga. Il commença à énumérer quelques petits problèmes qui faisaient partie du quotidien de Petit Kôyaga. Il lui parla de perte de mémoire régulières, d’échec scolaire, de projets avortés…

Petit Kôyaga se sentit tout d’un coup transparent. Comment cet homme avait-il pu détecter en quelques fractions de secondes, les maux qui le rongeaient depuis l’enfance ?? Aussi longtemps que le peu de mémoire qu’il avait s’en souvenait, il avait toujours eu des absences, des trous noirs… Il entrevoyait alors les échecs à l’école, qui lui avait valu d’arrêter son parcours en CM1, il songeait au nombre de fois où il n’avait pas atteint sa recette du jour, pour avoir oublié d’encaisser trop de clients… Peu à peu il se confia au vieil homme…

A 35 ans, Petit Kôyaga qui avait passé toute son enfance à Man, dans la région des Montagnes, n’avait vu la terre de ses ancêtres que 15 minutes, à l’occasion d’une halte rapide un jour qu’il se rendait à Boundiali. Il n’était pas descendu du véhicule. Pourtant il s’était senti un lien profond avec ce petit territoire rural. L’inexplicable… Nous gardons la terre de nos ancêtres dans notre âme, tel l’ADN qui définit notre nature.

Son père lui avait fait promettre, ainsi qu’à ses frères et sœurs de n’aller sous aucun prétexte dans son village natal qu’il avait fuit plusieurs années auparavant, après avoir été informé de justesse, par un mouride venu de Dakar, qu’il était la prochaine victime de la confrérie de sorciers que présidait son oncle Siaka. Il douta tout d’abord de la mise en garde du grand marabout sénégalais, avant de se rendre compte que l’oncle Siaka le regardait de plus en plus de l’œil du coupable qui a été surpris en flagrant délit et qui n’a pas l’intention de laisser de témoins.

Le père de Petit Kôyaga avait ouï dire qu’après sa fuite, oncle Siaka avait jeté un sort sur lui et toute la descendance qu’il aurait : Il s’était juré de le voir mort avant de lui-même passer de vie à trépas !

Il n’a jamais compris pourquoi cet oncle, qui avait remplacé son père, après le décès de celui-ci, lui en voulait autant. Il n’était pas plus riche ou plus intelligent que ses propres enfants…

10 ans après son exil, le père de Petit Kôyaga apprit que le vieux Siaka avait été retrouvé mort dans sa case, le corps gisant dans une mare de sang. Aucun coup ou tir d’arme n’avait été constaté sur le cadavre… Etrange mort… Il avait toujours pensé que si l’oncle Siaka avait autant duré sur cette terre, c’était uniquement grâce à sa femme, tante Fanta, une sainte réincarnée qui répandait autour d’elle amour et bonté. Il s’était toujours demandé comment cette femme avait pu s’enticher d’un homme aussi mauvais. La loi de l’équilibre peut-être… le yin et le yang.

(…)

Le samedi suivant, Petit Kôyaga arriva très tôt à la grande gare d’abobo. Le vieil homme devait l’y rejoindre à 5 heures du matin. Quand il l’avait appelé la veille, Petit Kôyaga lui avait dit clairement que ça ne l’intéressait ni de retrouver la mémoire ni de se défaire du mauvais sort familial. Son unique préoccupation était de savoir comment devenir extraordinairement riche ! Il en avait marre de cette vie de taximan qui ne lui garantissait que des hémorroïdes à vie. Il voulait être reconnu comme un grand Babatchê, faire les vrais « travaillements » lors des grandes cérémonies, rêvait d’immeubles dans les grands quartiers d’Abidjan, sa femme et ses deux enfants ne devraient manquer de rien, les écoles de renom pour eux… Tout ça n’avait à ce jour été qu’un rêve…mais ce matin brumeux là, il sentait que la chance tournerait enfin de son côté…

Le maître l’avait mis en garde : ce type de travail pourrait avoir des conséquences graves… Petit Kôyaga s’était dit prêt à assumer son destin. Il émit toutefois une condition : sa femme et sa progéniture ne devaient pas se retrouver victimes de son choix. Il ne voulait pas mettre en danger leur vie. Pour lui c’était autre chose. Il était prêt à se sacrifier pour eux, quitte à perdre un bras, un pied, un œil, la moitié du corps, la vie…

Après une séance minutieuse de « dépurification », le travail devait se faire au cimetière de Williamsville, au moment exact où le premier cadavre de la journée allait être enterré… Le pacte avec les esprits maléfiques serait alors définitivement scellé.

Les deux hommes, à la fin du rituel, devaient se séparer sans se croiser du regard. Ce serait la dernière fois qu’ils se rencontreraient…

Lorsque tout fût terminé, Petit Kôyaga ressentit une étrange émotion. Il prenait conscience qu’il ne pouvait plus faire marche arrière.

Au niveau du grand portail d’entrée du cimetière, une vieille femme qui portait 2 grands sacs, négocia avec lui son trajet jusqu’à l’aéroport. Elle avait un avion à prendre pour Lagos et celui-ci décollait dans moins de 2 heures. Vu que la circulation n’était pas encore encombrée, petit Kôyaga en déduit qu’il était possible d’arriver à Port-Bouet dans les 20 minutes. Négocier 5000 FCFA pour cette course…la p’tite vieille ne devait pas vivre à Abidjan, le royaume de l’arrangement où les clients sont toujours prêts à saigner les pauvres chauffeurs de taxis, sans pitié pour le service qu’ils rendent. Les radins !

Il rangea les sacs dans le coffre de la voiture et prit la direction de l’aéroport. Aucun autre mot ne fût échangé dans le taxi jusqu’à destination. De temps en temps, Petit Kôyaga jetait un regard furtif vers la vieille femme. Son calme dégageait quelque chose de mystérieux, mais rassurant.

Un quart d’heure plus tard il descendit sa passagère en lui souhaitant un très bon voyage. Lui n’avait jamais pris d’avion et rêvait de monter aux States dès qu’il pourrait. La femme lui sourit en lui lançant : – Mon fils il faut assumer ton destin ! Elle disparut ensuite dans la foule des voyageurs pressés…

Comme tous les samedis, la journée de Petit Kôyaga fût sans répit, il enchaina les courses aux quatre coins de la ville et même jusqu’à Bassam pour y déposer quelques touristes européens.

Il était exténué ! Quand il rentrerait le soir, Amy, qui lui aurait concocté un vrai repas, lui ferait un bon massage, avant qu’ils ne fassent l’amour histoire de se délester de la pression qu’il avait accumulée dans la journée.

Vers 21h quand il rentra chez lui, il décida comme à son habitude de vérifier si des clients distraits n’avaient pas oublié des objets personnels dans le véhicule.

Quelle ne fût sa surprise de constater que dans le coffre se trouvaient les 2 sacs de la vieille de Williamsville. Sa mémoire lui avait encore une fois fait défaut !! Il avait oublié de décharger les bagages et visiblement la vieille femme n’avait également pas eu le reflexe de le lui demander ! Où devait-elle être en ce moment ??? Dans un commissariat d’Abidjan ? A Lagos ?… Petit Kôyaga ne savait pas quoi faire. Il descendit les affaires et les déposa dans un coin de sa chambre.

Au moment d’aller prendre sa douche, les dernières paroles de la vieille femme retentirent dans sa tête… – Mon fils il faut assumer ton destin !

Son intuition le guida alors vers les sacs égarés. Il resta bouche bée devant ce qui s’offrait à sa vue : le premier sac était rempli de liasses de billets de banques euros, dollars et CFA… Il prit peur ! En ouvrant le second sac, il manqua s’évanouir : des lingots d’or !! Pris de panique il s’enferma dans sa chambre, reprit son souffle pour réaliser ce qui lui arrivait ! Le maître, le cimetière, la vieille femme, les sacs…

C’est quand il voulu ranger les sacs dans le fond de son placard, le temps de réfléchir à ce qu’il allait en faire, que tout s’éclaircit. Un petit bout de papier glissa d’une des poches externes sur lequel Petit Kôyaga pouvait lire : TICKET POUR L’ENFER. PRIX A PAYER : 6 MOIS A VIVRE (mort violente dans les mêmes conditions que l’enterré de l’aube).

Petit Kôyaga frissonna de peur, mais se ressaisit aussitôt. Le choix il l’avait fait depuis ce matin. Il devait désormais assumer son destin. Le compte à rebours venait de commencer…

Il fit l’amour à sa femme comme jamais il ne l’avait fait. Entre deux souffles, il savait que cette nuit était la dernière que sa famille et lui passeraient dans ce bidonville.
Il tenait à profiter à fond de son ticket sans retour.
Amy serait une très jeune veuve, mais elle s’en remettrait vite avec tout ce qu’il allait lui laisser ainsi qu’aux enfants… Il avait choisi l’enfer pour eux, il devait donc gagner leur paradis…

Nb: Nouvelle inspirée d’une conversation que j’ai eu avec un chauffeur de taxi compteur le 1er janvier. Lui était prêt à prendre son ticket pour l’enfer… A chacun ses choix…