20 ans d’ironie…

J’ai envie de vous parler du goût amer qui me colle au palais depuis 20 ans; et que j’essaie de cracher le plus souvent par des bons gros mollards remplis d’ironie…

C’est l’histoire du pourquoi je vois la vie autrement…

18 novembre 1994… Ça fait 10 jours que la douleur a pris le dessus sur tout dans ma vie. 10 jours que mes grands yeux déversent sans cesse des flots de larmes… 10 jours de désespérance, d’incompréhension des fameuses voies divines, de désarroi…

Merde quoi!!!! Ça fait 10 jours que mon père est mort!
Une grosse gifle à réveiller un comateux! Eh merde! Mon père pourtant n’a pas daigné se réveiller de ce coma qui lui semblait plus apaisant…

18 novembre 1994 Petite veillée funèbre en hommage à mon père. À la cool sous les bâches, chorale, parents hypocrites, ceux un peu plus sincères, amis, « ennemis », curieux: toute la populace qu’on peut trouver lors de funérailles…

18 novembre 1994… La veillée n’a même pas commencé qu’un autre vent malheureux souffle sur la foule: LE PÈRE DU DÉFUNT VIENT DE NOUS QUITTER!!!
La nouvelle me paraît presque drôle: Ah l’ironie du sort! Veillée annulée! Va falloir jouer pleur compte double là… Père et grand-père, la bonne paire pour rejoindre les cieux….

8 novembre 1994… Sortie du lycée. C’est bizarre… Depuis des mois que nous nous connaissons et que nous cheminons chaque soir ensemble, je viens à peine de réaliser que dans ce groupe de 4 filles, je suis la seule qui a encore le père en vie… Les autres me racontent leurs différentes expériences. Je suis désolée pour elles. Je compatis. Je remercie Dieu d’avoir encore le mien, même si son état actuel est assez critique… Je rigole avec les copines puis chacune rentre chez elle…
Devant la maison, j’ai une sensation étrange… Il y a des jours comme ça où tout nous prépare sans qu’on ne le sache… Le ciel n’a pas sa couleur ordinaire, les bruits sont différents…

A peine ai-je mis pieds dans la maison que je suis emportée par des cris. Effondrée au sol, ma soeur aînée me lance: PAPA EST PARTI!!
Putain il nous a fait ça???

Ça fait 20 ans que j’ironise sur tout, pour ne pas flancher, pour oublier les côtés sordides de la vie…

Je mentirais si je disais que la douleur liée à ces departs s’est estompée…
Mais bon, en espérant que le père et le fils soient devenus esprits saints, je prends la vie comme elle vient en me disant que tout compte fait on crève tous! Mieux vaux en rire…

20 ans d’ironie ça se fête! Tchin tchin…

EN QUÊTE D’IDENTITÉ

C’est l’histoire d’une jeune fille, qui a passé plus de 20 ans de sa vie à se demander qui était sa mère, la femme qui l’avait portée pendant neuf longs mois, avec qui elle avait partagée des émotions à travers le cordon ombilical, mais qui à peine venue au monde l’avait abandonnée.

C’est la vie de cette adolescente, qui durant l’enfance, a dû se contenter de l’unique amour de sa grand-mère paternelle, qui tant bien que mal, lui a enseigné les premières règles de la communauté. Ce sont les conflits perpétuels entre un père qui n’a pas su assumer ses responsabilités et sa fille qui s’est toujours sentie rejetée et incomprise… Mais c’est surtout une histoire sur le silence. Ce vide qui enveloppe beaucoup de familles. Normal, chaque famille dans le monde a son cadavre dans le placard fermé à double tour.

C’est de toute évidence, le parcours de beaucoup d’enfants, vivant dans cette société faite de tabous, où seuls les vieux détiennent la clé des mystères, mais hésitent à entrouvrir les portes afin d’éclairer les plus jeunes. Mieux vaut en crever que de parler ! La principale devise est alors « chargés de maux, mais avares en mots ! » Pendant ce temps, à l’enfant seul de faire face à une pluralité d’obstacles et à des ambigüités qui, pour la plupart, ne seront jamais clarifiées.

C’est ce mal-être que bien des enfants de notre continent trainent sans qu’aucun divan ne puisse les recevoir pour leur permettre d’exprimer leurs angoisses et peines. Nous sommes en Afrique, l’enfant appartient à la communauté. L’absence de l’un ou l’autre des parents n’est pas une fin en soi. Les problèmes psychologiques liés au manque ne sont pas importants : ça ce sont des problèmes de blancs ! Alors chacun erre, sans repère, avec à l’esprit l’unique mission de retrouver ce père ou cette mère inconnu(e), pour simplement comprendre…

La jeune fille dont j’ai fait cas plus haut, a fini par retrouver sa mère. Entre elles, l’histoire pourrait se résumer en l’Alpha et l’Omega… Le commencement et la fin… La naissance et la mort. La mère a vu sa chair dans ses premiers moments d’existence, puis s’est éclipsée sans jamais donner signe de vie, pour ne la revoir que l’ultime instant venu, le dernier souffle retiré, l’heure de la mise en bière arrivée. Le choc est immense, mais ce qui est fait est fait !

Comment vivre avec un tel fardeau ? Que serait-il arrivé si la mère avait cherché à retrouver sa fille ? Personne ne le saura. A la mère de porter sa lourde charge, que les larmes n’allègeront pas !

La quête d’identité est un exercice très traumatisant, surtout lorsque les demandes restent lettre morte. Chercher à se construire à partir d’un vide n’est pas chose évidente. On a pour habitude, chez nous de dédramatiser les complaintes de ces enfants dont la vie est bouleversée par leurs quêtes sans fin. Beaucoup sont des fruits de la honte, de rencontres qui n’auraient pas dû avoir lieu, de tragédies familiales… Adultère, viol, inceste, simple inconscience etc… Or quand on sème, il faut bien récolter. C’est vrai que certains peuvent se consoler d’avoir eu la chance d’être accueillis dans la famille de l’un ou l’autre de leurs géniteurs. Cela leur aura au moins permis d’éviter l’atmosphère glaciale des orphelinats. N’empêche que pour se construire dans la vie, cerner ses origines est essentiel. Même quand c’est douloureux, la communication est la solution idéale pour faire tomber les illusions et reconstruire le puzzle qui donne la paix du cœur. A défaut l’âme meurt…

ABIDJAN CHAUFFARD

7h30 ce matin. Je suis sensée être au boulot, mais manque de pot pour moi et les personnes dans la longue file d’attente du waren qui attendons depuis plus de trois quarts d’heure: AUCUN TAXI A L’HORIZON!!!

7h35: La joie! Je fais partie des chanceux qui pourront enfin monter dans le taxi-compteur qui vient de se garer.
Tout commence mal qui finit bien…enfin presque…

7h45: Bouchon infernal sur l’autoroute du Nord. Le taximan décide d’emprunter la bretelle de sortie d’autoroute pour, pensons-nous, emprunter l’ancienne route parallèle.

7h49: STUPEUR! Nous constatons que notre conducteur est dangereusement entrain de s’élancer à vive allure à contresens de l’autoroute!

Au départ j’essaie calmement de lui faire comprendre que cette manœuvre risquée qu’il nous fait subir peut nous coûter très cher en mettant notre vie en péril…

L’inconscient de rétorquer: – Si vous n’êtes pas pressés, moi ici c’est mon travail, l’embouteillage va me mettre en retard!!

Aussitôt, les 2 passagères et moi, assises sur le siège arrière, excédées par sa désinvolture, lui faisons comprendre qu’il a mal agit, portant ainsi une probable atteinte a notre intégrité physique.

Ne cherchant même pas à s’excuser, et se prenant pour « celui qui a trouvé la solution idéale à notre problème d’embouteillage », notre cher sauveur se met à nous balancer qu’il sait ce qu’il fait, qu’il est père de famille et mari d’une femme (je la plains sa bonne dame)…qu’on ne le respecte pas parce qu’il ne travaille pas « dans bureau », que nous sommes vaincues de parler d’accident possible à tout moment, qu’il ne nous a ni agressées ni volées et…que si nous ne sommes pas contentes, nous pouvons descendre du véhicule à tout moment…sur l’autoroute!!!

J’étais tellement offusquée par sa stupidité notoire que, malgré ma volonté de ne pas entrer dans son vilain Jeu, je commençai a le traiter de tous les ptits noms d’oiseaux connus et inconnus saupoudrer d’un sanglant « PAUVRE CON »!!!
Ce qui est drôle au pays quand on traite quelqu’un de con, c’est qu’il pense le plus souvent a autre chose (jdcjdr)… Alors monsieur la victime de me jeter à la face que LUI est un homme, donc c’est moi même que j’insulte en le prenant pour un C.O.N… Aaah le CONNARD… Des spécimens pareils heureusement que je n’en croise pas tous les jours! Pffff
Après avoir bravé tant bien que mal le danger, après avoir évité les camions poids-lourds qui roulaient à grande vitesse nous sommes arrivés en « zone de conduite normale ».

Le chauffeur, à qui j’ai dit que j’allais bien noter sa plaque d’immatriculation, m’a repondu avec assurance que si je voulais même il allait me donner sa pièce d’identité et me conduire chez le propriétaire du taxi a adjamé… Et que si je me fatigue pour aller déposer une plainte contre lui « ça ne va pas aller quelque part » … Mouais il doit savoir sur quoi il compte…

Arrivée à destination, je descends sans un merci encore moins un au revoir… Le revoir pour quoi faire?? Signer mon arrêt de mort?? Non merci! Tssss

Ce que je retiens:
– Ici Rousseau ne sert strictement à RIEN… Il va falloir qu’on réfléchisse sur un code adapté à notre manière générale de penser…français de « distance de sécurité » ou « interdiction de rouler à contresens » est trop compliqué pour nous… J’imagine bien par exemple un CODE GOURO DE LA ROUTE ou NOUCHI… Soit…

– Personne n’a peur de la loi, le plus gueulard a généralement le dernier mot et les vieux, désignés sorciers des villages, sont toujours à l’origine des maux qui nous affligent, sinon comment comprendre qu’un être rempli de bon sens agissent ainsi volontairement?…

– Même s’il ne me servira effectivement pas à grand chose de déposer plainte contre ce chauffeur fou, parce que dans tous les cas les policiers auront mieux a faire qu’écouter mes complaintes, j’ai pris la précaution de retenir les numéros de téléphone et de plaque d’immatriculation de ce taxi que je tacherais d’éviter a tout jamais!!!
Et pour bien graver le tout dans ma mémoire, rien de telle qu’une ptite photo de l’imprudent!

5073EU01 = DANGER PUBLIC

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