QU’ON M’EXPLIQUE LE PANAFRICANISME

Les Afriques indépendantes sont, dans leur grande majorité, cinquantenaires. Amen amen, le temps des colonies est bien loin ! Mais pouvons-nous nous réjouir des chemins tortueux parcourus depuis les années 60 ? Des mirages de prospérité devenus naufrages purs et simples ?

Depuis plusieurs semaines, le panafricanisme est à l’honneur dans les journaux. Cela est tout à fait normal, puisque qu’il y a cinquante ans, en 1963, naissait l’OUA, organisation ayant pour objectif de promouvoir l’unité et la solidarité des États africains et d’être la voix collective du continent africain.  On aurait alors pu croire qu’elle réussirait à faire de l’Afrique, ce que feu GG Vickey qualifiait avec son peu de réalisme de « beau pays où le soleil brille tous les jours ». Mais de l’OUA  à l’UA (Union Africaine), il n’en a rien été! En fait de soleil, nous avons eu droit, en cinq décennies, à des pluies de conflits avec les régimes dictatoriaux qui vont avec…

Je suis loin d’avoir 50 ans, je ne peux donc pas me mettre dans le même état d’esprit que les précurseurs de l’idéal panafricaniste. De toute façon, je n’y arriverais pas, ma vision devenant abstraite quand l’envie me prend d’essayer…

Personnellement, je croirais au panafricanisme lorsque les africains se serreront les coudes pour une entraide à tous les niveaux. Or, pour l’heure, ils sont bien aise à s’occuper à se mettre les bâtons dans les roues dans l’unique but d’être mieux vus par l’Occident, collaborateur opportuniste, dont les guerres fratricides des peuples du sud ne font qu’amplifier son emprise sur le continent et lui apporter que des avantages.

Certains diront, à raison, que je n’y comprends rien au panafricanisme et que je devrais revoir mes propos. Mais alors, à quels exemples pourrais-je me raccrocher pour raffermir ma position ?

Quand je pense à l’Afrique, la première image qui me vient automatiquement en tête est celle de La Fontaine, de ses deux voleurs et l’âne : « Pour un âne enlevé deux voleurs se battaient : l’’un voulait le garder, l’autre le voulait vendre. Tandis que coups de poing trottaient, et que nos champions songeaient à se défendre, arrive un troisième larron qui saisit maître aliboron. ».  Notre plus grand malheur d’africains, larrons, comme braves chevaliers de la liberté et de l’identité affirmée, a toujours été de privilégier les dissensions au grand bonheur des profiteurs souffleurs du feu de la discorde.

Mais, comment, Notre Afrique à la sagesse légendaire, cette Afrique des arbres à palabres, qui se dit originellement solidaire, ne parvient-elle pas à se donner de vraies bases d’une réelle unité ? Pourquoi l’Afrique, berceau de l’humanité, s’en sort beaucoup mieux quand il s’agit de lutter pour les dernières places ?

En 1963, l’Afrique jetait les bases d’une union d’états pour constituer une force économique et politique. Cinquante ans après cette initiative, elle n’en est toujours qu’aux prémices, les pays cumulant les séminaires de réflexions sur la question et les philosophes des temps modernes, revisitant le sujet avec plus ou moins d’optimisme.

Qu’on m’explique le panafricanisme pour que je comprenne. Qu’on le vive pour que je m’en imprègne…

Rien ne sert de faire miroiter un idéal qui ne pourrait voir le jour…

Chimère : et si on lâchait ce panafricanisme fourre-tout, qui est prétexte à tout : des causes les plus raisonnables aux plus superflues ?

Dans le fond, les principes sont bons, mais encore faut-il les appliquer !