1,2,3 BRUTAL!

Il fallait oser. Eux l’ont fait! Rassembler des centaines de personnes autour d’un recueil de poèmes ici à Abidjan!!! Il faut être ivoirien ou vivre dans notre pays pour comprendre l’exploit. Nous étions le 15 août 2015, jour de la première dédicace. Deux autres ont suivi et également rencontré un franc succès… 1, 2, 3 Brutal!

La recette d’Eugenio, Guy, Laskazas, NoOne, P.A. et Stéphane, pour obtenir l’adhésion du plus grand nombre?

Utiliser leurs plumes talentueuses pour rendre la poésie tant accessible que profonde. Sortir des sentiers trop hermétiques, chers à certains poètes, tout en donnant de la consistance à chacun de leurs mots.

La bande Des Mots Des Images a trouvé la formule magique pour emballer le lecteur, en l’entraînant à leur guise du poème heureux au thème le plus douloureux. Loin de servir de la guimauve, au fil des pages, les 6 DMDI nous sourient, nous choquent, nous secouent, parlent à nos coeurs, nous attirent les larmes, nous font passer par toutes les émotions et en définitive ne nous laissent jamais indifferents…

Le guide est mort, comme un chien

Broyé par les rats et leurs suppôts

Sur qui il crachait sa rage, tantôt

S’il ne plantait sa tente dans leurs jardins… (p.32)

Passer un moment à lire ce recueil de poèmes revient à faire un tour en montagnes russes. La puissance de l’attraction, on la ressent à chaque poème. Lorsqu’un texte semble ralentir la cadence, très vite les secousses prennent le relais à travers des mots plus virulents. Le lecteur est ébahi, complètement sonné! L’exquise de la page 78 lui a même tendu son mouchoir… Pourtant en fin de parcours, le temps de reprendre son souffle qu’il en redemande!

Brutal OUI, mais tellement booonnn!

Brutal, Des mots des images

Commander Brutal ICI ( pour la Côte d’Ivoire) ou chez Edilivre (pour la France).

 

A « L’ombre du pont » je me suis assise et j’ai lu…

Josué Guébo ! Quiconque côtoie la sphère littéraire ivoirienne, ne peut pas ignorer ce nom. Pour autant, ma rencontre avec cet homme est fruit du hasard. Tout commence par une affaire de famille…

Un soir de juin 2012 que je me ballade sur le web, je suis attirée par un article écrit par le journaliste blogueur ivoirien Israël Yoroba: J’ai lu « Mon pays, ce soir » de Josué GUEBO. Il y fait l’éloge d’un écrivain, son oncle, en invitant les lecteurs à plonger dans son dernier recueil de poèmes.

Intriguée par les lignes, mais ne sachant comment me procurer le livre, je me renseigne auprès d’Israël  qui propose de me le prêter. Au final il me l’offre… J’y découvre un homme assez complexe, dont la plume transpire un certain engagement politique. Les mots, son arme…

Puis les mois s’écoulent et nos chemins finissent par se croiser. Naturellement, une amitié littéraire nous lie, pimentée de quelques bras de fer verbaux dans les moments où nos convictions, nobles dans leurs divergences, nous rattrapent.

Josué Guébo ! Un poète pas si facile à « lire ». Pourtant ses textes, quelques fois jugés hermétiques,  ne demandent qu’à être décadenassés pour délivrer les joyaux qu’ils peuvent regorger… Les « maîtres du verbe » aiment à corser les choses, façonner des labyrinthes de mots et s’éloigner de la facilité d’esprit, pour sûrement évaluer le nombre de personnes dignes de les décrypter…

Josué Guébo ! C’est aussi le président de l’AECI (Association des écrivains de Côte d’Ivoire). Un homme à l’extraversion prudente, mais plus accessible que les mots énigmatiques qu’il aime à distiller.

En décembre 2012, le poète Guébo, décide de nous entrainer dans un monde différent de celui qu’on lui connaissait déjà: La Nouvelle. Ainsi propose t-il «L’ombre du pont », 150 pages de diverses tranches de vie.

L'Ombre du pont

Je ne suis pas critique littéraire, mais en règle générale n’importe quel lecteur sait s’il a aimé ou pas ce qu’il a lu. Du haut de ma subjectivité donc, je pense pouvoir émettre mon petit avis sur les 16 histoires que l’ami Josué a livré au public.

Un mot s’est rapidement dégagé de ma lecture : PLAISIR. Eh oui, j’ai pris un énorme plaisir à lire ces nouvelles dont chaque mot trahissait les qualités du poète. J’ai chanté les mots plus que je ne les ai simplement lus. Tout y était à sa place, calibré avec professionnalisme.

J’ai beaucoup ri du « père » et de son « absence », été stupéfaite de vivre le « rite de l’anneau ». J’ai été tout aussi choquée que « Karen » et me suis permise de puiser « du soleil dans les yeux d’Ameyo ». Je suis restée dubitative face à « la résurrection à Kpérédi » et ai été surprise que Stephen, une fois, devienne Stephane…

Bien entendu, l’homme engagé hante les pages, mais cela n’a pas été plus mal pour tenter de le comprendre plus profondément.

En refermant ce recueil, je me suis dit qu’il aurait pu simplement s’intituler : « Histoires pas si anodines ». Je garde quelques interrogations dont je n’ai aucun doute qu’elles auront réponses, si je les adresse à l’auteur… Mais je prends mon temps.

En conclusion : si Josué Guébo a pensé, avec « L’ombre du pont », à un coup d’essai, je ne puis que l’inviter à réitérer ce type de coups qui ont la modestie de s’apparenter à ceux d’un vrai maître.

Extraits :

« – Simon, saches que la croix que tu portes, c’est ton Continent. Elle te pèse comme te pèsent les drames de l’Afrique. Mais je soutiens ce Continent avec toi, ses drames et ses peines… » P. 26

« -Ecoute, une terre cultivable remplie de serpents et de scorpions, reste une terre cultivable. Les choses sont très simples. Tu n’as qu’à éliminer les serpents et les scorpions. » P. 32

« Le présent pas simple. Le passé décomposé. Le futur avarié. Nos rêves hier, plus que parfaits avant ces jours défaits, de la main d’une espèce de participe pesant. » P. 56

« L’idéologie habite toujours les caves de la surenchère. P. 84

« Celui qui trahit un traitre ne trahit pas. » P. 131

Josué Guebo - Credit photo Aimsika (café littéraire)

Josué Guebo – Credit photo Aimsika (café littéraire)

Message perso à Josué :

Tout au long de ma lecture, que je me suis par moments amusée à faire à haute voix, j’ai eu cette vision : toi à la guitare, accompagnant des personnes lisant ces histoires, dans une ambiance feutrée, avec des auditeurs attentifs sirotant toutes sortes de cocktails…

Et si de l’ombre de nos pauvres librairies poussiéreuses, cet excellent recueil de nouvelles passait à la lumière ?