Et si Jésus…

Loin de moi l’envie de blasphémer en ce jour du Seigneur (Chrétien), mais une préoccupation me vient souvent à l’esprit, que j’aimerais partager avec vous :

Si Jésus avait été originaire d’Afrique noire, les conséquences de sa venue sur terre auraient-elles été pareilles pour l’humanité?

Jésus noir africain aurait-il réussi à convaincre les uns et amener les autres à propager sa bonne parole de part le monde occidental et au-delà?

Souvent j’entends des chrétiens d’Afrique, cracher sur toutes les pratiques liées à leurs cultures ancestrales, soit-disant parce qu’ils ont donné leur vie à Jésus… Alléluia! Point besoin de faire de tri. De toute façon tout ce qui vient de nous est mauvais…

Tout acte « noir » est considéré comme venant des ténèbres.
Le christianisme, que les bons pères lyonnais nous ont inculquée à coups de fouet, est devenu roi des coeurs africains. Alléluia! L’amour passe souvent par le châtiment… La colonisation a sauvé nos âmes!!! Arrêtons donc d’être hypocrites et ne nous en plaignons plus!
Avant elle, nous nous abreuvions de la noirceur de nos péchés.
Depuis elle, nous sommes sauvés…ou presque! Nos âmes sont pures et aussi blanches que la neige qui ne tombera jamais sous nos tropiques. Alléluia!

C’est quand même aberrant tout ce radicalisme negro-africain autour de la religion chrétienne.
Je suis chrétienne, comme j’aurais pu me retrouver dans n’importe quelle croyance basée sur l’Amour.
Je crois en la puissance suprême à laquelle chacun attribue le nom qui lui convient…

Je ne crois pas au satanisme qu’on veut coller à tous les rites religieux de nos ancêtres.
Le Dieu Grand (« Gnamien Kpli » en langue agni) existait déjà dans la vie de nos aïeuls avant que la Bible ne vienne nous recadrer…

En offrande à Dieu, nos pères égorgeaient des coqs, comme d’autres immolaient de l’agneau. Où es le drame?

Le bien et le mal ont toujours existé, et, en Afrique comme ailleurs, avant et après Jésus, la problématique reste la même : Faire le meilleur choix spirituel. Accepter le bien et combattre le mal…

Certains de nos ancêtres ont adoré Dieu par d’autres canaux que la Bible, sans jamais faire le mal, sans sacrifier des humains et sans faire de liens avec des esprits maléfiques. Ceux-là, ainsi que les personnes qui continuent de suivre leur chemin, ne sont pas à blâmer…

Au fond, je pense avoir la réponse à ma question  de départ: si Jésus avait été africain noir, le christianisme n’aurait rien été d’autre qu’une pratique primitive créée par un affabulateur sorcier à qui personne n’aurait donné assez de crédit pour faire de sa parole évangile…

Un musée a été récemment inauguré dans le village de Bettie, en hommage à feu le philosophe-écrivain-bossoniste Jean-Marie Adiaffi. Les komians (féticheuses akans) présentes étaient aux anges! Normal…
Les bossons ce sont les fétiches. Le bosssonisme, la croyance en ces fétiches…
Je sais déjà que beaucoup d’hommes et femmes de culture ne mettront jamais les pieds dans ce musée.
Jésus a déjà racheté leurs péchés et leur intelligence avec… Ainsi soit-il!

Que la paix de DIEU soit avec vous…

Dieu, WêrêWêre Liking et moi…

Hier, samedi 29 décembre 2012, je me suis rendue à une séance de dédicace organisée par Les Éditions Balafons, au Manhattan Suite Hotel, à Abidjan, Riviera Attoban. J’y suis allée principalement pour soutenir le pétillant et talentueux Josué Guébo, Président de l’Association des Écrivains de Côte d’Ivoire, à l’occasion de la sortie de son premier recueil de nouvelles « L’ombre du pont ».

J’ai été agréablement surprise de constater la présence de Madame WêrêWêrê Liking parmi les 5 auteurs venus présenter leurs ouvrages au public.

Depuis ma tendre enfance, je suis en admiration pour cette grande dame… Adolescente, je rêvais même d’intégrer le « Village Kiyi ». Imaginez donc ma joie…

A chacune de ses interventions, j’ai eu l’impression qu’elle lisait dans mon âme, y extirpait mes pensées pour les reporter à l’assistance… Pareille synchronisation dans notre perception des choses n’a fait que me conforter dans mon Amour pour l’artiste. Suite à une intervention de Madame Esther Moussokro Coulibay, auteure de « Le vent de la résurrection » , roman dans lequel cette « ancienne musulmane » professe sa foi chrétienne, c’est avec délectation que j’ai écouté le point de vue de mama Liking sur la question de Dieu:

Avant qu’on apporte la Bible et le Coran en Afrique, nous aussi connaissions Dieu. Il serait donc erroné de vouloir faire croire que nous étions dans les ténèbres et que ce soient Mahomet pour les uns et Jésus pour les autres, qui aient éclairé l’Afrique. Arrêtons ne nous faire passer pour un peuple d’ignorants, sans foi, dont les pratiques devraient être rejetées.

Que la lumière soit! Et la lumière fût! C’est dire que Dieu même, avant d’entrer en lumière était dans les ténèbres…Il ne faut donc pas occulter les différents aspects de la chose. Toutes les croyances religieuses ou occultes ont donc un lien avec Dieu…

Sur les conflits de religions, la grand-mère de WêrêWêrê Liking lui expliquait ceci:

Dieu est comme un grand arbre. En effet, la perception qu’on se fait de l’arbre dépend de l’endroit où l’on se situe. Or, même si, selon notre angle, nous n’apercevons qu’une partie de l’arbre, celui-ci demeure entier. Pourtant, celui qui le voit de haut, a une vue différente de celui qui le regarde du bas, du sud, de l’est, du centre, du nord… Tout ceci pour dire qu’au fond, on ne peut parler de supériorité d’une religion sur une autre. Elles sont plutôt complémentaires. C’est parce que les gens ne l’ont pas compris que les conflits absurdes persistent dans le monde. Nous devons donc apprendre à être tolérant les uns envers les autres, à rechercher nos points communs et à nous accepter dans nos différences…

Personnellement, je pense que chemin de Dieu est plus complexe que ce que nos diverses religions tentent de faire croire à travers leur guerre de monopole. J’ai l’intime conviction qu’on ne connaitra la vérité sur Dieu, qu’en reconstituant cet énorme puzzle, aux pièces éparpillées, mais toutes marquées d’un sceau commun: la croyance! Une pièce manquante, et l’image est inachevée, imparfaite…

Bon dimanche…Jour du Seigneur pour les uns, jour ordinaire pour les autres.

Ouvrages présentés lors de la séance de dédicace:

  • Le pari de Dizo, Liazéré Kouao Elie.
  • Le Parle-Chanter, WêrêWêrê Liking.
  • L’ombre du pont, Josué Guebo.
  • Le vent de la résurrection, Esther Moussokro Coulibaly.
  • La veuve dorée, Sylvestre Ourega.