CENSURE

Qu’on me donne la censure
Pour que je la traite à ma mesure…

Aux gens trop bien pensants
Que je les nargue de mon esprit dansant!

Qui mieux d’ailleurs que moi
Pourrait mettre barrière à mes émois?

Que d’éphémères désarrois
Qu’ils s’échinent à ériger en droit.

Qu’on me donne la censure
Pour que je la possède à l’usure!

De cette conscience la mienne
Pas plus débile que leurs raisons d’hyènes…

Je m’insurge contre la cassure
Des âmes faibles de leurs sens trop sûrs.

Et les invite gentiment autre part d’aller paître
Mon doigt bien tendu en l’honneur de leur savoir-être!

Qu’on me donne la censure…
Pour que je vous la renvoie à la face
De vous, oh fourbes créatures
Je n’ai que faire d’une quelconque grâce!

Ton Absence

Lentement je me languis de toi
Et un vide béant grandit au tréfonds de moi
Chaque seconde fragilise mes moindres émois
Perfidement m’entrainant dans le désarroi

Quelle est cette torture vive et soudaine
Qui fait vaciller mon cœur dans la peine
L’entrainant sans la moindre gêne
Vers un torrent vociférant sa haine

O mon Dieu quelle piètre indécence
De ne pouvoir soutenir ton absence
A l’affût de ton unique présence
Qui à ma vie donne tout son sens

Mais au fond certaine que nos contresens
Sont le simple reflet d’un amour évanescent